Écho populaire

L'Écho réverbère ; il éclaire ; P p. P ...
16 août, 2006
– NOUVELLES BRÈVES : – Bienvenue sur Écho populaire Nouvelle refonte –
24 juil. 06 – D'autres remarques très flatteuses, cette fois-ci du spychologue Pierre E. Faubert. Il tient tribune à CKAC à l'occasion en remplacement de Pierre Mailloux. Nous avons à plusieurs fois souhaité que M. Faubert devienne permanent de l'émission. Nous lui souhaitons la meilleure des chances. À lire en commentaires de l'article Série franchise et vérité ; revue juin 06 — partie 1, 10 juil. 06. Invitation aussi à visiter le blogue de Stéphane Gendron ; cliquez sa face
28 fév. 06 – Remarques plus qu'élogieuses de Bernard Bujold, ex-collaborateur de Pierre Péladeau, webmestre de Studio 1 à lire en commentaires de l'article Paul p. Puteau ou PpP, 10 oct. 05
01 jan. 06 – BONS VOEUX au 31 déc. – Transfert de plateforme – Échos populaire se fondra dans le nouveau site ROQ – À suivre à la même adresse – À très bientôt.– 04 déc. 05 - À venir : Nouveaux textes, nouvelles fonctionnalités – À surveiller : Textes ; FORUM ROQ, rallye mission, démocratie active, promotion. Ajoût ; Forum, Campagne Memberships/Souscriptions. Merci de votre collaboration.
30 nov. 05 – Le texte Les banlieues à feu en France ; la révolte des exclus, 13 nov. 05 ; revu et augmenté ; publié en France : Site Innovation démocratique – – et au Québec : Site Hystérie


BIENVENUE – La clameur populaire exprimée sans condescendance mais sans complaisance. Les travers sont exposés, les idiosyncrasies, la parodie des p'tits amis, l'« écoeurantite » qui gron­de, tout en faisant utile, faire une contribution positive. S'objecter oui ! Mais être con­sé­quents, faire apport d'une pen­sée originale, authentique. L'Écho relate les non-dits, les bons coups aussi.
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TEXTES

À

CONSULTER

  • 15 août 06 –
  • Bon Fête Évangéline ; Marianne aussi, à posteriori
  • 10 août 06 –
  • Après la Genèse, malheurs et châtiments d'un couple dépareillé
  • 31 juil. 06 –
  • « La religion [la guerre] des peuples » — Israël, un cas d'espèce
  • 10 juil. 06 –
  • Série franchise et vérité ; revue juin 06 — partie 1
  • 04 juil. 06 –
  • Fourth of July ; Le quatre juillet ; Jour de l'indépendance ; The Independence Day.
  • 30 juin 06 –
  • Le 01 juillet, Fête du Canada ; fête du déménagement au Québec
  • 24 juin 06 –
  • Bonne Saint-Jean ma gang d'In, puis à Québec, les crottes de nez
  • 20 juin 06 –
  • Chères chaires chers ; chairs des pairs, pères et mères ; un maire à la mer ; non à la pêche à manger des pèches ; à pêcher ou à pécher ?
  • 10 juin 06 –
  • Une radio distincte : Proulx, Gendron, Bradette et les autres
  • 04 juin 06 –
  • Branle-bas dans les médias ; nouvelle mairie pour Stéphane Gendron ?
  • 30 mai 06 –
  • Humour et Amour — Humor et Amor — HA and You
  • 28 mai 06 –
  • Bon ! Heum ! ! Les ZonZon-là ; une blague ?
  • 15 mai 06 –
  • Six mois au compteur and counting
  • 10 avril 06 –
  • L'économie de la richesse, un stimulant ou un éteignoir ?
  • 30 mars 06 –
  • CPE — Coupure du politique de l'électeur — Cassure du patron de l'employé
  • 18 mars 06 –
  • Le merveilleux monde de médias jumelé au Web
  • 08 mars 06 –
  • Coup de barre et redressement tout empreints de réalisme
  • 28 fév. 06 –
  • Pour en finir du négativisme
  • 14 fév. 06 –
  • Liberté, égalité, fraternité
  • 12 fév. 06 –
  • Impunité, lucidité, solidarité(Prologue)
  • 01 fév. 06 –
  • Après les fatuités politiques, l'avidité et l'apathie économique ; (les unes égalent les autres)
  • 25 jan. 06 –
  • Harper ; « « Notre » premier ministre » par procuration !
  • 21 jan. 06 –
  • Faux, « Le mystère de la vague bleue »*
  • 14 jan. 06 –
  • Volé ou violée ; vitriols vides et void de vérités(polaroid d'un débat blindé de faussetés)
  • 31 déc. 05 –
  • Bons Voeux pour 2006
  • 20 nov. 05 –
  • Un nouveau parti au Québec ; Le ROQ (Ralliement option Québec) ; Ô bonheur
  • 16 nov. 05 –
  • Boisclair ; Jack le monologue ; le Jack Lang(ue) de bois du Québec ; Ô malheur
  • 13 nov. 05 –
  • Les banlieues à feu en France ; la révolte des exclus
  • 10 nov. 05 –
  • Pronostics, tics au tac qui mènera le PQ dans l'oubli ?
  • 07 nov. 05 –
  • Post-mortem d'une élection ; défaite mal programmée et retraite bien méritée
  • 04 nov. 05 –
  • Le destin maudit des dauphins et des mandarins : Bernard et Bernard Série d'hier à demain
  • 02 nov. 05 –
  • Le rapport Gomery ; le tombeau des libéraux fédéraux
  • 30 oct. 05 –
  • En attendant le rapport Gomery ; Corriveau dans le caniveau

  • 28 oct. 05 –
  • Liberté vs. démocratie populaire ou participative vs. Engagement
  • 26 oct. 05 –
  • Les méandres de notre démocratie municipale
  • 24 oct. 05 –
  • Anne-Marie Péladeau, aléas et faille de San Andreas
  • 22 oct. 05 –
  • Le goût du changement et le choix d'un nouveau leader
  • 20 oct. 05 –
  • Le vivre-ensemble
  • 19 oct. 05 –
  • george W. B.U.S.H.
  • 16 oct. 05 –
  • La vraie nature du français
  • 14 oct. 05 –
  • La folie des grandeurs et des hauteurs
  • 12 oct. 05 –
  • PpP en rajoute !
  • 10 oct. 05 –
  • Paul p. Pluteau ou PpP

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    15 août, 2006
    Bon Fête Évangéline ; Marianne aussi, à posteriori
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    « Il faut avoir beaucoup aimé pour encore trouvé la force de dire merci. » : verset d'Évangéli­ne, hymne non-officiel de l'Acadie comme l'est « Gens du pays » pour le Québec. Nous vou­lons profiter de cette journée de célébrations pour vous adresser nos plus sincères voeux de fraternité. Votre existence si près à nos côtés, de corps et de coeur, votre ténacité à prospérer malgré les tourments, sont des sources d'inspiration et de motivation, rassure notre destinée.

    Et pourtant nous jouissons de tellement d'avantages comparé à vous : la force du nombre, un gouvernement que nous contrôlons, nous nous sommes réappropriés notre coffre à outils économique, protégeons notre langue mais souffrons tout de même d'insécurité en l'avenir. On louvoie sur des voies cahotées, alors que la cohésion de votre société semble vous guider.

    Nous avons souligné notre Fête nationale le 24 juin, les fêtes du Canada et des États-Unis mais vous adresser ces voeux aujourd'hui soulève chez-nous le plus grand enthousiasme. Nous avons des cousins outre-atlantique que nous saluerons aussi par la présente en tant que peuple fondateur pour nous deux mais c'est des frères qui nous avons juste là, voisins.

    ÉvangelineI
    « Évangeline est un célèbre poème épique de Henry Wadsworth Longfellow qui raconte la déportation des Acadiens. Deux amants acadiens, Évangéline et Gabriel, sont forcés de se séparer en raison des événements politiques. Évangéline s'établit à Philadelphie pour travailler avec les pauvres comme infirmière. Elle trouve Gabriel parmi les malades et il meurt dans ses bras.

    « Ce poème a eu un grand effet sur la culture acadienne et cadienne. Il a également été mis en chansons. »

    Nous avons parcouru des chemins communs, se croisant et s'éloignant. Chacun a ses réalis­ations source de fierté, ses victoires sur un lourd passé. Les moments tragiques au cours des siècles ont creusé des racines profondes dans nos contrées, forgé notre appartenance. Nous formons deux nations n'en déplaise à Stephen Harper qu'il concède seulement qu'à vous.

    Nous vivons côte-à-côte mais une majorité de Québécois ont limité leur curiosité sur l'Acadie au grand schisme de la déportation. Des Québécois souverainistes peuvent blâmer vos ré­serves sur leur volonté d'autonomie nationale, re­proches bien ingrats quand on tient compte de votre situation de minorité dans une minorité. Ils mélangent les mécanismes de survie.

    Le partage de la langue française fait que nous échangions sur une base régulière sur tous les plans : artistique, économique, académique, etc. À nous distinguer aussi considérant les nombreux régionalismes et accents locaux. Ils s'expliquent des régions différentes de France d'où proviennent nos populations spécifiques et l'étalement de vos différentes communautés.

    Sur le plan géographique, le sud de la baie de Fundy en Nouvelle-Écosse a été le foyer ori­ginal de l'Acadie et des poches d'Acadiens existent dans toutes les provinces atlanti­ques. Le Nouveau-Brunswick est aujourd'hui votre principal terreau. Vous y formez le tiers de la popu­lation et y détenez un poids démographique avec 80 % de la population dans trois comtés.

    Voisin du Québec : Madawaska au nord-est (Edmonston) ; Gloucester sur le pourtours sud de la Baie des Chaleurs jusqu'à la péninsule acadienne (Paquetville d'Édith Buttler, Cara­quet, Trecadie-Sheila de la Sagouine) ; Kent-Beauséjour sur la côte atlantique plus au sud.

    Les territoires ne sont pas contigus. Des populations acadiennes et anglophones d'origines loyalistes s'entremêlent. La somme des parties acadiennes est plus grande que prises sépa­rément. La solidarité a permis de mener des batailles épiques pour faire diminuer des vieux relents francophobes. L'Université de Moncton rayonne le fait français mais l'ex-maire Jones de la ville était, dans un passé pas si lointain, férocement opposé à l'affichage en français.

    Nos sociétés évoluent en suivant des trajectoires qui se rencontrent et s'éloignent. Le choix de la Fête de l'Assomption le 15 août comme votre Fête nationale a été prise dans une discussion animée entre ce choix ou d'adopter le 24 juin en soutien aux autres Canadiens français. Le choix fait en 1881 voulait renforcer votre identité et l'histoire de vos découvreurs.

    Nous avons plusieurs ancêtres en commun : Samuel de Champlain, Louis Hébert ou Fron­tenac. De son poste de Gouverneur des colonies de Nouvelle-France de Québec, il gérait aussi les destinées de l'Acadie. Les points d'ancrage de nos deux sociétés sont nombreux mais aussi les points de différenciation. D'où venait les « illustres inconnus » de l'Acadie ?II

    « Entre 1632 et 1670, on dénombre 143 navires ayant quitté La Rochelle pour la Nouvelle-France et l’Acadie. Le dépouillement des minutiers Nantais de 1632 à 1732 recense 6 000 engagés ; une faible portion se dirigeait vers la Nouvelle-France, le reste étant pour les Antilles.
    « Ces émigrés étaient catholiques et protestants (7 à 8 %), d'âge moyen de 25 ans.
    « Quelques familles émigrèrent en Nouvelle-France ainsi que des orphelines (les femmes n’étaient pas toutes des Filles du Roy).
    « Au cours des XVIIième et XVIIIième siècles, l’émigration française est estimée à environ 75 000 personnes pour la Nouvelle-France et l’Acadie. La période d’émigration la plus forte se situe entre 1 684 et 1 700, période qui coïncide avec les campagnes de recrutement militaire. Les régions de la Bretagne et du Sud-Ouest, comme celle du Centre-Ouest fourniront également des recrues. Si l’on compare avec la Nouvelle-France, l’Acadie restait toutefois une contrée sous peuplée : en 1710, l’Acadie comptait 1 700 personnes, la Nouvelle-France en dénombrait 16 000. »

    La plus grande proximité aux colonies anglaises a souvent fait de l'Acadie un terrain propice aux échanges guerrières entre les deux puissances au 18ième siècle : les Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre. Déjà en 1713, La France cédait le territoire de la Nouvelle Écosse à l'Angleterre tout en conservant l'île du Cap-Breton et le reste de l'AcadieIII :

    « En plus du potentiel économique que représentait la colonie acadienne, celle-ci s'imposait comme l'avant-poste séparant les deux colonies les plus puissantes de l'époque: la Nouvelle-France au nord et le Massachusetts au sud. Dès qu'un conflit sérieux éclatait, l'Acadie, située en charnière entre les deux ennemis, servait de champ de bataille.

    Table des populations comparées de la Nouvelle-France, l'Acadie et les colonies Américaines
    AnnéeNouvelle-FranceAcadieColonies Américaines
    1 6082810100
    1 64022020028 000
    1 6809 700800155 000
    1 71016 0001 700357 000
    1 75055 00015 0001 200 000
    Ce qui nous amène à la déportation des Acadiens : le grand Dérangement. Dès 1749, à l'éta­blissement d'Halifax, le gouverneur anglais a la volonté expresse, sous les faux prétextes du refus des Acadiens de prêter serment à la Couronne anglaise, de s'approprier leurs terres qui étaient reconnues les plus fertiles de toutes les colonies et les distribuer aux colons anglais.

    En 1755, c'est la solution finale. Les Acadiens sont regroupés, entassés sur des bateaux et déportés vers les colonies anglaises, la France ou l'Angleterre. D'autres réussiront à s'enfuir dans les forêts ou au Québec. On estime qu'entre 7 000 et 8 000 y ont perdu la vie. Le terme génocide ici s'emploie. Le mot déportation, euphémisme bien implanté par le conquérant, est plus répandu même chez les Acadiens comme s'ils avaient bien assimilé sa propagande.

    Le Traité de Versailles en 1763 scelle le sort de la Nouvelle-France, la France la concédant à l'Angleterre, convaincue que les 13 colonies de la Nouvelle-Angleterre lutteront pour leur indépendance bientôt, prémonition que la France aidera à se concrétiser. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que dès 1764, des petits groupes prennent le chemin du retour et s'établissent au nord du Nouveau-Brunswick, loin de leurs anciennes terres spoliées et loin des Anglais.

    S'ensuivent les batailles pour des causes respectives : les gouvernements responsables par Lafontaine et Papineau au 19ième siècle au Québec ; la lutte pour des écoles confessionnel­les au Nouveau-Brunswick ; la colonisation dans nos arrières-pays disponibles mais aussi de l'émigration massive de l'excédent des campagnes vers les États-Unis ; l'emprise de l'Église sur nos sociétés qui craignait les débordements et la laïcisation des Français dans leurs com­bats vers la Répuplique, le régime anglais nous préservant contre nos pires excès selon elle.

    L'année 1960 marque des changements de cap majeurs par l'élection de Louis J. Robichaud, premier acadien élu premier ministre du Nouveau-Brunswick sous la devise « Chances éga­les pour tous ». Au Québec, c'est l'élection de Jean Lesage avec son « Maîtres chez-nous » et son équipe du tonnerre des Paul Gérin-Lajoie, René Lévesque et autres qui lancent la Révolution tranquille. C'est le réveil des ambitions nationalistes qui durent jusqu'à nos jours.

    Nos deux sociétés possèdent aujourd'hui tous les attributs des sociétés modernes. Si l'expression de plus d'autonomie et de pouvoirs locaux passent par la valorisation des francophones de l'Acadie sans changement au cadre institutionnel actuel, il y a une nette division quant à la forme constitutionnelle que devrait prendre le Québec : rester dans le Ca­nada ou créer un nouveau pays isolant par le fait même les Maritimes du reste du pays.

    Quoiqu'il advienne, et nous maintenons notre appui à la deuxième option dans ces pages, les frontières limitrophes du Québec au Nouveau-Brunswick, principal foyer de l'Acadie, per­mettront de maintenir des liens étroits. Les 250 premières années de votre survivance après le Grand dérangement sont garantes de l'avenir et il n'y a rien à craindre que vous continuiez à célébrer votre fierté et présence, et votre Fête Nationale le 15 août pour les années à venir.

    MarianneIV
    « Sous l'apparence d'une femme coiffée d'un bonnet phrygien, Marianne incarne la République française et représente la permanence des valeurs de la république et des citoyens français : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Marianne est la représentation symbolique de la mère patrie fougueuse, guerrière, pacifique, nourricière et protectrice. »

    Dressons en partant le tableau du cheminement distinct de la France du moment où nos des­tinées se séparent. Il n'y a jamais eu de possibilités pour la France de reprendre ses colonies d'Amérique du Nord malgré les quelques tentatives de Canadiens-Français les y incitantV.

    Durant le règne de Louis XIV (Roi-Soleil , 1643-1715), la France est la puissance politique, économique et culturelle prédominante en Europe et les colonies françaises d'Amérique se développent. Sa prodigalité excessive met toutefois la France en position financière exsan­gue. Louis XV (arrière petit-fils de Louis XIV) signe le Traité de Versailles. Louis XVI, (petit-fils de Louis XV) lui succède en 1774. Tous les deux dirigent un royaume miné par les dettes.

    La France se bat presque cent ans avant de devenir une véritable république. La Révolution française (1789-1799) amorcée par la prise de Bastille le 14 juillet (Fête nationale) met fin au système monarchique en 1792 ; Louis XVI est guillotiné. La France connaît quatre Constitu­tions (1791, 93, 95 et 99) qui mettent en exergue les luttes entre républicains et royalistes. Celle du 1799 établit Le Consulat de Napoléon 1er et il fait adopté deux constitutions : 1802, Consulat à vie ; 1804, Premier Empire. Il est vaincu par les Anglais en 1815 qui l'exilent à vie.

    Les Bourbons remontent sur le trône période que l'on nomme la Restauration ; la royauté est rétablie sous Louis XVIII auquel lui succède Charles X en 1824. In abdique suite à la « révo­lution de Juillet » de 1830. Ces journées révolutionnaires aboutiront à la suppression du droit naturel pour la succession du roi. La branche cadette des Bourbons, celle d'Orléans, accède ainsi au pouvoir. Le règne de Louis-Philippe Ier commence en 1830 et il abdique en 1848.

    Louis-Philippe Bonaparte (cousin de Napoléon Bonaparte), se fait élire le premier président selon le modèle républicain des États-Unis. S'entame la IIième République qui donne suite à l'insur­rection ouvrière de Paris (4 000 morts parmi les insurgés et 1 600 parmi les forces de l'ordre). Le suffrage universel est instauré. Il renverse la république par coup d'état en 1851.

    L.-P. Bonaparte se mue en Napoléon III lors d'un plébiscite en 1851 qui officialise le Second Empire et promulgue une nouvelle constitution en 1852. La France évolue sous son règne jusqu'en 1870. « Exténuée après plus d'un demi-siècle de révolutions et autres restau­rations, la France a besoin d'une période de stabilité politique afin de reprendre son souffle. »

    Napoléon III est défait lors de sa déconfiture dans la guerre franco-allemande, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent la défaite. Ils organisent une résistance nationale et mettent en place un gouvernement insurrectionnel en 1871 : La Commune de Paris. Elle sera réprimée la même année d'où émerge la IIIième République (1870-1940) qui a le mérite « d'avoir légitimé le régime républicain en le débarrassant de ses excès révolutionnaires. »

    Les Communards ont décrété des mesures conservatrices : « saisie des biens de l'Église, plafonnement du salaire des fonctionnaires et interdiction du cumul des fonctions, interdiction des jeux de hasard et fermeture des bordels, arrestation des ivrognes, étend les prérogatives de la police et de la censure. »VI « Elle cesse au prix de 20 000 morts et 38 000 arrestations dont 10 000 déportés. C'est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution. » sic

    L'attrait persiste pour restaurer la monarchie. Un nouvelle loi constitutionnelle y met fin en 1875. En 1884, les Républicains feront ajouter à la loi 1875 que « La forme républicaine du gouvernement ne peut faire l'objet d'une proposition de révision. ». Cela met fin à cent ans de tâtonnements constitutionnels qui ont amené la Convention, l'Empire, la Restauration, etc.

    L'idéologie républicaine dominante se poursuit jusqu'à nos jours non sans heurts : L'affaire Dreyfus 1894-99 qui permit, néanmoins, de cimenter le fondement de l'identité politique répu­blicaine française soit la place de l'homme face à la puissance de l'État. Les deux grandes Guerres, la décolonisation, les IVième et Vième Répuplique de 1946 et 1958, la révolution des étudiants de mai 68, jusqu'au non catégorique pour la guerre en Irak et à la crise des banlieues de l'automne dernier, sujet que nous avons abordé dans ces pages ( 30 nov. 95).

    Combinée au non français du Traité de Maasstricht pour l'Union européenne, aux contraintes budgétaires sur le modèle français plus égalitaire entre les citoyens que celui anglo-saxon — les déficits des gouvernements sont limités à trois pour-cent du produit national brut — ont plongé la France dans un climat de morosité qualifié de décliniste par Dominique de Villepin.

    Points d'orgue de nos parcours
    L'historique de l'évolution de la France vers une démocratie plus juste en se transformant d'une monarchie vers une république démontre que nous sommes pas seuls à connaître des difficultés de parcours sur les chemins de la raison et de la mutation de nos sociétés. Le politicologue Christian Dufour, évoquait la « société française est « cassante et cassable », c'est-à-dire qui se montre rigide quant à l'application de certaines normes mais qui, en même temps, ne change qu'en « cassant » ».VII Le cheminement ci-avant n'en est-t-il pas la preuve ?

    On saute vite aux clichés. Dufour parlait-il ici d'une propension française largement répandue d'arguer, de stagner dans un immobilisme léthargique, sinon que par les heurts ? Ou doit-on parler d'un refus de tomber dans un manichéisme des solutions tranchées, d'un côté tout bon et d'un autre tout faux comme les sociétés capitalistes anglo-saxonnes adoptent en choeur ?

    La position de la France, située au coeur de l'Europe et de toutes les influences, agit en arbi­tre, débat de toutes les positions, cherche les compromis, expérimente sur des nouvelles voies, ajuste les tirs et peut offrir des nouveaux modèles de vie en société. Ce processus est long et ardu comme le passage vers la république le démontre. Les Anglais qui voulaient plus de démocratie ont dû s'exiler en Amérique pour la créer ; les Français l'ont fait sur leur sol.

    Nous avons aussi parcouru les chemins inconnus de la révolution au Québec à compter des années 1960 ; tranquille certes et largement inspirée du modèle français ; une plus grande justice sociale obligeait des changements vitaux. Qu'il y ait des ajustements à faire, trop de corporatisme, d'interventionnisme, cela fait unanimité pour la grande majorité des exclus par choix ou par fatalisme. Les Français confrontés plus durement tiennent à éviter les modèles ultra-libéralistes ou néo-conservateurs. Ils conduisent au totalitarisme actuel des Étasuniens.

    Tout en étant nord-américain, la francité nous donne une plus grande ouverture sur le mon­de, d'en voir les iniquités, de tenter de les atténuer par des solutions balancées. Loin de s'é­loigner du modèle d'expérimentations de la France, nous devons s'en approcher et l'assister : « lorsque l'Hexagone, des mois durant, a tenu la dragée haute aux voisins américains en refu­sant l'invasion de l'Irak de mars 2003, on a senti au Québec — farouchement pacifiste — le « retour d'une certaine fierté française » » selon le politicologue Marc Chevrier de l'UQAM. sic

    Nous ne sommes plus dans un état dualiste de « mère patrie » et du syndrome « d'enfants abandonnés » face à la France mais bien dans une disposition qui tend vers l'égalité ; les conditions évoluent. Ce n'est plus que les élites qui regardent outre-mer. La culture populaire traverse de plus en plus vite. La consécration s'établit maintenant des deux côtés de l'océan.

    Jean-Jacques Goldman a créé le meilleur album de Céline Dion. Anthony Kavanagh s'établit en France et y retransmet un peu de notre culture. Les Laurent Ruquier, Christophe Alévê­que, etc. nous visitent et nous transmettent la vôtre. Nous nous rejoignons de plus en plus.

    Alévêque présentait son spectacle Debout ! à Montréal cet été sur des thèmes entièrement universels : « il s'en prend à la mollesse ambiante, au mensonge érigé en système, à l'hypo­crisie portée au rang de vertu, à la pandémie de « bien-pensance », à la mièvrerie et à la ré­signation, au couvre-feu moral si sagement respecté. « Nous sommes en train de nous en­dormir. Nous sommes en apathie et en apnée totales. J'essaie de réveiller un peu les gens, d'où le titre du spectacle » », La Presse ; Les raisons de la colère, Sonia Saferti, 8 juil. 2006VIII

    Alévêque ou même Dieudonné, Raymond Devos avant eux ou Yvon Deschamps d'une façon plus locale abordent des thèmes qui ouvrent les esprits et au travers de l'humour, portent à réfléchir sur l'état de notre civilisation de la lorgnette où tout n'est pas prétexte au rire gras. Bien sûr qu'ils tendent à discourir, loin des oneliners. Notre culture ne s'en porte que mieux.

    Le plus grand rapprochement récent a été sans nul doute la participation des Bleus à la finale de la Coupe du monde de soccer. La défaite, in extremis n'a nullement été entaché par le fameux « coup de boule » de Zizédane Zidane. Bien au contraire si on parle des franco­phones d'Amérique bien sûr. En cela, ils rejoignent encore leurs cousins d'outre-Atlantique.

    Zizou a vivement réagi à des insultes du joueur italien Materazzi accusant, selon la rumeur, sa mère et sa soeur de « putes terroristes ». Zidane est de descendance algérienne et est une icône et un modèle d'intégration pour toute la communauté musulmane de France. Les banlieues brandissaient plus de « bleu-blanc-rouge » que les Champs-Élysée le 14 juillet.

    Le coq français s'est levé une autre fois devant l'injustice, une Marianne « fougueuse, guerrière, protectrice » s'est placée en redresseur des torts. Et qu'est-ce que disait un politique italien ?

    « Le vice-président du Sénat italien et dirigeant de la Ligue du Nord, Roberto Calderoli, a salué "une victoire de l'identité italienne, d'une équipe qui a aligné des Lombards, des Napolitains, des Vénitiens et des Calabrais et qui a gagné contre une équipe de France qui a sacrifié sa propre identité en alignant des Noirs, des islamistes et des communistes pour obtenir des résultats".

    « Il a confirmé ses propos mardi : "Quand je dis que l'équipe de France est composée de Noirs, d'islamistes et de communistes, je dis une chose objective et évidente. Qui se scandalise et réclame des excuses ne se sent pas la conscience tranquille." »IX

    La Ligue du Nord est un parti ultra-conservateur dans la mouvance de Silvio Berlusconi. Aussi « Il est clair que Jacques Chirac a gaspillé ses 11 ans en tant que président », a écrit l'hebdomadaire britannique The Economist dans son dernier numéroX. D'affirmations folles, d'une seul voix la France pousse des gros cocoricos, l'Acadie fait des tintamarres tapageurs, le Québec entonne bien fort Tam ti delam par décence et en vertu du rejet de tous les excès.

    Paul p. Pluteau/PpP

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    I
    Évangéline, WIKIPÉDIA, L'encyclopédie Libre
    II
    Blogue de Michèle Champagne, Les Français en Acadie : Aperçu
    III
    L'Acadie au bout des doigts, Daniel Robichaud
    IV
    V
    Le texte prend pour référence les sites suivants : Histoire de France ; Lois constitutionnelles de 1875, WIKIPÉDIA, L'encyclopédie Libre
    VI
    Début de la Commune, 18 mars 1871
    VII
    Amère mère patrie, Le rapport du Québec à la France demeure problématique, Antoine Robitaille, 22 et 23 avril 2006
    VIII
    Christophe Alévêque : les raisons de la colère, La Presse, Sonia Sarfeti, 8 juil. 2006
    IX
    Et puis euh - Le sport est complexe, Le Devoir, Jean Dion, 13 juil. 2006
    X
    Chirac, "l'homme qui mérite un carton rouge", The Economist, 13 juil. 2006

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    10 août, 2006
    Après la Genèse, malheurs et châtiments d'un couple dépareillé.
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Nous en serions, éberlués, à subir une guerre qui défie toutes lois de civilité et déclenchée sous de faux prétextes. Nous avons nommé l'Irak, non excusez, la Palestine et la bande de Gaza, non que disons-nous ? La guerre au Liban, vous vous empressez de corriger. Toutes ces réponses sont bonnes mais il y en a encore une autre beaucoup plus terre à terre : la vile lutte qui se dégrade lorsqu'un couple, une fois l'amour brisé, les illusions qu'un homme ou un femme s'en faisaient laminées par la réalité, en vient d'autant à se quitter qu'à rester uni. Des risques pour les dommages collatéraux sont aussi importants dans n'importe quels des rixes.

    Les bons voeux seuls sont rarement gage de réussite. Dans la vie des peuples tout comme dans celles des couples au quotidien, les opposés s'attirent, aux attitudes très dissemblables, aux intentions conscientes et inconscientes très aléatoires. Cela peut mener à imposer ses quatre volontés et à l'impasse, à se détester au lieu de s'entendre. Comparons, pour mieux sai­sir l'imbriglio du Proche-Orient, le couple A, israélo-arabe à un couple B, québéco-québécois.

    Où commencer nos histoires respectives pour les joindre en une seule ? Par les parents qui ont enfanté les belligérants. Ils sont, et leurs parents avant eux, dans une boucle sans fin, à la source du manque de respect des uns aux autres, de toujours vouloir avoir raison, à se justifier sans rien comprendre de l'autre. Suivez nous bien, nous alternerons d'un couple à l'au­tre et ils chemineront sur des rails parfaitement parallèles, sans jamais se rencontrer, mais au destin concordant. À tout seigneur, tout honneur, débutons par le conflit du Moyen-Orient.

    Point de départ : les géniteurs
    Couple A — L'implantation de l'état juif en Palestine ou de la Judée biblique s'est faite après la deuxième guerre mondiale en dépit des populations arabes qui y habitaient déjà. La décision fut grandement motivée par un sentiment de culpabilité des Européens pour l'holocauste nazi ou la Shoah, qui a anéanti des millions de Juifs. On a voulu reconstituer un État juif, apporter une solution à la situation des Juifs déracinés en ouvrant la porte à tous les Juifs et en introduisant le peuple juif au rang d'égalité dans la famille des nations. Deux comptes-rendus sont ici présentés, l'un émanant de l'ONU, l'autre arabe, les deux diamétralement opposés : (Tous les textes en retrait sont des condensés. Les versions complètes sont en référence.)

    Proclamation de l'État d'Israël ; point de vue juifI
    Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution en faveur de la création d'un État juif indépendant en Palestine et a invité les habitants du pays à prendre toutes mesures nécessaires en vue de rendre cette décision effective.
    La reconnaissance par les Nations Unies du droit du peuple juif à se constituer un État indépendant ne saurait être révoquée. C'est au surplus le droit évident du peuple juif d'être une nation comme toutes les autres dans son propre État souverain.
    En conséquence, nous, membres du Conseil national, représentant le peuple juif de Palestine et le mouvement sioniste mondial, réunis en assemblée solennelle en vertu des droits naturels et historique du peuple juif et de la résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies,

    Proclamons l'établissement de l'État juif de Palestine qui se nommera Israël.

    Déclarons qu'à compter de la fin du mandat, à l'heure de minuit, dans la nuit du 14 au 15 mai 1948, et jusqu'à ce que des organismes constitutionnels régulièrement élus entrent en fonction conformément à une Constitution qui devra être établie par une Assemblée constituante d'ici le 1er octobre 1948, le présent Conseil national agira en tant qu'Assemblée provisoire de l'État d'Israël.
    L'État d'Israël promouvra le développement du pays pour le bénéfice de tous ses habitants ; il sera basé sur les préceptes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes hébreux ; il accorde la pleine et totale égalité sociale et politique à tous ses citoyens sans distinction de race, de croyance et de sexe ; il garantira pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture ; il assurera la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations Unies

    Dès la création d'Israël en 1948, en non-conformité avec l'article de l'ONU ci-avant, il y eu déclenchement de la guerre sur le champs entre les Juifs et les Arabes. M. Normand Lester du 98,5FmII recevait Fouad Sahyoun, un palestinien qui a fuit Haïfa, lui et sa famille, pour s'établir dans un des camps palestiniens au Liban et venir s'établir au Canada en 1990.

    M. Sahyoun, enfant en 48, a expliqué qu'il y avait eu des bombardements partout et même qu'un cousin de sa mère avait été tué devant leur maison par un franc-tireur. Trois groupes sionistes (Israël aux Juifs), usaient d'actes de guérilla (terroristes) : le Haganah, l'Irgoun dirigé pas Menahem Begin, (voir commentaire 1) futur premier ministre et le Stern. Des juifs venus d'Europe provoquaient l'épuration au moyen d'affronts. C'était un peu le Hezbollah du temps.

    La Palestine comptaient moins de 9 % de Juifs avant la deuxième guerre mondiale dont 20 % à Haïfa . Les pogroms en Europe ont forcé leur évasion de Pologne, d'Allemagne, de Hon­grie, etc. et aujourd'hui, à Haïfa c'est l'opposé, la ville compte 80 % de Juifs. Les Sahyoun ont quitté pour des vacances de deux mois pour ne plus jamais pourvoir rentrer en Israël.

    Le drame palestinien : il y avait 800 000 Palestiniens en 48 et on en compte 6 millions et demi dans la diaspora aujourd'hui (500 000 au Liban toujours dans des camps, 100 000 en Syrie, 300 000 en Jordanie, des 1 million de Palestiniens de Gaza, les trois quart seraient réfugiés, un des plus grands camps de réfugiés est à Bethléem en Cisjordanie) ; 20 à 25 % des Palestiniens sont chrétiens et ils ont dû fuir comme tous les autres Palestiniens.

    « Pour habiter en Israël, il fallait être juif, c'est là où il y a le côté purement ethnico-raciste. » Une fois devenu citoyen canadien, il a pu retourner en Israël. Leur maison familiale, les terrains et autres immeubles leur appartenant sont toujours existants. 85 % des terres et des maisons d'Israël d'aujourd'hui ont été saisies sans compensation.

    Muni de son passeport canadien, M. Sahyoun pourrait s'établir en Israël mais il n'aurait pas le droit de reprendre les propriétés familiales. Elles ont été passées en 1956 par ce qui est appelé le département des absents et enregistrées au ministère de l'Intérieur israélien qui en sont techniquement les propriétaires. « Ils ont le droit de vendre, de louer et de récupérer les revenus pour eux-mêmes. » C'est l'état israélien qui gère les propriétés aujourd'hui.

    M. Sahyoun a l'espoir à 100 % de pouvoir récupérer ses propriétés un jour : « Il est inconcevable qu'au 21ième siècle qu'un état soit basé sur une religion, une couleur, une race ou un sexe. Il est inconcevable et c'est un droit inaliénable, le droit à la propriété est un droit inaliénable. [...] Nous on était des habitants de la Palestine depuis des générations et des générations, depuis le temps du Christ. » Les Palestiniens étaient les Philistins de l'Ancien et du Nouveau Testament. « Je suis athée présentement mais de tradition chrétienne. »

    Naissance d’Israël ; point de vue arabeIII
    L’état d’Israël est né de deux folies. Celle des états présents à l’ONU qui crurent pouvoir se jouer de l’Histoire en créant artificiellement un état sur un territoire occupé par un autre peuple, et celle des nazis qui, voulant éradiquer les Juifs des pays où ils vivaient depuis des générations, leur ont fourni pour longtemps l’argument selon lequel ils seraient toujours menacés où qu’ils se trouvent et se voyaient donc dans l’obligation d’avoir un pays à eux à n’importe quel prix, même au prix de l’expulsion et du meurtre des habitants qui s’y trouveraient déjà. Que le judéocide soit postérieur de plus de cinquante ans au sionisme ne change rien au fait que c’est lui qui a "créé" Israël. Si en effet le terrible traumatisme de la "solution finale" n’avait pas eu lieu, on peut se demander si l’ONU aurait obtenu la majorité des 2/3 pour créer l’état juif de Palestine. On ne refait pas l’histoire, mais on peut supposer que non. Les voix des Arabes et des autres adversaires du projet, auraient été entendues et nous ne vivrions pas aujourd’hui terrorisés par l’étrange syllogisme dont la première partie affirme : les Juifs sont haïs partout, or les Juifs sont l’essence de l’Homme, donc la haine du Juif est une haine de l’Homme, tandis que la deuxième, s’adressant à la personne qui aurait l’outrecuidance de ne pas s’aimer suffisamment elle-même et/ou de dénigrer ses congénères, énonce : tout Juif qui critique les Juifs se hait lui-même. Aimer les Juifs, et que les Juifs s’aiment eux-mêmes comme Juifs, est ainsi devenu une obligation pour les Juifs et les non Juifs. La troisième enfin conclue en prétendant qu’Israël est un état pas comme les autres -or lagoyim, lumière des nations-, où l’Homme juif, membre du Peuple élu, se réconciliera d’avec lui-même et engendrera un "Juif-homme-Nouveau". S’il serait inexact de dire que les Juifs n’ont pas été haïs ou méprisés dans la plupart des pays où ils ont vécus au cours de l’histoire, il est temps cependant de crier bien fort que cette fameuse haine de soi, origine quasi géologique de l’antisémitisme, est une ânerie qui doit sa fortune à une indigence de la pensée. Il est temps aussi de dire que "la création" d’Israël fut plus un calcul politique mâtiné de culpabilité occidentale que la réalisation d’une prophétie. Quant à l’Homme nouveau mieux vaut, dans l’intérêt même d’Israël, ne pas trop insister sur la question. L’histoire se répétant à une autre échelle, les quelques justes qui vivent dans ce pays auront du mal à sauver la masse des injustes qui y abondent. Avoir fait du foyer national juif un État, a exprimé en fait le désir inconscient des gouvernements européens chrétiens qui se sentaient co-responsables de la barbarie nazie, de se racheter. Ce rachat s’effectuant —dans le bon vieux sens capitaliste et colonial du terme- sur le dos des autres. La haine de soi n’est pas la tasse de thé des capitalistes, qu’ils soient juifs ou non. Lorsque la haine n’est pas indispensable ils se contentent de mépriser. Le peuple Palestinien est l’objet de ce mépris depuis un siècle.

    Cet historique retraçait les visions antagonistes des belligérants : celle des Juifs devenus Israéliens et celle des Palestiniens, et par biais interposé toute la population arabe en Orient. Israël est occupé sur deux fronts. Nous nous concentrerons sur le front de la Palestine, préci­sément de la bande de Gaza. Deux mises en situation sont présentées dans ce qui suit :

    LA PALESTINEIV
    Géographie
    Les Territoires palestiniens occupés par Israël, se composent de deux zones séparées géographiquement :
    > la Cisjordanie, dont les 5 800 Km2 sont enfermés entre Israël et la Jordanie et qui comprend Jérusalem est - 72 Km2.
    > la bande de Gaza, 370 Km2, qui fait frontière avec l'Egypte et s'étire sur quelque 55 km le long de la mer Méditerranée, séparée de la Cisjordanie par plus de 50 km.
    En Cisjordanie, les villes où l'Autorité palestinienne est responsable des affaires civiles et de la sécurité sont : Jénine, Tulkarem, Qalqiliya, Naplouse, Bethléem, Jéricho, Ramallah, Hébron.
    Relief
    La Cisjordanie, se situe à l'ouest du Jourdain.
    Les plateaux palestiniens de Cisjordanie prolongent le massif du mont Liban. Ce sont des collines d 'altitude moyenne, d'environ 1 000 mètres, souvent dénudées et séparées par d'étroites vallées.
    Le territoire de la bande de Gaza est plat et descend sur une côte basse et rectiligne.
    Climat
    Le climat est méditerranéen, agréable. L'été est sec, l'hiver parfois rigoureux, avec de la neige.
    Les pluies peuvent être violentes -614 mm en moyenne à Jérusalem - et l'humidité apportée par les vents d'ouest favorise les versants orientés dans cette direction.
    Le sol est fertile dans les vallées et contribue au développement d'une agriculture : jardins, oliviers.

    Le conte à dormir debout des sionistes n’est pas son fait. GrégoireV ne dépeint pas le colonialisme israélien comme la réparation d’une injustice millénaire, ni la résistance palestinienne comme une expression d’antisémitisme. Il ne confond pas le bourreau avec la victime. Grégoire sait que le Proche-Orient n’est pas en train d’écrire une page de l’histoire biblique et que le conflit israélo-palestinien n’oppose pas des Arabes judéophobes par nature à des Juifs opprimés de tout temps. Ce conflit oppose bien plutôt le peuple palestinien moderne au nationalisme agressif d’Israël qui l’a expulsé de ses terres au siècle dernier avec la complicité des puissances occidentales, Grande-Bretagne puis États-Unis en tête. Aussi est-ce en restant moderne et laïc que Grégoire apprécie la situation actuelle. Loin des obscénités d’une certaine propagande pour qui la civilisation judéo-chrétienne affronte là-bas la barbarie islamique. Loin aussi des contorsions théologico-historico-politiques d’une prétendue « nouvelle question juive » (à la Shmuel Trigano, par exemple). Grégoire ne s’aligne pas non plus sur les incurables culpabilisés de la Shoah prêts à tout pardonner à Israël, au diable le martyre palestinien.
    L’auteur pose en termes clairs que la solution du conflit proche-oriental passe nécessairement par la création d’un État palestinien, condition sine qua non d’une paix durable et juste. Qu’Israël focalise toute l’attention sur le terrorisme lui permet de plaider la légitime défense aux yeux du monde et de faire passer ses annexions pour des mesures d’autoprotection. Et c’est surtout une façon d’empêcher à jamais la création d’un État palestinien.
    « La feuille de route pose le problème à l’envers : elle rend la création d’un État palestinien tributaire de la paix entre Palestiniens et Israéliens. Contrairement à l’affirmation du président [George W.] Bush, ce n’est pas le terrorisme qui empêche la création d’un État palestinien. C’est plutôt le refus de créer un État palestinien qui favorise le développement du terrorisme. Les attaques contre Israël sont principalement le résultat de l’occupation et de la colonisation israéliennes de territoires qui appartiennent aux Palestiniens ainsi que de la répression des Palestiniens par l’armée d’occupation israélienne » La clef du problème est donc là : création d’un État palestinien, reconnu officiellement par la communauté internationale, à côté d’un État hébreu (ramené aux proportions d’avant 1967, c’est-à-dire délesté des « territoires occupés »).
    Pourtant, la création d’un État palestinien priverait de leur justification principale les partisans de l’action terroriste, isolerait les éléments les plus extrémistes du Hamas ou du Djihad islamique et réduirait la menace qu’ils représentent. La clef du problème est donc là : création d’un État palestinien, reconnu officiellement par la communauté internationale, à côté d’un État hébreu (ramené aux proportions d’avant 1967, c’est-à-dire délesté des « territoires occupés »). Mais voilà. L’apparition de ce nouvel État supposerait qu’Israël cesse de prendre la terre des autres pour la Terre promise, Jérusalem pour sa « patrie éternelle » ; il faudrait en somme qu’il renonce au délire sioniste et se retire des territoires palestiniens occupés.

    Couple B — Les parents de notre couple fictif se sont rencontrés dans la même période, au tournant des années 50 et leurs progénitures, dont est issu notre couple, sont nées dans les glorieuses années de l'après-guerre, dans la tranche de fin des années du baby-boom (1955 - 64). Les parents sont de parfaits représentants de leur époque ; malgré la forte ferveur religieuse de l'époque, ils ne sont pas des catholiques qui s'astreignaient à une discipline stricte et profitaient largement de la fameuse « Joie de vivre » de « La belle province ».

    Les parents sont de l'ère de Maurice Le Noblet DuplessisVI, probablement le plus controversé de tous les chefs du Québec . Il fut Premier ministre de 1936 à 1939 et de 1944 jusqu'à sa mort en 1959. De son vivant, l'un des politiciens les plus populaires de l'histoire de la province, il fut largement dénoncé après sa mort par toute une génération d'intellectuels et d'historiens comme étant un véritable dictateur. Il a remporté toutes ses élections sauf celle de 1939, en utilisant des moyens parfois peu orthodoxes, il faut bien le dire.

    Des historiens plus jeunes (et nous en sommes) qui n'ont pas vécu ces périodes troubles préfèrent nuancer les jugements sévères de leurs prédécesseurs. Pour eux, Maurice Duplessis est l'instigateur de la modernisation du Québec. À son crédit, on remarque que le gouvernement arriva à parfaitement balancer son budget pendant 15 ans tout en lançant de grands travaux publics tels que la construction d'autoroutes et de routes, d'écoles et d'hôpitaux. Le nombre de lits d'hôpitaux tripla alors que le nombre de routes et d'écoles doubla, mettant un terme à l'isolation des régions éloignées. Sous Duplessis, le Québec connut une grande prospérité économique.

    Ces parents ont de quatre à cinq enfants, l'Église favorisant toujours la famille. Ils sont de la première ou deuxième génération de citadins, les grands ou arrières-grands parents étaient d'origine agraire. Les parents profitent largement de la bulle économique des années 50-60.

    Les femmes sont mères au foyer dans la bonne tradition canadienne-française de l'époque : elles sont les premières à jouir d'une instruction publique qui se termine pour une large part à une douzième année, leurs maisons sont propres, les enfants bien habillés, blanchis, nourris. L'éducation, associée à la politesse, est jugée prioritaire mais réduite à un art de vivre limité.

    Les hommes sont des bons travailleurs, des vaillants comme on disait et dit toujours des Qué­bécois. Ils n'ont pas le niveau d'instruction des femmes, misant sur les habilités manuelles qui fourniront des emplois stables, rémunérateurs. Ils sont de bons pères pourvoyeurs et sont fins adeptes des grosses cylindrés du temps. (Pontiac, Chrysler, Chevrolet). Ah oui, ils ne dé­testent pas la bouteille tels la bière ou le gros Gin de l'époque mais aucune boisson colorée.

    Les femmes cherchent la sécurité alors que se sont surtout les pulsions libidinales qui mènent les hommes. Rien d'étonnant que la phase de courtisanerie soit courte, tous les atouts sont mis à contribution ; la raison, ou ce qui en tient lieux, avantageant la femme québécoise qui peut exercer son influence disproportionnée dans les rapports du couple, idéalement égalitaires.

    D'aucuns sont très critiques des Québécois de cette époque où les parents ont entre 70 et 80 ans aujourd'hui. À titre d'exemple, Normand Lester déclarait sur les ondes du 98,5Fm à son émission du midi le quatre août : « La plupart des gens qui ont plus de 70 ans sont des ignorants. On est une société d'ignorants. C'est ce qui explique notre pauvreté, parce qu'on se complaît dans la pauvreté, une mentalité de perdants, de losers, legs du catholicisme. »

    Lorsque relancé le sept sur la question par un [auditeur] qui se disait ne plus accepter des propos à l'effet que « les Québécois sont une gang de lâches » en onde il ajoute : « Vous savez la lâcheté, he.., malheureusement, ça nous caractérise assez parce qu'on a accepté beaucoup de choses dans notre histoire que beaucoup d'autres peuples n'auraient pas toléré. [Le passé n'est pas toujours garant de l'avenir. Je ne peux plus entendre qu'on est des enculés, des enfoirés, des endormis, tous les qualificatifs qu'on entend-là. M. Proulx est très adepte de tout ça-là, puis, puis..] Malheureusement c'est vrai. Le jour où on prouvera, où on fera quelque chose, hein, qu'on fera quelque chose au niveau politique.. [...] ».

    La conversation s'est poursuivie sur une question par l'auditeur : [« Comment on peut avancer en se diminuant ? Moi je ne comprends pas ça !] C'est en sortant, c'est en se rendant compte-là de ce qu'on est ! C'est en se rendant compte ! Je vous dit, j'ai vécu dans plusieurs pays du monde le long de ma carrière, puis il n'y a personne autant qu'ici : on a une mentalité misérabiliste, on se complaît là-dedans. »

    Jugement partagé par une tranche importante de la population québécoise et non dénué de tout sens. Cela renvoie à une autre idiosyncrasie que Gilles Duceppe lançait aujourd'hui le 10 sur les ondes de CJMS740 à l'animateur Maximalien Bradette qui lui rappelait le recul de BQ à l'élection de janvier : « Arrêtons de rapporter ces ragots. [...] Ça c'est ce vieux complexe des Québécois ! He... On gagne mais Bon Dieu on a pas gagné assez fort puis il faudrait se culpabiliser puis à chercher toutes les bibittes. » Les Québécois seraient des chialeurs innés.

    Nos parents type collent d'assez près à l'exposé qu'en faisait Lester. C'est sûrement vrai pour le manque d'instruction et l'ignorance dont il parlait : « Malheureusement, regardez le taux d'éducation, et c'est vrai vous savez [...]. La majorité de ces gens-là, et c'est pas leur faute à eux, c'est la faute de notre société qui pensait que l'éducation, ce n'était pas important.

    « Ce qui était important, c'était d'aller au ciel. [C'est là où vous vous écartez légèrement M. Lester avec tout le respect. On ne peut pas généraliser comme ça.] J'ai dit simplement qu'une grande partie de ces gens-là avait une éducation de moins de sept ans. Et ça là, allez voir les documents. C'est vrai. [Distinction faite entre instruction et éducation par l'auditeur]. C'est gens-là étaient probablement polis, on a toujours été un des peuples les plus polis du mon­de. La caractéristique des gens qui sont polis, c'est justement d'être faibles habituellement. »

    D'un language limité, les Québécois utilisaient tous les mots de l'Église (Christ, « Tabarnak », etc. qu'on pouvait accoler du préfixe maudit) pour s'exprimer dans presque chaque phrase. Est-ce que c'est toujours le cas aujourd'hui avec les enfants ? C'est ce que nous verrons.

    Cogitations jusqu'au 25 juin 2006
    Couple A : Nous passons ici en revue la chronologie des événements de la création d'Israël décrite plus avant à la période du retrait de la bande de Gaza l'automne dernier mais qui a continué à dégénérer jusqu'à la mort de deux soldats israéliens et du rapt du caporal Shalit le 25 juin. Les sursauts et soubresauts sont tellement nombreux que les descriptions seront gardées le plus succinctes possible. Aux lecteurs avides de plus de détails, les deux sites de références sont donnés à savoir une rétrospective des 50 ans d'Israël par Radio-Canada (RC)VII et d'un site pour la défense de la paix Palestine-SolidaritéVIII :


    La proclamation de l'État d'Israël
    > 1948 ; A la date du 14 mai, le mandat britannique expire. David Ben Gourion proclame la création de l’État d'Israël, reconnu par Moscou et Washington. L'ancien État d'Israël avait disparu en 70 après Jésus Christ, lorsque Jérusalem avait été détruite par les Romains.
    L’annonce provoque l’entrée en guerre immédiate des États arabes. Les armées d'Égypte, de Jordanie, de Syrie, du Liban et d'Irak envahissent le pays. C'est la première guerre israélo-arabe. Après quelques revers, l’armée israélienne, mieux équipée et mieux organisée, reprend le dessus de la bataille. Les combats s’accompagnent de l’exode de 800 000 réfugiés palestiniens, fuyant les actes d’intimidation ou d’expulsion, craignant des actes atroces amplifiés par la propagande.
    > 1949 ; La première guerre israélo-arabe se conclut par une victoire d’Israël. Israël repousse ses frontières dessinées par l’ONU et occupe désormais la partie ouest de Jérusalem, devenue capitale. La Cisjordanie est rattachée à la Jordanie et la bande de Gaza revient à l'Égypte.
    Les 800 000 réfugiés arabes palestiniens se retrouvent dans des camps de réfugiés situés en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, au Liban, en Jordanie et en Syrie. L'ONU vote la résolution 194 proclamant le "droit au retour" ou le droit à une indemnisation des réfugiés palestiniens.
    > 1950 ; La Knesset, le parlement israélien, vote la "loi sur le retour" qui accorde la citoyenneté israélienne à tout juif qui la demande. De nombreux réfugiés juifs reviennent alors des pays arabes où ils étaient menacés. La population juive s’accroît considérablement.
    Israël devient membre des Nations Unies. Les États arabes ne reconnaissent pas son existence. A Jérusalem-Est, les lieus saints sont interdits aux Israéliens.
    > 1956 ; Désireux de renforcer l’union entre les pays arabes, l’Égyptien Gamal Abdel Nasser nationalise le Canal de Suez. Israël, la Grande-Bretagne et la France s’y opposent et mènent conjointement la campagne du Sinaï. Mais une pression simultanée des États-Unis et de l’URSS les contraint au repli. Cet échec marque la chute de l’influence des anciennes puissances coloniales dans la région.
    > 1959 ; Au Koweït, Yasser Arafat fonde le Fatah. Cette organisation, mouvement de libération de la Palestine, prône la lutte armée et défend l’action du peuple palestinien.
    > 1964 ; Du 13 au 17 janvier, se tient au Caire le premier sommet des chefs d’États arabes, marquant ainsi l’espoir d’une unité arabe et posant les bases d’une entité palestinienne. Le 29 juin, à Jérusalem, s’ouvre le premier Congrès national palestinien. Il vote la création de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et nomme son dirigeant : Ahmed Choukeiry.
    > 1967 ; Les tensions frontalières entre Israël et la Syrie augmentent. La propagande soviétique proclame alors qu'Israël est en train de préparer une guerre totale contre Damas. Ces déclarations forcent l'Égypte, en vertu du traité d'assistance mutuelle signé par les deux pays, à apporter son soutien à la Syrie. Dès le 14 mai, les forces égyptiennes pénètrent dans le Sinaï. Trois jours plus tard, l'Égypte demande l'évacuation des forces de l'ONU et ferme le détroit de Tiran aux bateaux israéliens, un acte présenté par Israël comme "casus belli".
    Du 5 au 11 juin, c’est la guerre des Six Jours. Elle se conclut sur une victoire militaire d'Israël qui a conquis le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, et le plateau du Golan. Ainsi, les Israéliens peuvent à nouveau accéder à la vielle ville de Jérusalem et prier au Mur des lamentations.
    Du 29 août au 3 septembre, les États arabes, réunis en sommet au Soudan, proclament les trois "non" de Khartoum : non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d'Israël, non à toute négociation avec Israël. Le sommet de Khartoum consacre l'émergence de l'OLP et fixe les sommes que doivent lui verser annuellement les pays pétroliers.
    Le 22 novembre, l'ONU adopte la résolution 242 qui demande l'instauration d'une paix juste et durable au Proche-Orient, le droit pour les États de la région de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, et le retrait des territoires occupés à l'issue du conflit.
    > 1968 ; Du 1er au 4 février se tient le 5e Conseil national palestinien, au cours duquel Yasser Arafat est désigné Président de l'OLP.
    > 1970 ; Le roi Hussein, qui voit son pouvoir menacé par l'OLP, chasse les militaires palestiniens de Jordanie par une répression sanglante de son armée jusque dans les camps de réfugiés. De cet événement, émerge Septembre Noir, un nom de couverture pour des opérations sanglantes de l’OLP et du Fatah.
    > 1972 ; Le groupe terroriste palestinien Septembre Noir devient tristement célèbre lors des Jeux Olympiques de Munich en assassinant, le 5 septembre, onze sportifs de la délégation israélienne.
    > 1973 ; Le jour de Yom Kippour, le plus sacré du calendrier juif, les armées syriennes et égyptiennes attaquent simultanément Israël. Leur objectif :reconquérir les territoires occupés. La guerre du Kippour, aussi appelée guerre d'Octobre ou guerre du Ramadan, est déclarée. Totalement prises au dépourvu, les forces israéliennes sont d'abord submergées, mais parviennent finalement à reprendre le contrôle de la situation. Elles remportent la victoire.
    > 1974 ; L'OLP obtient le statut d'observateur à l'ONU.
    > 1977 ; Le 20 novembre, le président égyptien Anouar el Sadate, en visite à Jérusalem, prononce un discours devant la Knesset. Il exhorte le parlement israélien à échanger les territoires contre la paix. Cette avancée historique préfigure les accords de Camp David.
    De Camp David à Camp David, le temps des accords de paix
    > 1978 ; Les accords de Camp David sont signés le 17 septembre entre l'Égypte, Israël et les États-Unis. D’une part, ils autorisent la récupération par l’Égypte du Sinaï, l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et l’Égypte et la reconnaissance d’un droit légitime des Palestiniens. D’autre part, les accords de Camp David prévoient un régime d’autonomie substantielle en Cisjordanie et à Gaza. Cette dernière disposition n’a jamais été appliquée.
    > 1979 ; L'Égypte et Israël signent un traité de paix. Le Sinaï est restitué à l'Égypte, qui alors reconnaît Israël. Le Premier ministre Menahem Begin et le Président Sadate reçoivent tous deux le prix Nobel de la paix. Le président égyptien sera assassiné en 1981 par un islamiste.
    > 1980 ; La Knesset adopte la "loi de Jérusalem" : la ville est alors déclarée capitale éternelle du peuple juif.
    > 1982 ; Le 6 juin, Israël déclenche l’opération « Paix en Galilée » et envahit le Liban. L’objectif : mettre fin aux attaques palestiniennes depuis le Sud-Liban. L’armée assiège Beyrouth, obligeant l’OLP à se réfugier à Tunis en août. Nouvellement élu à la tête du Liban, le président Béchir Gemayel est très vite assassiné. En guise de représailles, les milices libanaises chrétiennes investissent les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila et massacrent un millier de civils.
    L’armée israélienne ne réagit pas. Les accords de paix entre le Liban, en guerre civile et Israël seront signés le 17 mai 1983.
    > 1985 ; L’armée israélienne se retire du Liban, à l’exception de la « zone de sécurité » du sud. En effet, les groupes armés présents au Liban sud, le Hezbollah notamment, attaquent régulièrement le nord d’Israël.
    > 1987 ; En décembre débute l’Intifada ou "guerre des pierres", une résistance populaire conduite par les Palestiniens de l’intérieur. Elle naît d’abord à Gaza puis s’étend à toute la Cisjordanie.
    > 1988 ; Lors du 19ème Conseil National Palestinien, l'OLP se déclare prête à instaurer "une autorité nationale indépendante" en bon voisinage avec Israël. Il s'agit d'une reconnaissance implicite d'Israël.
    Yasser Arafat, lors d’un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies, reprend les déclarations du CNP et réaffirme sa condamnation du terrorisme sous toutes ses formes. Cette position de conciliation pousse Washington à accepter l’ouverture d’un "dialogue substantiel" avec l’organisation palestinienne.
    Par ailleurs, la Jordanie renonce officiellement à sa souveraineté sur la Cisjordanie au profit de l'OLP.
    > 1990 ; La Guerre du Golfe éclate dès le 2 août, suite à l'invasion du Koweït par l'armée irakienne. L'OLP soutient l'Irak qui multiplie les bombardements sur Israël. Mais Israël a choisi de ne pas riposter afin d’éviter l'embrasement du Proche-Orient De leur côté, les États-Unis engagent de grandes manœuvres pour parvenir à une paix globale dans cette région.
    > 1991 ; Lors de la Conférence de Madrid, les États-Unis et l’URSS réussissent l’exploit de réunir autour d’une même table la plupart des pays arabes, Israël et des représentants palestiniens.
    Deux forums séparés sont organisés : ils mobilisent Israël et des représentants palestiniens d’un côté et Israël et ses voisins arabes de l’autre. C’est la naissance d’un long processus de négociation.
    > 1992 ; Élections législatives en Israël : les travaillistes remportent la majorité des suffrages. Itzhak Rabin est alors nommé Premier ministre, Shimon Peres ministre des Affaires Étrangères.
    > 1993 ; Dès janvier, Israël et l'OLP entament des négociations secrètes à Oslo. Une "Déclaration de principe sur les arrangements intérimaires d’autonomie " est adoptée. Elle conduit en septembre à la reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’OLP. Le 13 septembre, les accords d'Oslo sont signés à Washington. Ils prévoient une autonomie palestinienne progressive sur les territoires de Cisjordanie et Gaza et un règlement définitif du conflit, à l'issue d'une période de cinq ans. C’est alors l’historique poignée de main Rabin-Arafat.
    > 1994 ; Malgré quelques incidents, le processus de paix avance : Arafat et Rabin signent l’Accord de Paris sur les questions économiques puis en mai l’accord d’autonomie Gaza-Jéricho du Caire. C’est cet année que Yasser Arafat, Itzhak Rabin et Shimon Peres recevront le prix Nobel de la Paix.
    Le processus de réconciliation s’étend aux pays arabes et le 26 octobre, la Jordanie et Israël signent un traité de paix.
    > 1995 ; Le 28 septembre sont signés à Washington des accords sur l'extension de l'autonomie de la Palestine : il s’agit des accords d’Oslo II.
    Le Premier ministre Itzhak Rabin est assassiné le 4 novembre par un étudiant israélien d’extrême droite. Il est remplacé par Shimon Peres.
    > 1996 ; Le 20 janvier se tiennent les élections palestiniennes : Yasser Arafat est élu Président de l'Autorité Palestinienne.
    Le Conseil National Palestinien élimine alors de sa charte tous les articles niant le droit à l'existence d'Israël. Mais cela n’empêche pas une recrudescence des affrontements : les attentats du Hamas font de nombreux morts alors que Shimon Peres déclenche l’opération "Raisins de la colère", autorisant une intervention militaire contre le Hezbollah au sud du Liban. Cette offensive provoque la mort d’une centaine de civils.
    Israël organise des élections législatives : la droite remporte la victoire, Netanyahou est alors nommé Premier ministre. Le gouvernement Netanyahou accélère la création ou l'extension d’implantations juives.
    > 1998 ; Signature le 23 octobre des accords de Wye River : ils prévoient une autonomie palestinienne supplémentaire de 13% du territoire de Cisjordanie.
    > 1999 ; Israël prépare de nouvelles élections qui se concluent par une victoire des travaillistes. Ehoud Barak devient Premier ministre.
    Le recul des illusions
    > 2000 ; Le sommet de Camp David est destiné à aboutir à un accord de paix définitif, en abordant toutes les questions laissées en suspens par les accords d'Oslo (délimitation des territoires, partage de Jérusalem, sort des réfugiés palestiniens). Ce sommet est un échec total, aucun accord n’ayant été trouvé sur aucun des thèmes abordés. Mais c'est la première fois que ces thèmes sont officiellement débattus par des représentants des deux peuples.
    Le 28 septembre, le chef du Likoud, Ariel Sharon, se rend sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem. Cette provocation permet notamment à l'Autorité Palestinienne de déclencher l'Intifada "Al-Aqsa", la 2e Intifada.
    Ehoud Barak, discrédité par l'échec du sommet de Camp David et par le regain de la violence palestinienne, démissionne et annonce la tenue d'élections anticipées.
    > 2001 ; Le 6 février, porté par le désarroi du peuple israélien, Ariel Sharon remporte les élections.
    > 2002 ; En juin, le gouvernement d’Ariel Sharon lance la construction d’une « barrière de séparation » qui suit plus ou moins la Ligne verte, une limite entre la Cisjordanie et les territoires israéliens.
    Le but est d’empêcher l’entrée de terroristes en Israël. Six des sept villes autonomes de Cisjordanie sont réoccupées par Israël. Yasser Arafat est encerclé par l’armée israélienne et assigné à résidence dans son QG à Ramallah.
    En décembre, les États-Unis, la Russie, l’Union Européenne et les Nations Unies établissent une « Feuille de route ». Il s’agit d’une nouvelle initiative diplomatique pour calmer les tensions en Proche-Orient.
    > 2003 ; Le numéro 2 de l’OLP, Mahmoud Abbas est investi Premier ministre de l’Autorité palestinienne, jusqu’en septembre où il sera remplacé par Ahmed Qorei.
    Israël et l’OLP accepte chacune la « Feuille de route ».
    > 2004 ; Plan d’Ariel Sharon de désengagement de la bande de Gaza : plus de 17 colonies israéliennes seront évacuées.
    Yasser Arafat meurt le 11 novembre.
    > 2005 ; - Le 9 janvier 2005, Mahmud Abbas a été élu Président de l'Autorité palestinienne avec 61% des voix. Mustapha Barghouthi, son rival le plus proche, n'a fait que 20%. Plus de 60% des électeurs ont participé au scrutin malgré les difficultés inhérentes à l'occupation israélienne et le boycott des groupes islamistes.
    — La Conférence de Charm el-Cheikh - Après son élection, le Président palestinien Mahmoud Abbas a appelé les groupes palestiniens à arrêter la violence et a négocié un accord de trêve. La police palestinienne a été déployée à travers Gaza avec l'ordre explicite d'empêcher les attaques terroristes. Israël relâchera plus de 900 prisonniers palestiniens et se retirera graduellement de villes palestiniennes selon les journaux. L'Intifada est considérée terminée. Cependant, comme pour les autres conférences de ce type, la paix a très vite été brisée par un attentat suicide à Tel Aviv, le 25 février, sans doute perpétré par une cellule du Jihad islamique, dirigée depuis Damas. Israël a annoncé qu'il gelait la transmission prévue de villes de Palestine à la sécurité palestinienne.
    — La Conférence de Londres du 1er mars 2005 - Organisée par le Royaume Uni, elle a eu lieu à Londres. Son but était d'organiser l'aide financière au gouvernement palestinien et d'aider à l'organisation des forces de sécurité palestinienne. Israël n'a pas assisté à la conférence et elle ne devait pas traiter directement des questions bilatérales. Cependant, le Président Abbas a déclaré que terminer l'occupation et arriver à un accord de paix était le but prioritaire des Palestiniens.
    — Avants-postes illégaux - en mars 2005, le gouvernement israélien a accepté un rapport sur les avants-postes illégaux qu'il avait fait préparer par Talia Sasson. Le rapport analyse le statut d'un grand nombre d'avants postes illégaux, construits en Cisjordanie depuis mars 2001, sans permis ni autorisation de l'État.
    — Le 21 juin 2005, Sharon et Abbas se sont enfin rencontrés. Le seul résultat a été l'annonce par Sharon que l'Autorité palestinienne acceptait une coordination pour le désengagement de Gaza.
    — Le 12 septembre. Fin du retrait Israélien de la bande de Gaza. Moins d’un mois après l’évacuation des derniers colons et après trente-huit ans de présence, l’armée israélienne quitte la Bande de Gaza.

    Couple B : Le saut ce fait ici au tournant des années 1960 soit à la naissance des enfants. Les parents, comme déjà décrits, sont assez semblables comme pour la grande majorité des Québécois. N'empêche que des distinctions existent. Elles émanent de l'influence des mères dans les foyers. Le niveau d'instruction, d'éducation et la sensibilité à reconnaître les besoins de leur famille sont critiques. Il ne s'agit pas ici de la simple capacité d'entretenir une maison.

    Mais trop d'enfants grandissent dans ces milieux plus ou moins stimulants sur les plans intellectuel et émotif. Les besoins de base sont toujours bien pourvus mais les besoins d'es­time de soi et de reconnaissance par les parents peuvent être peu présents voire absents. La mère dirige la maison. Elle persiste à pousser les garçons à « faire des études » ; les filles elles sont stimulées vers un rôle traditionnel de future mère dévouée aux tâches ménagères.

    Les garçons, s'ils ne poursuivent pas dans les traces de leur père à l'usine ou dans le même métier, font des études supérieures. C'est dans ce contexte que notre couple type se rencontre dans les années 80, lui achevant ses études (universitaires ou techniques collégiales) ne s'étant pas privé d'expériences de jeunesse et/ou de voyages à l'étranger.

    Elle a misé sur ses talents innés pour le contact avec le public sitôt son diplôme d'étude se­condaire obtenu. Elle exerce son métier depuis quelques années quand nos deux soupirants se rencontrent. Est-ce le coup de foudre ou une progression plus ou moins rapide de l'idylle ? L'attrait est très fort de part et d'autre pour des raisons différentes selon les schèmes de leurs parents. Il est cérébral, pense au long terme et profite du moment présent. Elle est filiforme, très convoitée, se sait ravissante, prévoyante à court terme et c'est pour lui qu'elle va opter.

    Les deux se savent l'un pour l'autre, désirent des enfants et leur relations pré-maritales durent quelques années. Toutefois, quelques nuages viennent obscurcir leur séduction. Les plus irritants sont les niveaux de confiance et de franchise mutuels. Très tôt elle recherche une symbiose entre elle et lui sans considération à son besoin d'indépendance. Elle parle de tout un chacun de choses dont elle ne pourrait répéter devant les personnes concernées.

    Il poursuit à voir quelques copains et il « buvait un peu, oh ! pas des tas. Mais même un peu, elle n'aimait pas. » ; Me voilà seul, Charles Aznavour. Un jour se sentant étouffer et par bravade, il rompt et devient irrejoingnable pour quelques jours. Alors commence une poursuite incessante chez tous les amis réciproques. Il décide de reprendre et d'établir un nouveau modus operandi ce à quoi elle acquiesce. C'était sous-estimer les difficultés d'adaptation et d'évolution qui obligent à revoir des traits de caractère et des acquis profondément ancrés.

    Il faut reconnaître un tort avant d'en aborder les contours, les mécanismes, d'en ajuster les traits vers une façon plus acceptable socialement. Cela exige une conscience, un vécu pour savoir que le processus peut être lent en proportion aux changements requis, pénible mais ô combien porteur à terme. L'expérience à petite échelle pour débuter permet de s'en rendre compte progressivement. La capacité ou la volonté ne sont pas toujours forcément présentes.

    La hardiesse de la jeunesse qui porte à croire que tout est possible, qu'on pourra toujours redresser les pires travers, la confiance aveugle dans l'autre font que notre couple reprend.

    S'en suit le marriage, un premier enfant, un deuxième et peut-être un troisième, les dépla­cements au gré des emplois souvent précaires, une progression dans les sillons du mercan­tilisme et de la consommation : maison, voiture aussi prestigieuse que possible et tous les attraits d'une vie aux dehors reluisants. Mais les dedans s'assombrissent de plus en plus.

    Les priorités de notre couple au lieu de se rejoindre s'éloignent. Lui veut que les enfants jouissent d'un cadre stimulant, exempt des problèmes courants. Elle se complaît à critiquer le moindre travers, à reprocher et accuser, annihilant confiance en soi et goût du dépassement.

    C'est l'impasse et l'éloignement mais la préoccupation de chacun, à sa manière, c'est l'éducation des enfants. Qu'ils soient nourris, blanchis, reconnaissants et obéissants est sa priorité des priorités même si elle doit soumettre par la parole et par le geste. Il ne veut pas de laquais, de comportements serviles et encourage l'initiative et l'esprit d'indépendance.

    Éduquer les enfants devient diamétralement opposé et aucun n'accorde tant soit peu de mérite à la vision et aux méthodes de l'autre. Les divergences mènent souvent aux abus de langage. Un premier enfant devient adulte et prend ses distances, combinant petits boulots et étude. Celui ou ceux qui restent, encore jeunes sont tiraillés quant au modèle à suivre.

    Malgré tout le ciment tient. L'attention est portée vers les enfants, aucun effort ne saurait être épargné pour leur donner le maximum de ce que chacun peut apporter ; « On ne peut don­ner ce qu'on n'a pas » dit l'adage mais à deux c'est plus qu'à un seul. Notre couple poursuit comme ça parce qu'ils ne peuvent s'astreindre à abandonner ce qu'ils ont de plus cher : leurs enfants, un toit commun qu'il faut maintenir pour eux et le sentiment que chacun fait de son mieux. Prendre conseil de l'autre, non ; faire ce en quoi chacun croit, oui. Le reste on verra.

    Le denier fil jusqu'au 12 juillet
    Nous en sommes rendus à la situation actuelle : pour le couple A, c'est une descente aux enfers dont nous suivront le cours ; le couple B lui continue son petit bonhomme de chemin, ni pire, ni mieux. Peut-être que si puisque si les choses ne s'améliorent pas, elles empirent.

    Nous limitons le couple A à la relation palestino-israélien pour le déroulement au jour le jour des péripéties (du 25 juin au 12 juillet) et que nous reprendrons à compter du 12 juillet (début du second front libano-israélien) dans un prochain texte.

    Couple A : La crise actuelle débute le 25 juin alors qu'un commando palestinien de Gaza traverse en territoire israélien et capture un soldat israélien, Gilad Shalit, un jeune caporal de 19 ans ayant la double nationalité israélienne et française. Il est le premier soldat israélien enlevé par des activistes palestiniens depuis 12 ans. Il a été capturé tôt dimanche matin lors d'une attaque audacieuse contre un poste de l'armée. Deux autres soldats et trois assaillants ont été tués lors de l'opération. Ils demandent, pour le rétrocéder, la libération de toutes les femmes palestiniennes détenues par Israël, ainsi que tous les mineurs palestiniens.

    Israël détient 150 femmes ainsi que 360 jeunes de moins de 16 ans, a précisé le ministre palestinien des prisonniers, Wasfi Kibha, qui ne disposait pas de chiffres sur les mineurs de 16 à 18 ans détenus dans des geôles d'Israël. Voyons :

    Pour situer les principaux protagonistes de l'actuel crise entre Israël et le Hamas, gouvernement élu mais issu d'une mouvance de combattants pour la libération de la Palestine ou du terrorisme pure c'est selon, il faut remonter au 17 avril, jour de l'assermentation de l'actuel parlement israélien (Knesset) de Ehoud Olmert en remplacement de celui d'Ariel Sharron, souffrant d'incapacité due à la maladie. La journée même où Olmert prêtait serment, un attentat se produisait à Tel-Aviv en guise de bienvenue, revendiqué par le Jihad et appuyé par le Hamas. Il y a aussi l'appui de l'Iran à la lutte palestinienne avec en toile de fond, le développement de l'arme nucléaire. Et la Syrie qui est directement reliée de près ou de loin. Mise en situation des événements :

    Le Devoir, Édition du samedi 15 et du dimanche 16 avril 2006 ; Négation de l'Holocauste : le pouvoir iranien récidive — AFP
    « Téhéran - Les dirigeants iraniens ont lancé hier une violente diatribe contre Israël et les États-Unis, affirmant qu'il y avait un « sérieux doute » sur l'existence de l'Holocauste et prédisant la « disparition » d'Israël lors d'une conférence internationale de soutien aux Palestiniens. « Que vous le vouliez ou non, le régime sioniste est en voie de disparition », a déclaré le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.
    « Le président iranien a également répété ses propos controversés sur l'Holocauste. « « S'il y a un sérieux doute sur l'Holocauste [des juifs], il n'y a pas de doute sur la catastrophe et l'holocauste qui touchent les Palestiniens », a-t-il dit.
    « « Certaines puissances occidentales croient que, lors de la Deuxième Guerre mondiale, une importante population juive a été tuée et, pour compenser cette catastrophe, ils ont créé le régime [sioniste], a-t-il poursuivi. Si une telle catastrophe est vraie, pourquoi ce sont les peuples de la région qui devraient en payer le prix ? » « Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a condamné « avec la plus grande fermeté » les « propos inacceptables » du président iranien. « Le droit à l'existence d'Israël et la réalité de l'Holocauste ne sauraient être contestés », a estimé le ministre. »

    Le Devoir, Édition du mardi 18 avril 2006 ; La terreur frappe à Tel-Aviv ; Le Hamas qualifie de geste d'autodéfense un attentat suicide qui a fait au moins dix morts ; Éric Desrosiers
    « Au moins dix personnes ont perdu la vie et des dizaines d'autres ont été blessées, hier, à Tel-Aviv, lors du pire attentat suicide à avoir frappé Israël depuis août 2004.
    « L'attentat se voulait un geste d'appui aux personnes détenues par Israël et une riposte « aux massacres israéliens et au siège imposé » aux Palestiniens.
    « « Notre peuple est en état d'autodéfense et a le droit d'utiliser tous les moyens pour se défendre », a déclaré hier Sami Abou Zouhri, porte-parole du mouvement islamiste Hamas, qui a jusqu'à présent respecté la trêve et qui vient de remporter les élections palestiniennes. « L'occupation israélienne porte la responsabilité de ses actions », a ajouté le porte-parole du gouvernement palestinien, Ghazi Hamad.
    « Au contraire du gouvernement du Hamas, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a condamné l'attentat « terroriste » et a appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à la « grave détérioration » de la situation dans la région.
    « L'attentat d'hier a été condamné par plusieurs gouvernements. La Maison-Blanche l'a qualifié « d'acte de terreur infâme pour lequel il n'existe aucune excuse ».
    « La Knesset compte 12 formations. La plus importante est le Kadima, avec 29 sièges, suivi par les travaillistes avec 19. Ehoud Olmert est toujours en négociations avec les autres partis afin de constituer une majorité gouvernementale. Il a officiellement jusqu'au 18 mai pour ce faire. Il s'est dit déterminé à tracer, durant son mandat, les frontières d'Israël et du territoire des Palestiniens, avec ou sans l'accord de ces derniers. »

    Cyberpresse, Le vendredi 21 avril 2006 ; Attentat de Tel-Aviv: Israël met en cause Damas — AFP
    « JERUSALEM — Le Premier ministre israélien en exercice Ehud Olmert a mis en cause vendredi la Syrie à la suite de l'attentat suicide commis lundi à Tel-Aviv qui a fait neuf morts et des dizaines de blessés.
    « "Les ordres sont venus de Damas et les premiers rapports sur l'attentat ont été envoyés à Damas", a déclaré M. Olmert à une délégation du sénat américain, a-t-on indiqué auprès de la présidence du Conseil.
    « La présidence a souligné à ce propos "les liens traditionnels des terroristes du Jihad islamique qui ont perpétré l'attentat avec Damas et Téhéran".
    « Lors de la rencontre, M. Olmert a également rejeté sur le Hamas qui est à la tête du gouvernement palestinien, la responsabilité de l'attentat que le mouvement islamiste s'est refusé de condamner.
    « Israël avait déjà pointé un doigt accusateur en direction de l'Iran et la Syrie à la suite d'un précédent attentat suicide à Tel-Aviv, le 20 janvier, perpétré au même endroit par le Jihad islamique.
    « Le Jihad islamique est une petite formation radicale palestinienne qui agit dans l'ombre du Hamas, un mouvement beaucoup plus important.
    « Créé en 1980, d'inspiration pro-iranienne, le Jihad a poursuivi tout au long de l'année 2005 ses attaques alors que les autres mouvements observaient généralement une trêve qui a officiellement pris fin le 31 décembre. »

    Nous abordons ici le fil des événements au jour le jour tels que reportés par différentes agences de presse — Agence France Presse ; AFP — Associated Press ; AP — Reuters. Seulement des points saillants des communiqués ou articles sont repris avec renvois aux textes complets pour référence. Des choix objectifs parmi les nouvelles ou positions les plus judicieuses permettent de dégager les lignes de crête devant l'abondance de l'information.



    Mois
    Contenu

    Juin 24, 25

    Au lendemain de la Saint Jean-Baptiste, pas un mot sur les événements en Pales­tine. On le sait, les journaux rapportent la nouvelle au mieux 24 heures plus tard.

    Le Devoir : Denise Bombardier fait un excellent résumé du contexte de la société québécoise :

    De la Fierté nationale...
    « C'est dans un élan de générosité et d'ouverture aux autres qu'on a changé de nom, (Québécois) pour affirmer aussi les frontières du territoire du pays rêvé mais peut-être également pour tenter de rompre avec notre histoire de Canadiens français conquis, humiliés, ignorants et nés pour un petit pain. »
    « Les Québécois d'aujourd'hui sont fiers d'être à l'avant-garde des bouleversements sociaux, des déboulonnages de pseudo-héros, de la désacralisation systématique de nos institutions traditionnelles. Sans doute sont-ils fiers du taux de natalité si faible, du taux d'avortement si élevé, du si grand nombre d'unions libres, de divorces, du faible taux de mariage, ces exemples de notre exceptionnelle libération des moeurs. »

    25

    Dans le monde en bref du dimanche 25 juin cet entrefilet prémonitoire des tragédies à venir.

    Cyberpresse :
    PO-Palestiniens-Israël-incursion
    — AFP
    « GAZA — Une unité d'élite de l'armée israélienne a enlevé samedi dans la bande de Gaza deux activistes palestiniens du Hamas qui s'apprêtaient à commettre un attentat anti-israélien dans les prochains jours. Il s'agit de la première opération du genre depuis le retrait israélien de ce territoire achevé en septembre. »

    26

    Cyberpresse :
    Le monde en bref [....]
    PO-Palestiniens-Israël — AFP : premier reportage sur les événements de la veille.
    « JÉRUSALEM — L'armée israélienne a déployé lundi des dizaines de chars et des renforts d'infanterie près de la bande de Gaza en prévision d'une éventuelle opération d'envergure pour libérer un soldat, enlevé dimanche, qui possède également la nationalité française.
    « - La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, ainsi que deux autres groupes armés palestiniens ont exigé la libération par Israël de prisonniers et de détenus mineurs palestiniens en échange d'informations sur le soldat enlevé, laissant entendre ainsi qu'ils le détenaient.
    « - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a exclu tout marchandage. »

    27

    Le premier ministre israélien Ehoud Olmert passe aux menaces.

    Le Devoir :
    Israël refuse de céder à la moindre exigence des ravisseurs et prévient que sa riposte sera complète et tranchante. — Reuters
    « « Le temps d'une opération israélienne complète, tranchante et intense se rapproche. Nous n'attendrons pas éternellement. Nous ne deviendrons pas une cible du chantage terroriste du Hamas », a-t-il ajouté. « J'ai donné ordre à nos commandants militaires de préparer l'armée à une vaste et longue opération militaire pour frapper les chefs terroristes et tous ceux qui sont impliqués » dans cet enlèvement. « Que ce soit clair : il n'y aura d'immunité pour personne. » »

    Le conflit déborde déjà dans les tribunes avec des opinions très tranchées. En voici une première très favorable à la version israélienne : « Israël est un pays cool ! »

    Le Devoir Libre-Opinion (voir réaction le 12 juillet) :
    Aimer ou démoniser Israël?
    Jean Ouellette, Professeur retraité de l'Université de Montréal, spécialiste en études juives
    « Je vois déjà nos faiseurs d'opinion incrédules esquisser un geste défensif à la lecture d'un tel titre. Comment peut-on faire luire à des esprits imprégnés de la vérité du narratif palestinien la perspective d'une découverte, réelle ou virtuelle, d'une terre que nos catéchismes d'antan qualifiaient de sainte, mais que le mur de l'apartheid, selon une expression chère à nos médias, rend à jamais inhospitalière pour quiconque se targue de rejeter le sionisme au nom d'une vague défense de l'antiracisme?
    « Peut-on imaginer, au-delà des images qui nous assiègent, choquantes pour des yeux habitués à plus de décence, que l'opinion des gens du Québec demeure néanmoins ouverte à un discours moins idéologique et, partant, susceptible de découvrir les attraits incontestables de la réalité israélienne ?
    « Les partisans d'une représentation visant à diaboliser Israël contesteront la légitimité de l'État juif sur la base du cruel conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens. Les médias présentent ce conflit comme une dispute territoriale (ce qu'il est aussi) entre deux mouvements nationaux rivaux. Dans la mesure où le sionisme prend la forme, à leurs yeux, d'une entreprise coloniale, l'enjeu, pour la population indigène, est d'expulser l'occupant étranger.
    « De là à accuser Israël d'un déni de justice permanent à l'égard de la population palestinien, il n'y a qu'un pas, et il est aisément franchi. Les Israéliens sont alors perçus dans le rôle peu enviable de ceux qui bloquent irrémédiablement les aspirations légitimes des Palestiniens.
    « Fuseront alors, en certains cercles, des attaques insidieuses contre des pratiques de l'armée israélienne qui n'auraient rien à envier aux atrocités commises par les nazis ! On sous-entend que les militants d'un mouvement national peuvent recourir à tous les moyens, la terreur comprise, pour réaliser leurs aspirations. »

    28

    Encore les gros mots mais surtout un mouvement stratégique

    Cyberpresse :
    État d'alerte renforcé à la frontière israélo-libanaise
    — AFP
    « L'armée israélienne a été mise en état d'alerte renforcé mercredi à la frontière avec le Liban à la suite de l'opération militaire lancée dans la bande de Gaza et du survol de la Syrie par des avions israéliens, a annoncé une porte-parole militaire."
    « Cette mesure a été prise de crainte que la milice chiite libanaise du Hezbollah ou d'autres organisations tentent de provoquer une escalade en lançant des attaques dans la région frontalière", a ajouté la porte-parole. » Et Olmert « affichait sa détermination à user de "moyens extrêmes" pour retrouver un soldat enlevé » à Gaza. »

    29

    Le Devoir :
    Israël prend les moyens extrêmes
    Tsahal arrête huit ministres et vingt députés palestiniens — AFP, Reuters
    « RAMALLAH — L’armée israélienne a arrêté une dizaine de ministres et députés du Hamas et retrouvé le corps d’un colon israélien enlevé dimanche par des activistes, hier au second jour d’une offensive de grande envergure dans les territoires palestiniens. »

    30

    Le Devoir :
    Le G8 appelle Israël à la retenue
    Abbas demande la libération des ministres et députés palestiniens — AFP, Reuters, AP
    « Au cours d'un raid mené en pleine nuit de mercredi à hier en Cisjordanie, les forces israéliennes ont arrêté le ministre palestinien des Finances, Omar Abdel-Razek, huit autres ministres ainsi qu'une vingtaine de députés appartenant au Hamas. Selon des sources proches des services de sécurité israéliens, 64 responsables du Hamas ont été arrêtés.
    « « C'est un complot planifié pour détruire l'Autorité [palestinienne], le gouvernement et le Parlement et pour mettre le peuple palestinien à genoux » a déclaré Mushir al-Masri, député du Hamas. »

    Juil. 1

    Cyberpresse :
    Impasse dans les efforts pour libérer le soldat capturé
    — AFP
    « GAZA — Les négociations en vue de la libération d'un soldat israélien étaient dans l'impasse samedi alors que des responsables palestiniens disaient craindre pour la vie du Premier ministre Ismaël Haniyeh du mouvement Hamas.
    « « La solution est un échange de prisonniers comme cela s'est passé avec le Hezbollah (au Liban). Je pense que cela arrivera », a indiqué à l'AFP un porte-parole du Hamas, Moushir al-Masri, réitérant la position de son mouvement. »
    Cyberpresse :
    Des pacifistes israéliens manifestent contre l'offensive à Gaza
    — AFP
    « JÉRUSALEM — Plusieurs centaines de pacifistes israéliens ont manifesté samedi soir à Jérusalem ouest contre l'offensive israélienne à Gaza, déclenchée après l'enlèvement d'un soldat le 25 juin.
    « Les manifestants, rassemblés devant la résidence du Premier ministre Ehud Olmert ont brandi des pancartes avec pour slogan "Non aux atteintes aux civils" palestiniens et israéliens, et "pas de solution militaire" ont rapporté des témoins.
    « Ils ont appelé à dialoguer avec le mouvement islamiste Hamas en vue d'obtenir la libération du soldat capturé lors de l'attaque d'un commando palestinien le 25 juin contre un poste militaire à la lisière de la bande de Gaza, qui avait tué deux soldats israéliens et deux assaillants palestiniens.
    « La manifestation organisée par divers groupes pacifistes d'extrême gauche s'est dispersée sans incident. »

    1, 2

    Le Devoir :
    Accord interpalestinien — Les factions palestiniennes se rallient devant l'incursion militaire israélienne
    Graciela López Marclay
    « La menace externe a favorisé le ralliement in extremis des positions à l'intérieur des territoires palestiniens, encerclés depuis dimanche par l'arsenal militaire israélien dans toute sa force de frappe. Les divisions entre les différentes factions politiques deviennent ainsi relatives devant la crise imminente : l'union nationale est réaffirmée sous l'étranglement économique perdurant et devant l'offensive militaire qui déferle sur la bande de Gaza. »

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    Cyberpresse :
    Olmert donne l'ordre à l'armée d'agir avec "toute (sa) puissance"
    — AFP
    « JÉRUSALEM — Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a donné l'ordre dimanche à l'armée d'agir "avec toute (sa) puissance" pour retrouver le soldat capturé il y a une semaine.
    « "J'ai donné ordre à l'armée et aux forces de sécurité d'agir avec toute (leur) puissance pour poursuivre les terroristes, leurs idéologues et ceux qui leur offrent protection", a déclaré M. Olmert à l'ouverture de la réunion de son cabinet.
    « "Nous ferons tout, je dis bien tout, pour libérer le soldat (...) Je le répète : personne ne sera épargné", a insisté le Premier ministre. »
    Cyberpresse :
    Benoît XVI condamne la violence aveugle en Irak et en Terre Sainte"
    — AFP
    « CITÉ DU VATICAN — Le pape Benoît XVI a condamné dimanche "la violence aveugle qui provoque des atroces massacres" en Irak et en Terre Sainte et s'est dit "très préoccupé" par "l'aggravation de la crise" entre Israël et les Palestiniens.
    « "Je suis avec une croissante préoccupation les événements en Irak et en Terre Sainte", a-t-il déclaré dans son adresse aux fidèles venus Place Saint Pierre pour la prière dominicale de l'Angelus.
    « "Face d'un côté à la violence aveugle qui provoque d'atroces massacres et de l'autre à la menace de l'aggravation d'une crise qui se fait plus dramatique depuis des jours, il y a un besoin de justice et d'un engagement crédible pour la paix que malheureusement on ne voit pas", a-t-il déploré. »
    Cyberpresse :
    La crise souligne le vide laissé par le coma de Sharon depuis six mois
    Jennie MATTHEW — AFP
    « JÉRUSALEM — Six mois après la disparition de l'arène politique d'Ariel Sharon, ses successeurs se mesurent avec la plus grave crise secouant la bande de Gaza depuis l'évacuation historique en septembre de ce territoire, qu'il avait orchestrée.
    « La figure du chef de guerre légendaire, plongé dans le coma par une attaque cérébrale survenue le 4 janvier, continue à hanter ses compatriotes, qui se demandent comment il aurait agi en pareille circonstance.
    « "Sharon nous manque beaucoup. Nous regardons le Premier ministre et le ministre de la Défense actuels (...) et c'est à cet homme (Sharon) que va notre sympathie", affirmait un récent éditorial du Yediot Aharonot, premier tirage de la presse israélienne.
    « "Sharon a des qualités naturelles de commandement. On lui aurait automatiquement fait confiance en la matière. Olmert doit bâtir sa crédibilité", a souligné Dan Schueftan.
    « Des commentateurs ont même évoqué la "panique" du Premier ministre et de son ministre de la Défense Amir Peretz, à qui manquent les prestigieux états de service militaire de Sharon, au point que les divergences entre M. Olmert et l'état-major sur une éventuelle offensive terrestre dans le nord de la bande de Gaza se sont étalées sur la place publique.
    « Selon Menahem Klein, professeur de sciences politiques à l'Université Bar-Ilan de Tel-Aviv, la crise provoquée par la capture du soldat a simplement exposé l'échec du retrait de Gaza, considéré comme la consécration d'Ariel Sharon. »

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    Le Devoir :
    Enlèvement du soldat Shalit — Les ravisseurs lancent un ultimatum
    Israël riposte en donnant son feu vert à la poursuite de l'offensive militaire — AP
    « JÉRUSALEM — Alors que l'armée israélienne poursuit son épreuve de force avec le Hamas dans la Bande de Gaza, les trois organisations palestiniennes ayant revendiqué l'enlèvement du caporal Gilad Shalit ont donné jusqu'à aujourd'hui 6h à l'État hébreu pour libérer 1500 prisonniers palestiniens, faute de quoi il devra « en payer les conséquences ».
    « « Il n'y aura pas de négociations pour libérer les prisonniers », a indiqué le service du premier ministre Ehoud Olmert dans un communiqué. Le ministre de la Justice Haïm Ramon, un proche de M. Olmert, a ensuite averti que l'opération militaire israélienne à Gaza serait « bien pire » si les ravisseurs s'en prenaient au soldat. »
    La Presse — Le même Ramon dans l'article : Israël rejette l'ultimatum, p. A12 adressait une sevère mise en demeure aux ravisseurs du soldat. « Le ciel leur tombera sur la tête s'ils osent porter atteinte à Gilad Shalit et ces mots doivent être pris à la lettre », a-t-il averti.
    Cyberpresse
    Israël accuse le Hamas "d'escalade dans le terrorisme"
    — AFP
    « JÉRUSALEM — Israël a accusé mardi le Hamas d'"escalade dans le terrorisme" après la chute pour la première fois d'une roquette au coeur de la ville d'Ashkelon, et s'est engagé à accentuer la pression militaire pour obtenir la libération d'un soldat enlevé par des radicaux palestiniens.
    « Il s'agit d'"un événement très grave qui constitue une escalade d'une gravité sans précédent dans le terrorisme du Hamas qui dirige l'Autorité palestinienne", a déclaré le Premier ministre israélien Ehud Olmert. Le cabinet de sécurité doit examiner mercredi la situation après ce tir.
    « Un porte-parole de l'Armée de l'Islam, qui a revendiqué l'enlèvement du soldat avec la branche armée du Hamas et les Comités de résistance populaire, a indiqué à l'AFP qu'ils ne comptaient pas tuer leur otage.
    « "Certains pensent que les groupes peuvent le tuer mais nos principes islamiques stipulent qu'il faut respecter les prisonniers et ne pas les tuer", a-t-il dit. »

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    Le Devoir
    Israël : la pression continue de monter
    Alexandre Shields — AP
    « Les quelque 1,4 million d'habitants de la bande de Gaza continuent en effet de subir les graves contrecoups de la crise qui sévit dans la région. L'émissaire des Nations unies au Proche-Orient, Alvaro de Soto, s'est d'ailleurs dit inquiet hier de la situation humanitaire. « C'est une situation dangereuse, une situation qui pourrait devenir très grave à terme », a-t-il dit. « Juste avant la capture du caporal [Gilad] Shalit, la situation humanitaire était dangereuse et il y a eu [depuis] une détérioration significative dans tous les domaines », a précisé Alvaro de Soto.
    « Israël a notamment envoyé des forces terrestres dans la bande de Gaza et détruit une importante station électrique le 28 juin. Depuis ce bombardement, la bande de Gaza ne reçoit que six heures d'électricité par jour. L'émissaire de l'ONU a d'ailleurs souligné le risque de maladies provoquées par l'absence de distribution d'eau, de traitement et de système d'égouts adéquats et appelé Israël à « coopérer énergiquement » au remplacement des transformateurs.
    « Le colonel Nir Press, responsable de l'armée israélienne pour l'approvisionnement de la bande de Gaza, a pour sa part estimé que « cette région ne souffre actuellement ni d'un manque de vivres ni d'un manque de médicaments ou de carburants ». »
    Cyberpresse
    Beit Hanoun, ville palestinienne en première ligne
    Mehdi LEBOUACHERA
    « BEIT HANOUN (bande de Gaza) — Dans le quartier de Charquia, à Beit Hanoun, les blindés israéliens sont arrivés jusqu'au pied des maisons cette nuit, émaillée d'accrochages avec des combattants. "Beaucoup d'habitants sont prêts à fuir", dit Abou Anas, le visage fermé.
    « Cette nuit, les soldats israéliens ont tiré dans tous les sens. Les enfants étaient effrayés", dit Oum Ayman, la mère de famille, son plus jeune fils dans les bras.
    « "Nous sommes vraiment en danger mais on ne peut pas quitter notre maison", dit-elle. Son mari, silencieux, acquiesce d'un hochement de tête. "Nous avons collecté dans le jardin un sac entier d'éclats d'obus qui atterrissent sur le toit", reprend-elle.
    « Elle est surtout inquiète que les combats ne se déroulent au coeur des zones habitées. "Les Israéliens veulent atteindre la résistance. Si les combattants se cachent près des maisons, ils ouvriront le feu".
    « Mais, résignée, elle poursuit : "Si l'on doit mourir, nous mourrons. De toute façon, les Israéliens ont déjà tout détruit. Nous n'avons plus d'électricité, il y a des problèmes avec l'eau". »
    Le Devoir Libre-Opinion :
    Urgence en Palestine : le Canada doit agir !
    Jean Ouellette, François Crépeau Professeur UdM, Georges Lebel UdM, Céline Saint-Pierre Sociologue, René Charest Secrétaire général CSN et 12 autre signataires
    « La crise s'aggrave de façon dramatique dans les territoires palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Gaza est totalement encerclé et les bombardements qui ont commencé, dont ceux de la centrale électrique et de ponts, auront des conséquences catastrophiques pour cette population déjà fort éprouvée par la répression israélienne et prolongeront encore l'impasse causée par la consolidation de l'occupation israélienne.
    « Nous croyons qu'il y a moyen de sortir de l'impasse et que le Canada pourrait jouer un rôle positif s'il le voulait. Il lui faudrait d'abord réaffirmer les principes du droit international, dont celui qui interdit l'annexion de territoires par la force militaire, puis faire pression sur le gouvernement israélien pour que cessent les violences exercées contre la population civile.
    « Depuis le début du mois, 94 Palestiniens (dont 31 femmes et enfants) ont été tués lors de diverses opérations de l'armée israélienne. Le massacre, le 9 juin, d'une famille qui pique-niquait sur une plage de Gaza a suscité un vif émoi dans la population palestinienne. Par ailleurs, la suspension des programmes d'aide de plusieurs pays donateurs a considérablement aggravé la pauvreté.
    « Ces violences ont une cause centrale : le désir des autorités israéliennes de maintenir leur mainmise sur les territoires palestiniens en écrasant toute force politique qui demande la fin de l'occupation, que ce soit par des méthodes pacifiques ou non.
    « En se retirant de l'intérieur de Gaza (tout en l'encerclant et en l'étouffant économiquement), le gouvernement israélien entend consolider l'occupation de la Cisjordanie [...].
    « Dans ce contexte, il est urgent que le Canada et d'autres acteurs internationaux tentent d'arrêter cette dérive. »

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    Cyberpresse
    L'armée israélienne de retour dans le nord de Gaza
    Beatriz Lecumberri — AFP
    « BEIT LAHYA, Bande de Gaza — L'armée israélienne était de retour jeudi dans le nord de la bande de Gaza, dix mois après son retrait de ce territoire palestinien, dans sa plus vaste opération menée pour stopper les tirs de roquettes sur Israël.
    « Le premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, du Hamas, a dénoncé une « punition collective » et appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à l'offensive israélienne.
    « « Ce que fait Israël démasque son plan visant à réoccuper de larges secteurs de la bande de Gaza, frapper ses infrastructures, imposer une punition collective contre notre peuple et l'affoler », a dit M. Haniyeh dans un communiqué.
    « Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a assuré que l'offensive avait pour seul objectif « de faire cesser les tirs de roquettes et ramener le soldat Gilad Shalit ».
    « La branche armée du Hamas est l'une des trois factions ayant revendiqué son rapt. C'est aussi ce même groupe qui a revendiqué le tir de roquette mardi sur Ashkelon.
    « « Nous n'avons nulle intention de rester et nous enliser dans le marais de Gaza », a ajouté M. Peretz, s'adressant aux journalistes. »
    Cyberpresse
    Le Conseil des droits de l'homme condamne l'opération israélienne à Gaza
    — AFP
    « GENÈVE — Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a condamné jeudi les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza et réclamé la libération de hauts responsables palestiniens.
    « Dans une résolution adoptée par 29 voix contre 11, le nouveau Conseil a appelé Israël à mettre fin à son intervention armée et demandé la libération des ministres et députés palestiniens arrêtés la semaine dernière par l'armée israélienne.
    « Aux termes de la résolution, le Conseil a en outre décidé l'envoi d'une mission urgente d'établissement des faits dirigée par le rapporteur spécial de l'Onu pour la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés, John Dugard. Israël a par le passé refusé de collaborer avec M. Dugard.
    « Le texte fait part de la "profonde préoccupation" du Conseil à l'égard "des violations des droits de l'homme du peuple palestinien provoquées par l'occupation israélienne, notamment par les opérations militaires israéliennes en cours". »
    « Dans un texte de La Presse du 7 : Forte résistance à l'offensive d'Israël à Gaza de Jooned Khan à la page A14 M. Degard dénonce : « Israël est manifestement en violation des normes fondamentales du droit humanitaire et des droits de l'homme, évoquant l'interdiction des châtiments collectifs. Les arrestations de responsables du Hamas semblent s'appararenter à des prises d'otages, a-t-il ajouté. »
    Cyberpresse
    Israël prêt à quitter Gaza contre son soldat et la fin des tirs
    — AFP
    « JÉRUSALEM — Israël est prêt à retirer ses soldats de la bande de Gaza en échange de son soldat enlevé et de la fin des tirs palestiniens de roquettes contre son territoire, a affirmé jeudi le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz.
    « "Si vous ramenez Gilad Shalit sain et sauf chez lui et si vous cessez vos tirs de roquettes, nous retirerons nos forces" de la bande de Gaza, a déclaré M. Peretz à l'adresse des Palestiniens, dans des propos diffusés par la radio militaire israélienne.
    « Noam Shalit, le père du soldat, s'est pour la première fois exprimé jeudi en faveur d'un éventuel échange de son fils contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël, alors que le gouvernement israélien a rejeté l'idée d'un échange proposée par les ravisseurs.
    « "Il n'y a aucune raison d'exclure un tel échange, et je demande aux autorités (israéliennes) de le prendre en considération", a déclaré Noam Shalit à la radio de l'armée.
    « Dans un article de La Presse du 8 : Le Père du soldat israélien Gilad Shalit appelle à la négociation de Simon Coutu il implore ; « Je ne crois pas que l'armée israélienne soit capable de sauver mon fils par la force. Seules des négociations pour un échange de prisonniers pourront le sortir de là. Ce n'est que dans les films que les missions de sauvetage fonctionnent. » »

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    Cyberpresse
    Le cas du soldat enlevé « se complique », selon le Hamas
    OFFENSIVE ISRAÉLIENNE — AFP
    « GAZA — Le mouvement islamiste Hamas a affirmé vendredi que l'offensive israélienne en cours dans la bande de Gaza compliquait le cas d'un soldat israélien enlevé par trois groupes armés palestiniens, qui est « bien traité ».
    « « Le gouvernement israélien se trompe en croyant que les massacres sionistes commis contre notre peuple vont contribuer à la restitution de son soldat enlevé », a affirmé le Hamas dans un communiqué.
    « « Le cas du soldat enlevé devient plus compliqué qu'auparavant et la poursuite des crimes sionistes n'entraînera que davantage de durcissement côté palestinien », a ajouté le Hamas.
    « Dans un autre communiqué, le Hamas a laissé entendre que le soldat était toujours en vie. « Il est bien traité, de manière humaine, conformément à nos valeurs religieuses et morales », a affirmé le mouvement.
    « Le ministre de la Sécurité intérieure Avi Dichter a toutefois indiqué vendredi qu'Israël n'écartait pas une éventuelle libération de prisonniers palestiniens pour récupérer son soldat.
    « Le Hamas, qui contrôle le gouvernement palestinien, s'en est en outre pris à l'administration américaine, l'accusant d'avoir « donné son feu vert à l'entité sioniste pour lancer son agression et ses crimes ».
    « « Nous faisons porter à l'administration américaine la responsabilité du sang qui a coulé et des vies qui ont été fauchées », affirme le texte. »

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    The Gazette — Dans le cahier Extra, deux titres en p. B5 qui en disaient long sur les développements démocratiques en Orient. Le premier « La vague démocratique est renversée » The Economist, expose que dans les nombreux pays, de l'Égypte au Maroc, de l'Algérie à la Jordanie et dans toutes les autocraties du monde arabe, il y a recul sur les mouvements d'opposition politique, sur la liberté de presse, etc. Cela serait expliqué principalement par la montée des islamistes religieux des Frères musulmans en Égypte, du Hamas en Palestine ou du Hezbollah. Le dilemme de l'élection du Hamas a refroidi l'enthousiasme étasunienne pour des changements. On pardonne les accrocs de la Lybie envers sa population, celles des pays limitrophes à l'Iran comme l'Azerbaijan ou d'autres de l'Asie centrale parce qu'ils sont pro-occident. « On se lave les mains du support à la démocratie pour tout le monde arabe. »
    Le second article « Bush recule sur sa « doctrine de liberté » envers les pays arabes » AMR and Michael McFaul prend modèle de l'Égypte pour le laisser faire actuel sur la plan de la démocratie en Orient. Les É.-U. donne bon an mal an, depuis 30 ans, en échange du plan de paix avec Israël sous Carter et de délaisser le giron soviétique, deux milliards au pays en aide directe au gouvernement d'Hosni Mubarak. Il s'est prêté pour quelque temps au jeu avec des élections multipartites qui l'ont tout de même reconduit. Il a depuis emprisonné son principal concurrent du parti Libéral, Al Ghad sur des allégations fumistes. La trajectoire vers le pluralisme semblait sur la bonne voie mais Mubarak s'est astreint au minimum pour apaiser les Étasuniens et depuis, le défi pour plus de paix, de stabilité et une chance réelle pour le combat contre la dictature et la violence dans la pays s'estompe. Un mystère plane quant à l'absence de conditions pour l'aide fournie. Toutes les autocraties de la région s'en tirent avec des changements mineurs.
    Enfin, en p. B7, Le Hamas se nourrit de l'ennemie, il se sécurise par la haine, l'auteur Alan Kaufman du Los Angeles Times, d'obédience juive expose clairement l'obsession des Israéliens à recouvrir chacun de leur soldat fait prisonnier de guerre comme c'est le cas actuellement à Gaza. C'est tout le pays qui transpose le sort du malheureux militaire comme s'il était leur en propre : leur fils ou membre de leur famille. « La source est une intime perspective juive qui définit que la perte d'une seule vie juive s'apparente à la perte de l'univers — un code pour le peuple qui, à ce jour, se rappelle les fosses anonymes des six millions de juifs, incluant un million d'enfants, exterminés lors de l'Holocauste. »
    Tous prient pour le retour sain et sauf de Shalit. « Et il y a de la colère dans nos prières, transposée dans la réponse israélienne, ressentie dans notre chair et notre sentiment de trahison par le refus du Hamas, contrôlé par le gouvernement palestinien, d'accepter l'existence de l'État d'Israël. Il est devenu plus qu'évident que depuis le retrait de Gaza, et l'avènement du gouvernement Hamas, que même le désengagement ne suffit pas. Hamas, tel un amoureux plaqué et suicidaire, ne décrochera pas tant qu'Israël sera annihilé. »

    8, 9

    Le Devoir
    La démesure, l'aveuglement et le silence
    Gil Courtemanche
    « Pendant que les Palestiniens luttaient entre eux et se faisaient manipuler par l'Iran, la Syrie ou l'Arabie Saoudite, les Israéliens développaient une stratégie de la démesure. Celle-ci s'exprimait et s'exprime encore simplement. Elle ne possède plus aucune parenté avec la loi du talion, une dent pour une dent. C'est une mâchoire pour une dent, un corps pour une main, un village pour une chambre. C'est ainsi qu'on a envahi le Liban pour contrer quelques tirs de roquettes, fait massacrer par les milices chrétiennes des centaines d'innocents à Sabra et Chatila pour éliminer quelques terroristes présumés. Plus tard, pour venger les victimes des attentats suicides, on a envahi la Cisjordanie, emprisonné dans son bunker Yasser Arafat, détruit des milliers de maisons, érigé une frontière de béton qui contrevient à toutes les résolutions de l'ONU, multiplié les assassinats ciblés. Le message d'Israël a toujours été sans équivoque : vous en tuez un, nous en tuons cent. Que cette politique de la riposte massive n'ait fait qu'empirer la situation, ait contribué à l'émergence, à la consolidation et à l'élection du Hamas ne dérange absolument pas le gouvernement israélien. Après tout, comme le disent Bush et Harper à l'unisson : « Israël a le droit de se défendre. » Se défendre contre quoi ? Cette fois-ci, c'est contre l'enlèvement d'un soldat.
    « Sous prétexte de libérer le soldat tenu en otage, plutôt que de se livrer à des opérations normales de renseignement et à des opérations clandestines, on a massé des centaines de chars à la frontière de Gaza, détruit une centrale électrique privant d'électricité et d'eau potable 600 000 civils innocents, deux ponts. Jeudi, les attaques israéliennes ont provoqué la mort de 24 Palestiniens, portant à plus de 5000 le nombre de victimes depuis le début de la deuxième intifada. Le même jour, on traduisait en «justice» devant des tribunaux militaires 27 députés et ministres du gouvernement démocratiquement élu par la population.
    « C'est un peu comme si on avait donné un chèque en blanc au gouvernement israélien. On a dit à l'État israélien : vous détenez la puissance nécessaire pour endiguer les Palestiniens, faites comme bon vous semble. C'est votre problème, pas le nôtre. »

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    Cyberpresse
    L'ONU réclame un accès humanitaire immédiat à la bande de Gaza
    — AFP — La Presse p. A11
    « NEW YORK (Nations unies) — Le secrétaire général de l'Onu a noté que le bombardement le 28 juin par les Israéliens de la seule centrale électrique de la bande de Gaza à eu un impact "d'une portée incalculable" sur les hôpitaux et les systèmes d'égouts et de distribution de l'eau du territoire et a demandé que le gouvernement israélien remplace d'urgence les équipements détruits.
    « "Je renouvelle mon appel à tous ceux concernés d'exercer la plus grande retenue et de respecter leurs obligations en vertu des lois humanitaires internationales", a-t-il ajouté.
    « Les agences de l'Onu, travaillant dans les territoires palestiniens, ont averti que Gaza était au bord d'un désastre humanitaire à moins d'une action "immédiate et urgente". "Une situation déjà alarmante à Gaza avec un taux de pauvreté de près de 80% et de chomage approchant les 40% risque de se détériorer rapidement à moins qu'une action immédiate et urgente ne soit prise", ont déclaré les agences humanitaires des Nations unies dans un communiqué, soulignant que Gaza doit faire face à un manque d'énergie, d'eau et de vivres.
    « Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les hôpitaux et centres de soin ne disposent d'énergie pour pouvoir fonctionner que pour un maximum de deux semaines. L'alimentation en eau de la bande de Gaza a d'autre part été réduite des deux tiers et la situation alimentaire, déjà critique, a été aggravée par le manque d'énergie électrique, selon les agences de l'Onu.
    « "Bien qu'Israël ait des préoccupations légitimes de sécurité, la loi humanitaire internationale requière que les principes de proportionnalité et de distinction entre les civils et les combattants soient respectés à tout moment", a souligné de son côté le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme. » [Mme. Louise Arbour]

    10

    Cyberpresse
    Olmert rejette les critiques internationales
    Ron Bousso — AFP
    « JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien Ehud Olmert a rejeté lundi les critiques internationales contre l'offensive menée par son pays dans la bande de Gaza, s'affirmant décidé à la poursuivre le temps nécessaire.
    « Il a affirmé que l'opération « Pluies d'été » lancée fin juin et étendue le 5 juillet a pour seuls objectifs d'obtenir la libération d'un soldat israélien enlevé et faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes.
    « M. Olmert a affiché par ailleurs sa détermination à fixer jusqu'à la fin de son mandat en 2010, la frontière orientale d'Israël, avec ou sans accord avec les Palestiniens.
    « « On ne peut pas stopper le processus historique inéluctable de séparation entre Israéliens et Palestiniens », a-t-il dit. Cette séparation est, selon lui, «le seul moyen» qui permettra aux Palestiniens de réaliser leur rêve d'un État indépendant et de garantir la sécurité d'Israël. »
    Cyberpresse
    L'armée israélienne n'a pas réagi assez vite lors de l'enlèvement de Gilad Shalit
    — AP
    « TEL AVIV — Les forces israéliennes auraient réagi trop lentement lors de l'attaque palestinienne au cours de laquelle le caporal Gilad Shalit a été enlevé, alors qu'elles avaient été prévenues d'une possible attaque, selon le chef de la commission d'enquête de l'armée israélienne.
    « Le général Giora Eiland a qualifié l'incident du 25 juin, lorsque sept militants palestiniens ont traversé la frontière de la Bande de Gaza dans un tunnel avant d'attaquer un poste de l'armée israélienne, de "défaillance opérationnelle".
    « Quatre jours plus tôt, l'armée israélienne avait fermé la frontière à des observateurs européens, évoquant la crainte d'une attaque palestinienne. Le chef de la commission d'enquête a confirmé que l'armée était en possession d'informations lui permettant d'anticiper de tels problèmes. »

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    Le Devoir
    Israël resserre son étau sur Gaza
    Olmert défend le bien-fondé de l'offensive israélienne — AFP , Reuters , Libération , Le Monde
    « JÉRUSALEM — Éhoud Olmert a rejeté hier les critiques formulées contre l'offensive israélienne à Gaza, tout en se défendant de vouloir renverser le gouvernement du Hamas.
    « Le premier ministre israélien n'a par ailleurs fixé aucune date limite pour la fin de l'opération. « Nous n'avons pas établi un calendrier particulier. Elle se poursuivra dans certaines zones, par périodes, avec certaines mesures adaptées aux objectifs fixés », a-t-il dit.
    « Selon une source militaire citée par le quotidien israélien Haaretz, les opérations en cours pourraient durer au moins deux mois encore. Lors de la réunion du conseil des ministres, dimanche, le premier ministre Éhoud Olmert a évoqué « une guerre dont il est impossible de fixer de limite dans le temps ». Il a appelé l'opinion publique israélienne à la patience.
    « « Le Hamas a concocté cette fricassée mais maintenant, il doit l'avaler, a résumé en termes choisis le général Yossi Cooperwasser, qui commandait encore très récemment le Département d'analyse du renseignement militaire. Nous avons essayé d'éviter cette opération terrestre dans le nord de la bande de Gaza, mais le Hamas nous a forcé la main en tirant deux roquettes de nouvelle génération sur Ashkelon. Nous ne pouvions tolérer une telle escalade et avons décidé d'avancer vers les zones de tirs pour rendre plus difficile le travail des cellules de lanceurs. Cette offensive au nord n'est en rien contradictoire avec notre opération dans le sud, qui vise à obtenir la libération du soldat Gilad Shalit. Les deux mouvements se complètent. Nous n'avons pas fixé de limite de temps à notre offensive et nous ne comptons pas nous retirer avant que nous ayons de bonnes raisons de penser que nous avons atteint nos objectifs. »
    « « Nous ne pensons pas qu'Israël veuille réoccuper Gaza, estime Rafic Husseini, le chef de cabinet du président palestinien. Au contraire, l'idée forte qui fonde toute sa stratégie depuis le désengagement de septembre dernier consiste à ne plus rien avoir à faire avec les Palestiniens. Les Israéliens ont décidé que l'unilatéralisme était la solution à leurs problèmes, au détriment des négociations. Ainsi, les dirigeants palestiniens modérés ne trouvent-ils plus de partenaires en Israël. Et la population, voyant que la raison n'aboutit à rien, se tourne vers le radicalisme. » »
    Cyberpresse
    Israël intensifie son offensive à Gaza avec plusieurs raids et incursions
    Adel ZAANOUN — AFP
    « GAZA — L'armée israélienne a intensifié son offensive contre la bande de Gaza dans la journée de mardi, puis dans la nuit, avec plusieurs raids aériens et incursions terrestres qui ont alourdi le bilan des victimes à près de 60 Palestiniens tués en moins d'une semaine.
    « Le Premier ministre palestinien du Hamas Ismaïl Haniyeh a qualifié "d'agression, sous de faux prétextes" l'opération "Pluies d'été", lancée le 27 juin par Israël pour libérer un soldat, le caporal israélien Gilad Shalit, capturé deux jours plus tôt, et tenter de stopper les tirs de roquettes artisanales contre son territoire.
    « "Le caporal israélien "kidnappé" Gilad Shalit n'est que le prétexte à une tâche planifiée depuis des mois", a affirmé M. Haniyeh dans un texte publié par le journal américain Washington Post.
    « "L'invasion actuelle de Gaza n'est que le dernier effort en date en vue d'anéantir les résultats d'élections libres et justes tenues au début de l'année", estime-t-il.
    « M. Haniyeh a par ailleurs mis en garde contre une "tragédie humanitaire" dans la bande de Gaza, lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement.
    « Le président palestinien, Mahmoud Abbas, de retour à Ramallah après une visite en Jordanie, a de son côté appelé à la fin des "actes barbares".
    « "L'agression israélienne doit s'arrêter et Israël doit cesser de viser les civils et les institutions civiles. Les actes barbares doivent s'arrêter", a-t-il dit.
    « L'organisation humanitaire Médecins du monde (MDM) a par ailleurs demandé mardi au gouvernement israélien de "cesser ses attaques sur les civils palestiniens" et dénoncé une dégradation de la situation sanitaire à Gaza depuis l'incursion israélienne. »

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    Deux réactions opposées à des articles précédents sont publiées dans Le Devoir ce qui marquera la fin de cette première tranche de notre couverture :

    Le Devoir, Idées, en réponse de l'arcticle du 27 juin ;
    Un nouveau négationisme
    , André Le Corre ; Membre de PAJU (Palestiniens et Juifs unis)
    « Tous ceux et celles qui sont épris de paix et de justice pour le Moyen-Orient n'ont pu qu'être atterrés de lire dans Le Devoir, sous la rubrique «Libre opinion», l'article du professeur Jean Ouellette intitulé « Aimer ou démoniser Israël ? ». Se montrer plus sioniste que les sionistes est un tour de force que M. Ouellette réalise avec la plus grande mauvaise foi et le cynisme le plus total.
    « Il ne vient à l'idée de personne de sensé de nier l'Holocauste et la réalité des chambres à gaz où périrent six millions de Juifs. Le faire, c'est s'exposer, à juste titre, à être poursuivi par la loi. Or le professeur Ouellette passe complètement sous silence la Nakba (mot arabe qui signifie catastrophe) qui a chassé de leurs maisons et de leurs villages près de 3 700 000 Palestiniens depuis 1948, sans compter tous ceux qui furent purement et simplement massacrés. Est-ce là «le rêve nostalgique de Sion» dont nous parle M. Ouellette ?
    « Mais laissons plutôt la parole à un collègue de M. Ouellette, le professeur Arnon Sofer, professeur de géographie à l'Université de Haïfa (cité par le Jérusalem Post du 21 mai 2004) : « Quand 2,5 millions de personnes vivront dans l'espace clos de Gaza, cela va être une catastrophe humaine. Ces gens deviendront encore plus animaux qu'ils ne le sont aujourd'hui avec l'aide d'un islam fondamentaliste dément. La pression à la frontière sera effrayante. Ce sera une guerre terrible. Alors, si nous désirons demeurer en vie, nous devons tuer, tuer et tuer. Toute la journée, chaque jour. Si nous ne tuons pas, nous cesserons d'exister. La seule chose qui me préoccupe est comment faire pour que les garçons et les hommes qui auront à faire cette tuerie soient en mesure de rentrer chez eux, avec leurs familles, et demeurer des êtres humains normaux. »
    « Ce qui se passe actuellement à Gaza est, malheureusement, la triste illustration de cette épouvantable prophétie. Il n'est pas nécessaire d'en dire plus pour démontrer où peut mener une idéologie telle que le sionisme. »
    Le Devoir, Idées, en réponse de l'arcticle du 5 juillet : Urgence en Palestine : le Canada doit agir ! ;
    Les irréductibles
    ; Julien Bauer, Professeur au Département de science politique — UQAM
    « Le Devoir a publié un texte signé par une dizaine de personnes, dont plusieurs professeurs d'université, pour blâmer Israël de la situation au Proche-Orient. À les croire, non seulement le Hamas n'est pas coupable mais, bien mieux, il est victime des méchants Israéliens.
    « Histoire récente, vous avez sans doute entendu parler du retrait total d'Israël de Gaza, en août dernier, retrait de l'armée et de la population civile israélienne. Les signataires du texte n'en soutiennent pas moins que Gaza est toujours occupé. Pour eux, l'attaque du Hamas contre une installation militaire en Israël, à l'extérieur de Gaza, est légitime car l'armée israélienne est une armée d'occupation même en territoire israélien. Cette terminologie n'est pas une erreur. Tant de collègues ne peuvent être aussi ignorants.
    « Lorsque Israël s'est retiré de Gaza, les Palestiniens ont eu l'opportunité de montrer comment ils pouvaient gérer leur propre État. On a vu ce que cela a donné : destruction par les Palestiniens eux-mêmes des infrastructures agricoles créées par les Israéliens, élection d'un gouvernement jusqu'au-boutiste, poursuite des attaques quotidiennes contre la population civile israélienne, bref la preuve que les Palestiniens préfèrent la guerre à la paix.
    « Même ceux qui ont des sympathies pour les Palestiniens se posent des questions. Nos irréductibles ne se posent aucune question. Ils savent que, quoiqu'il arrive, ils continueront à blâmer Israël. »



    Le 12 juillet marque un tournant dans la crise en Israël. Comme on a pu le constater, Israël a essuyé des critiques virulentes pour sa réaction effrénée au rapt d'un seul soldat à la limite de Gaza. Mais cela n'était qu'un prélude pour ce qui se tramait dans le nord. L'escalade s'en­suit par l'enlèvement de deux autres soldats à la frontière du Liban qui va créer le chaos total.

    Malgré les efforts d'impartialité dans le décompte des événements jusqu'ici en tentant d'exposer toutes les positions, l'objectivité doit faire ressortir les faits comme ils sont relatés ; et la capacité de lire entre les lignes. Si les circonstances penchent majoritairement vers une lecture plus indulgente pour un camps qu'à un autre, cela doit obligatoirement ressortir.

    Trois jours après la crise à Gaza, le 28 juin on a vu que déjà : « L'armée israélienne a été mise en état d'alerte renforcé mercredi à la frontière avec le Liban [...]. Cette mesure a été prise de crainte que la milice chiite libanaise du Hezbollah ou d'autres organisations tentent de provoquer une escalade en lançant des attaques dans la région frontalière ». Cette pous­sée vers le nord n'a-t-elle pas pu être une provocation pour d'autres à se joindre à la lutte ?

    Nous apprenions aussi que le 10 juillet, l'armée israélienne aurait été trop lente à réagir à l'incident du 25 juin. Elle avait été prévenue d'une possible attaque, selon le chef de la commission d'enquête, le général Giora Eiland qui a parlé de « défaillance opérationnelle ».

    « Quatre jours plus tôt, l'armée israélienne avait fermé la frontière à des observateurs euro­péens, évoquant la crainte d'une attaque palestinienne. Le chef de la commission d'enquête a confirmé que l'armée était en possession d'informations lui permettant d'anticiper de tels problèmes. » Cela ajoute beaucoup de crédibilité aux thèses du Hamas qu'Israël cherche noise et joue du muscle pour tirer profit du conflit. Nos pensées vont vers Noam Shalit, père du soldat capturé. Il appelle lucidement à la négociation, à l'échange de prisonniers et rap­pelle que : « On ne pourra pas régler le problème du Moyen-Orient sur le dos de mon fils. »

    L'état de la situation au 12 juillet
    Couple A : La situation va en empirant, malgré le retrait d'Israël de la bande de Gaza, et elle va atteindre des niveaux encore plus affligeants avant qu'elle s'améliore, si jamais le problème se résout. À cet effet voici un point de vue tempéré qui rejoint une majoritéIX :

    « On peut presque toujours trouver une solution aux problèmes politiques. Pourtant, au Proche et Moyen-Orient deux problèmes semblent insolubles, posant des équations impossibles à résoudre : L’éternel conflit israélo-palestinien et, maintenant, la question irakienne.
    « En Palestine occupée, deux peuples revendiquent la même terre. Des deux côtés, les opposants sont polymorphes, allant des modérés qui voudraient s’entendre, aux radicaux extrémistes qui font parler les armes et sauter les bombes. Ces derniers considèrent le problème comme un jeu à somme nulle, où il faudra un gagnant qui aura tout et un perdant qui n’aura rien. Mais le Hamas peut-il raisonnablement espérer faire quitter tout le pays aux colons juifs, et les extrémistes sionistes pensent-ils éliminer tous les Palestiniens ? Les Palestiniens veulent un État, et les Israéliens veulent la sécurité. Les Palestiniens n’auront leur état que lorsque les Israéliens auront la sécurité, et les Israéliens n’auront la sécurité que quand les Palestiniens auront leur état. Ce sont les contraintes des équations à résoudre, qui doivent être acceptées des deux côtés. Comme cela fait plus d’un demi-siècle que tout le monde le sait mais que personne n’arrive à se mettre d’accord, on se demande s’il est encore permis d’espérer. »

    Chute sans fin
    Que de mots pour tenter d'éclairer tant soit peu un état de faits au dénouement inquiétant. Merci d'être encore là si vous l'êtes toujours. Et nous n'avons même pas aborder la conjonc­ture du Liban qui a embrasé la planète de réactions d'indignation ou d'accolades : des postu­res exacerbées, de la désinformation, de la manipulation éhontée, une diffamation haineuse.

    Le couple A est assiégé de part et d'autre par le terrorisme. Il est une façon d'interpeller sur les grandes détresses que vivent des pans et peuples entiers non sans sans le justifier d'aucune manière. Si on s'attaquait à éradiquer les causes, peut-être si nous pouvions régler quelques récriminations justes, alors peut-être que le terrorisme s'en trouverait diminuer.

    Trouver le problème à la sources oui mais le problème c'est de trouver la source. Ou parlons plutôt de racines, nervures, qui courent dans toutes les directions en un treillage inextricable. Mais aussi des gros cordages qui causent fissures et cassures au sous-sol, aux fondements du bâtiment commun. Les déraciner exigent des béliers mécaniques, des fixes drastiques.

    Fixe ! Interj. : commandement militaire prescrivant de se tenir immobile => garde-à-vous ; le Robert illustré. C'est de cela qu'il faudrait parler ; plus qu'un cessez-le-feu mais bien d'un garde-à-vous qui devient de facto fou d'immobilisme au lieu des fous de Dieu. Le problème au Proche-Orient est insoluble parce que l'on se répond « de la bouche de mes canons ».

    La loi du Talion atteint là-bas une démesure inégalée. Le plus fort veut imposer sa force en exigeant que l'autre se désarme tout en conservant et en augmentant sa capacité de frappe, de punir. C'est insensé. Les deux belligérants doivent être désarmés, par une nouvelle armée multi-nationale au casque rouge qui frappe, guerroie — suggestion entendue sur les ondes d'une radio — et non par des casques bleus qui font des signes de la croix quand on les vise.

    Mais tout ça est du vent, l'industrie de l'armement est trop profitable, plus que celles des hautes finances, pharmaceutiques, des monopoles d'États, etc. Mais justement, on désarme par les armes et l'industrie s'en trouve sauve. On peut rêver que la guerre éradique la guerre !

    Le couple B n'est pas en meilleur état et les issues tout aussi ambiguës. On parle ici d'un couple « de souche », souche dont l'essence même est de pourrir en lieu et place où l'arbre qu'elle sustentait est abattu. Notre couple n'a plus de racines, croupit, se crampe autant dans des positions immuables, irréconciliables, refusant aussi de voir la position de l'autre. Cela ne veut pas dire que les deux camps sont d'égal à égal, que chacun doit concéder moitié-moitié.

    L'exercice peut être plus ardu et complexe pour un camp que pour l'autre, stimulant au déni. Des relents au Québec font qu'on accepte difficilement qu'un puisse jouir d'avantages sur le groupe : « Pour qui tu te prends ? ; T'es pas mieux que moi ou qu'un autre ! », expressions courantes du dialecte local. Encore un legs du catholicisme qui rend tous égaux sous Dieu.

    Il n'est pas nécessaire de se bonifier pour soi mais de regarder si l'autre fait quelque chose qui le démarquerait, le ferait sortir du lot, du troupeau. Alors là non ! Il ne peut pas être meil­leur ou ce n'est qu'un vaniteux, un vulgaire qui brise les rangs. Hypocritement et ouvertement, celui qui se singulariserait en mettant honnêtement à profit pour lui et sa famille des attributs qui dépassent la masse est rabaissé. Ça se vit à tous les niveaux : du couple et du peuple.

    Il faut bien dire que ceux qui l'ont fait maladroitement, malhonnêtement ont été et sont encore si nombreux que la critique est inévitable devant tant d'évidences de pitreries. Toujours la maudite survie qui a tant rendu des nôtres à se subordonner devant une autorité usurpée.

    Notre couple a beaucoup de chemin à parcourir, pour voir et reconnaître des forces distinctes qui se complètent plutôt qu'elles se rivalisent. Il y a un gros travail pour en arriver là, une con­frontation continue, une petite guerre au quotidien. Une lutte que guère relèvent, qui laissent faire, abdiquent ou se séparent, aux dommages dévastateurs pour nos enfants, notre avenir.

    Les hommes ont subi et souvent subissent encore les critiques au Québec : des « lâches, irresponsables, pouilleux, chiens sales, paresseux, souillons, ivrognes, etc. ». Il peut aimer à la folie et au premier contre-coups, devenir laid, se faire dire « tes mousses tu ne les verras plus, « décrisse d'icitte », Fathers for justice preuve extrême que ça existe. Son opposé aussi.

    Des grandes gueules de la radio disent qu'une large frange des femmes souffre d'un déficit mental : de l'ineffable Roger Drolet qui parle du « bag », qu'on ne les confronte pas, jamais ! ; du grossier Pierre Mailloux qui dit vouloir déboulonner le mythe de la sainte mère au Québec : d'aucunes seraient des « chiennes, vaches, torches » qu'il faut rejeter tel du papier-cul souillé.

    Beaucoup ont cessé d'évoluer au Québec comme les messieurs précédents. Ils deviennent fous-furieux, dégénérant toujours plus en vieillissant et qui n'ont rien à envier aux aliénés fa­natiques et aux faucons de la guerre du Proche-Orient. À la guerre comme à la guerre. Toutes les techniques de guérilla sont permises ici comme là-bas. Il faut choisir ses guerres et la plus proche devient la priorité pour sa survie en propre et collective, ne laissant personne en plan.

    Le but visé est de faire en sorte que le plus grand nombre soit un peu plus sur la même lon­gueur d'onde et qu'il croît. Il faut choisir les points d'attaque à mettre en branle, les batailles prioritaires à mener. Notre combat sur le plan personnel est simple à entreprendre ; ne pas accepter les inégalités flagrantes au sein des cellules familiales, et par extension au sein de toute la société. Quant au Proche-Orient, ils auront encore beaucoup de sang sur les mains avant que leurs inégalités s'amenuisent. Que nous nous désolions et fustigions le fanatisme s'ils s'entre-tuent n'y changera rien. Ils sont fous et nous aussi. Attaquons-nous à notre folie.

    Paul p. Pluteau/PpP


    I
    La naissance d'Israël et ses conséquences ; David Ben-Gourion 14 mai 1948, Med Intelligence
    II
    III
    Naissance d’Israël : 14 mai 1948 ; Kamuko, OULALA.net, 20 juin 05
    IV
    Palestine, L'institut du Monde Arabe
    V
    Les Palestiniens, un peuple privé de ses droits, François Grégoire ; Professeur de sciences politiques au Cégep Édouard-Montpetit ; Essai, Montréal, Lanctôt Éditeur, 2004, 187 pages
    VI
    Propos tirés de : L'héritage de Duplessis
    VII
    Israël a 50 ans ; Aïda Zénova, Sophie-Hélène Lebeuf
    VIII
    IX
    Les équations impossibles du Proche-Orient. ; Meursault OULALA.net, 28 août 03

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    31 juillet, 2006
    « La religion [la guerre] des peuples » — Israël, un cas d'espèce
    ppp@videotron.ca
    FINAL

    Les sujets à aborder ne manquent pas et en cette fin du mois, nous ne pouvons qu'aborder le sujet de l'heure : la guerre au Proche-Orient. Vous savez que nous prisons les thèmes constructifs dans ces pages. À prime abord, le sujet d'aujourd'hui semble des plus rébarbatifs. Il l'est ! Comment se faire une idée sur ce qui s'y passe sans partis pris ? Comment ne pas tomber dans le jeu de la propagande et se voir accuser d'extrémistes, de part et d'autre ?

    Notre revue positive des événements n'en souffrira pas trop pour autant. Nous allons contrer certains arguments mensongers, ce qui est déjà un pas en avant. Un fois les constats mieux établis, nous éluciderons ce que nous croyons être des voies et contributions pragmatiques.

    Les points de vues exprimés ici proviennent de Québécois à la sensibilité francophone et francophile. Il y a déjà là un point de rattachement avec les compatriotes libanais naturalisés canadiens car ils parlent dans l'ensemble un excellent français. Cela nous distingue de l'axe américano-anglais, incluant le reste du Canada (ROC), plus portés à appuyer le « droit de se défendre » d'Israël, mantra assommoir, non grata, pour éliminer toute contestation d'opinions.

    Nous nous y connaissons en « droit de se défendre » au Québec dû à notre long combat pour la survie. Nous parlons ici de combat parce qu'à des exceptions près (le FLQ, groupus­cule sans portée à long terme ou les rébellions de 1837, 38), nos luttes ont été pacifiques.

    Il faut lire l'excellent article pour la sauvegarde pour la maison Louis-H. Lafontaine, listant ses hauts faits d'armes des années 1840-50 : La mémoire du passage du Canada à la démocra­tie ; Le Devoir*, Jacques Monet, 27 juil. 06. Aussi à lire l'historique de la guerre au Proche-Orient : La 6e guerre israélo-arabe - Le Canada ne serait-il pas à l'origine de la crise ? ; Le Devoir, Jean-Claude Leclerc, 31 juil. 06 ; Israël « un rempart avancé de la « civilisation » » ?

    Constats
    Constat 1 : la situation de tout l'Orient, (Proche, Moyen, Extrême) versus la position d'Israël est trop complexe pour que nous en saisissions toutes les agitations et que donc que nous puissions porter un jugement de valeur. Aussi bien nous dire de nous la fermer. Hé bien non !

    Il est vrai que les ramifications remontent dans la nuit des temps, bien avant notre ère ap. J.-C. Sujet sans fin s'il en est un mais cela ne signifie pas que même avec une vision plus cour­te, qu'on puisse avoir une idée assez juste. On entend souvent les accusations : « Vous ne comprenez rien » quand ce n'est « vous êtes juste un ignorant » de supposés experts. Ne se­raient-ils pas que des propagandistes, souvent de l'extrême-droite, coupés à tout dialogue ?

    Ce sont les plus dangereux dans le débat en cours. Il faudrait être docteur en théologie, en art de la guerre, en Histoire, aux supplices, martyrdom, des peuples, surtout l'élu, pour parler.

    Constat 2 : la guerre arabo-juive ou d'Israël serait-elle une guerre sainte ou de religions qui n'auraient d'autres façons pour se résorber que la force militaire et que nous serions obliger de l'accepter ; hé bien encore non ! Nous n'avons pas à être que des simples spectateurs.

    Israël est peuplé de sept millions d'Israéliens plongés dans une mer de 300 millions d'Arabes. Qu'est-ce que cela vous rappelle ? Le Québec dans la mer d'anglophones de l'Amérique du Nord ? Là, mettons que nous serions équipés, disons par la Russie ou la Chine, de la bombe nucléaire, des derniers armements technologiques et que, par procuration aux puissances, nous utilisions le Vermont, l'Ontario comme champs de pratique pour vérifier leur efficacité.

    N'oublions pas que tout le Canada et les É.-U., selon ce scénario, ne possèdent aucune de ces armes. Nous serions, au Québec les maîtres du continent et tous devraient se plier à no­tre volonté. Nous annexerions de facto les régions limitrophes pour notre expansion. Ah oui, nous nous protégerions contre les attaques aux tire-pois des annexés pour résister tant soit peu en on leur larguant toutes nos bombes sur la tête parce qu'ils sont des « extrémistes ».

    Cela ne saurait être possible. Nous n'avons pas une diaspora dans le monde pour nous mon­nayer. Et aucune puissance pour nous utiliser et c'est tant mieux. Pardonnez l'excentricité.

    Concernant la bombe nucléaire, la guerre actuelle détourne l'attention, sur la guerre en Irak, sur le désaveu complet des Étasusiens de leur président mais surtout, sur les tentatives de l'Iran de se doter de l'arme ultime. Les propagandistes de la guerre l'accuse justement de soutenir le Hezbollah au Liban pour détourner l'attention, continuer à la fabriquer en catimini.

    Justement à ce propos, des pays aussi dangereux, l'Afghanistan, la Corée du Nord et même Israël possèdent la Bombe et en quoi le fait pour l'Iran de l'avoir serait plus hasardeux ? Cela ne rétablirait-il pas l'équilibre des forces, servir de dissuasion ? Voir : Instaurer une guerre froide pour favoriser la paix au Proche-Orient, Le Devoir, Julien Tourreille, 29 et 30 juil. 06.

    Constat 3 : le Québec serait antisémite dû à un vieux fond catho remontant à l'Abbé Lionel Groulx des années 1930 et 40 que nous nous serions jamais débarrassés. C'est la thèse développée dans l'article : La bêtise de nos élites ; Le Devoir, Jean Renaud, 29 et 30 juil. 06.

    Renaud prend à parti toute l'intelligentsia québécoise, jusqu'au Haut Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU, Madame Louise Arbour pour avoir montrée un semblant de sentiment envers le mauvais sort subi par les Libanais. Bien sûr, il y a le Hezbollah à combattre mais comme le disait Gilles Duceppe, et les bonnes citations ne sont pas trop nombreuses pouvant lui être attribuées, « on prend un marteau pilon pour tuer une mouche-là ». 98,5Fm, Couvre-feu, 28 juil. 06. Il parlait de « démesure » et d' « exactions » commises par Israël.

    Les commentaires ne sont pas tendres au Québec envers Israël, son protecteur les É.-U. et l'appui aveugle de l'actuel gouvernement Harper du Canada. À lire à ce sujet, en autre : Le Canada et le Liban - Barbarie d'un autre siècle ; Le Devoir, Philippe Le Roux, 28 juil. 06.

    Les critiques les plus dures proviennent sont sans aucun doute de Stéphane Gendron sur les ondes du 98,5Fm. Il compare la bande de Gaza à un camps de concentration à ciel ouvert, ne comprenant pas pourquoi un peuple qui a tant souffert, les Juifs, fait subir un sort aussi atroce à un autre peuple. Il traite Harper de nez brun, de caniche de Bush, ce dernier d'ex alcoolo, de faux fou de dieu repentant, MacKay, le ministre des Affaires extérieures, de porteur de valises et le pire, il a été juste qu'à déclarer : « Ben le 11 sept. je pense que les A­méricains ont peut-être eu ce qu'ils méritaient. » Les mâchoires tombent littéralement. Ouch !

    De dénoncer la servilité des É.-U. aux intérêts d'Israël et de ses conséquences serait un au­tre exemple d'antisémitisme perçu que M. Renaud aurait sûrement aimé ajouter à son brûlot. C'est bien de cela dont il s'agit, peut-être même d'une commande payée. Il s'attribue tous les droits de liberté de parole, d'agir en ne les reconnaissant nullement aux opinions divergentes.

    Qui est ce Jean Renaud ? En sous titre de l'article du Devoir, on lit : Directeur de la rédaction, revue Égards. Ah ! Et sur la bannière du site de la revue, y est écrit : « Revue de la résistan­ce conservatrice » Ah, Ah !! On fait ici dans le néo-conservatisme comme pour Le Québécois libre : « Un regard libertarien sur l'actualité », ou pour l'Éloge de la richesse d'Alain Dubuc.

    Mais revenons à Jean Renaud ; derrière des diktats de moins d'étatisme, nous en sommes, de plus de liberté aux citoyens, nous en sommes, se dissimule une haine de toute opinion dissemblable et peut-être encore plus, de tout esprit qu'il juge inférieur et négligeable. C'est là où nous différons, furieusement. M. Renaud a décidé de citer Charles-Ferdinand Ramuz en mot d'appel :«L´économique n´est pas tout. L´homme est aussi payé, il est surtout payé, par les égards. » Aussi bien dire la loi du plus fort, les égards étant ce dont on peut arracher.

    Les néo-conservateurs se justifient toujours pour la bonne fortune qu'ils chérissent jouir : « On a travaillé fort pour la mériter. » ; « Que les autres fassent comme nous autres. » ; « S'ils sont trop bêtes, qu'ils s'arrangent tout seuls. » Ils parlent de compassion sans qu'on en décèle la moindre parcelle. En cela, ils rejoignent une majorité de la diaspora juive qui chérit et abuse du pouvoir de l'argent. Est-ce antisémite d'avancer qu'ils sont, en majorité, matérialistes ?

    Les leçons du passé ne semblent jamais apprises. Le pouvoir de l'argent sert à faire valoir, mais jamais il ne devrait subjuguer ; les pronostics sont trop laids. Voici quelques citations en vrac, dites ce matin au 98,5Fm et qui ne manqueront pas d'enrager un peu plus M. Renaud.

    • Concernant le « droit d'Israël à se défendre » l'argumentaire : « Est-ce qu'on a le droit de toujours avoir raison, de ne jamais se mettre en doute. C'est ça qui mène aux guerres. », Marie-Louis Arseneault
    • « Ça fait très moyenâgeux comme discussion. », Marie-Louise Arseneault
    • « Il n'y a pas de conflits sans confrontations. », un auditeur
    • « Il n'y a pas de solutions tant que Israël sera soutenu par le roi des terroristes « George Bush ». », un auditeur
    • « Le terrorisme a le dos très large et que de plus en plus de personnes fit la description. », André Ducharme
    • « Ce n'est pas du terrorisme mais de la guérilla parce que quand on a juste des lance-pierres pour se défendre, c'est de la guérilla. », un auditeur
    • « Le méchant c'est toujours celui qui essaie de t'enlever ce que tu as. », André Ducharme
    • « Tant qu'il y a pas d'écoute, les gens qui nous appellent monologuent et ça c'est la source du problème aussi. », Marie-Louise Arseneault
    Mais tout de même un remerciement à M. Renaud pour nous avoir lancé sur une piste de réflexion. Dans son texte, on y lit : « Beaucoup de catholiques, pratiquants ou non, sont imprégnés d'une espèce de marcionisme inconscient. » Qu'est-ce que cela, marcionisme ?

    Nous partageons avec vous le fruit de nos recherches que nous croyons instructives. Nous parlons ici de religion, remontant aussi loin qu'aux ères av. et ap. J.-C. Gardons les choses le plus simple possible. On ne nous accusera pas d'être des bougres, des cancres longtemps.

    Généalogie des religions
    Nous commençons ici par Marcion** :

    • Marcionisme : Mouvement hérétique dualiste fondé par Marcion au IIème siècle.

    MARCION
    [.] Marcion du Pont ou de Sinope, hérésiarque de la fin du premier siècle et de la première moitié du deuxième siècle ; condamné comme hérétique par l'Église sous Saint Pie 1er et chassé de l'Église de Rome, il fonda une "Église" dissidente.
    [.] La doctrine de Marcion est que le père de Jésus infiniment bon, est un dieu différent de celui de l'Ancien Testament infiniment mauvais...
    [.] Marcion rejette donc en bloc l'Ancien Testament comme écriture inspirée et retient que l'Évangile selon Luc, les Actes des Apôtres et dix épîtres de Paul (il ne retient pas, ou ne connaît pas celles à Timothée et à Tite).
    [.] Marcion, par cette sélection, va pousser l'Église à se poser la question du canon.

    La question du canon est ici importante parce que ce sont les normes ou règles des Églises. « Il désigne dans toutes les religions l'ensemble des textes considérés comme sacrés et régissant le culte. » Ce qu'il y de plus important à retenir et ce à quoi M. Renaud fait sans doute allusion, c'est le rejet de l'Ancien Testament que les Juifs invoque comme la pierre d'assise des revendications israéliennes sur les terres de Judée et du Grand Israël. Mais il y a plus :

    SA PENSÉE
    [.] Ils jeûnaient le samedi par pure hostilité au dieu juif.
    [.] Quand le 'Marcionisme' disparut définitivement, ses adeptes rejoignirent généralement les groupes manichéens.
    [.] Marcion était-il gnostique ?

    Nous y voilà donc, nous assimiler à Marcion, c'est nous déclarer antisémites. Mais qui sont les manichéens et les gnostiques ?

    • Manichéisme : Doctrine religieuse de Manès, selon laquelle il y a deux principes premiers, le Bien et le Mal. • Conception dualiste et simplificatrice qui considère les choses soit comme bonnes, soit comme mauvaises.

    Manichéisme*** : Son principe est la lutte du Bien et du Mal, du royaume de la Lumière et de celui des Ténèbres, de l'esprit et de la matière. L'homme a été créé par un démiurge mauvais, donc le corps fait de matière est mauvais, il est le mal originel. Par contre l'âme est un fragment de Lumière enfermé dans le corps, dont elle essaie de se libérer. Il faut donc renoncer au monde et pratiquer l'ascétisme pour se spiritualiser et parvenir à la libération de l'âme qui est l'objectif premier du manichéisme.
    La gnose, "connaissance réelle" peut donner l'illumination.
    Le manichéisme se développa en Iran, à Rome, en Gaule, en Chine, avant d'être éliminé par christianisme, l'islam et le bouddhisme. Cependant certaines formes du manichéisme subsistèrent dans le courant augustinien, dans le jansénisme et chez les cathares.
    Le terme manichéisme s'emploie également au sens figuré pour une doctrine, une vision de la réalité ou une opinion opposant le Bien et le Mal.

    Démiurge : divinité créatrice et organisatrice du monde. Nom donné par Platon (La Timée) au Dieu organisateur qui créa le monde à partir de la matière préexistante. Dans le gnosticisme, c'est une divinité têtue, irascible et ignorante, émanée du vrai Dieu, et la cause du mal par sa création désastreuse qui mêla la matière à l'étincelle divine.
    [.]Par extension, le démiurge désigne en littérature le dieu créateur dans diverses cosmogonies.

    LA BASE DU MANICHÉISME
    La base du manichéisme est de diviser l'univers en deux :
    • d'un côté le bien et le royaume de la lumière
    • et de l'autre le mal et le royaume des ténèbres
    [.] Selon le manichéisme, la lumière et les ténèbres coexistaient sans jamais se mêler. Mais suite à un évènement catastrophique, les ténèbres envahirent la lumière. De ce conflit est né l'homme, son esprit appartient au royaume de la lumière et son corps (la matière), appartient au royaume des ténèbres.
    [.] Cette lutte entre le bien et le mal est le fondement du manichéisme. Pour qu'un homme puisse une fois sa mort arrivée atteindre le royaume de la lumière, il faut qu'il abandonne tout ce qui est matériel.

    LA VIE DES MANICHÉENS
    Deux groupes de manichéens existaient :
    • les élus : qui passaient leur temps à prêcher, pratiquaient le célibat et étaient végétariens. Après leur mort, les élus étaient assurés d'atteindre le royaume de la Lumière ;
    • les auditeurs : ils devaient servir les élus, pouvaient se marier (mais il leur était déconseillé d'avoir des enfants) et pratiquaient des jeûnes toutes les semaines. Après leur mort, les auditeurs espéraient être réincarnés en tant qu'élus.
    [.] Pour que le royaume de la lumière triomphe sur les ténèbres, il faut que tous les élus et les auditeurs atteignent le royaume de la lumière. En réalité, ce n'est pas vraiment un triomphe que les manichéens recherchent, mais un retour à l'état originel, la séparation du bien et du mal. Car selon le manichéisme, il est impossible de triompher du mal, car le mal est indestructible. Le seul moyen d'être totalement dans le royaume de la lumière, c'est de fuir les ténèbres.

    On comprend pourquoi les manichéens n'existent plus, décourageant d'avoir des enfants. Peut-être que c'est ce que M. Renaud voulait aussi dire de la perdition des Québécois. Plutôt était posée la question du gnosticisme de Marcion. Voyons ce dont il s'agit mais avant le dualisme :

    • Dualisme : Système religieux ou philosophique admettant deux principes opposés.• Caractère de ce qui se compose de deux éléments.

    Dualisme : doctrine religieuse selon laquelle la réalité, la matière et l'esprit, le corps et l'âme sont constitués de deux principes antagonistes, le Bien et le Mal, en lutte perpétuelle l'un contre l'autre, le bien finissant par l'emporter. Le zoroastrisme repose sur le dualisme.
    En philosophie, le dualisme correspond à la description, pour un domaine donné, de deux entités, deux principes inséparables, nécessaire et irréductibles l'un à l'autre et qui coexistent depuis l'origine (ex: esprit et matière).

    DUALISME
    [.] En philosophie de l'esprit, le dualisme se réfère à une vision de la relation matière esprit fondée sur l’affirmation que les phénomènes mentaux possèdent des caractéristiques qui sortent du champ de la physique. L’idée de la dualité corps/esprit est vraisemblablement apparue chez l’homme en même temps que l’homme lui-même, lorsqu’il a commencé à émettre l’hypothèse de l’existence d’une âme incorporelle (ou esprit), vecteur de son intelligence et de son savoir. Ces idées apparaissent pour la première fois dans la philosophie occidentale avec les écrits de Platon et Aristote, qui affirment, pour différentes raisons, que l’ "intelligence" de l’homme (une faculté de l’esprit ou de l’âme) ne peut pas être assimilée ni expliquée par son corps matériel.
    [.] La version la plus connue du dualisme a été formalisée par René Descartes (1641), qui a soutenu que l’esprit était une substance immatérielle. Descartes fut le premier à assimiler clairement l’esprit à la conscience, et à le distinguer du cerveau, qui est selon lui le support de l’intelligence. Ainsi, il a été le premier à formuler le problème corps/esprit de la façon dont il est présenté aujourd’hui.

    Cette définition philosophique s'accompagne d'une autre**** : « Dieu et Satan sont co-éternels, il y a le bien et le mal, l'esprit et la matière : il nous faut aider le bon coté pour le triomphe du bien. » Et maintenant au gnosticisme :

    • Gnosticisme : Doctrine des gnostiques (hérétiques d'Égypte et de Syrie qui suivaient la gnose, c'est-à-dire un système mêlant les doctrines orientales et les idées chrétiennes.• Pour le gnosticisme, seule l'expérience intérieure de l'initié est susceptible de reconduire à la connaissance de Dieu et de soi-même.

    Gnosticisme / gnostique : doctrine philosophique et religieuse fondée au début du christianisme et portée par plusieurs sectes chrétiennes hétérodoxes. Elle est basée sur l'ésotérisme, l'intuition et l'illumination soudaine. Ce n'est pas une religion proprement dite, mais une doctrine née de la rencontre d'influences judaïques, chrétiennes et hellénistiques. Le gnosticisme oppose la matière, créée par un démiurge mauvais (éon déchu) représentant le mal, et le spirituel représentant le bien. Dans ce dualisme, le salut de l'homme passe par le rejet de la matière et par la connaissance de l'absolu et des choses divines (la gnose). Ce mouvement a eu une influence durable en Asie, sur le pourtour de la Méditerranée et en Europe centrale, notamment au Moyen Age.

    L’ORIGINE DES GNOSTIQUES
    [.] Gnose signifie « connaissance parfaite ». Ce qui caractérise les mouvements gnostiques n’est pas cette « connaissance », que d’autres traditions prétendent aussi posséder, mais plutôt la définition de Plotin : « Ceux qui disent que le Démiurge de ce monde est mauvais et que le Cosmos est mauvais ».
    [.] Devant les prétentions extravagantes de certains auteurs gnostiques, les Pères de l’Église, suivis par les historiens anciens et modernes, ont nié l’existence d’un enseignement ésotérique pratiqué par Jésus et continué par ses disciples. Mais en pratique toutes les religions de cette époque avaient un enseignement ésotérique…

    DESTIN DU GNOSTICISME
    [.] En Orient, l’invasion de l’islam permit aux sectes de survivre. Aux confins de la Mésopotamie et de l’Iran certaines sectes survécurent jusqu’au XIIe siècle.
    [.] On trouve une influence du gnosticisme chez les musulmans chiites. Ces traces sont particulièrement fortes chez les druzes.

    On voit pointer la percée de l'Islam qui a toujours été une religion qui a cherché à annihiler.

    LES THÈMES PRINCIPAUX
    [.] Presque tous les thèmes mythologiques et eschatologiques (ensemble des doctrines relatives aux fins dernières de l'homme et du monde) mis en œuvre par les auteurs gnostiques sont antérieurs au gnosticisme. Ce qui caractérise le gnosticisme est la façon dont ces thèmes sont réinterprétés. C’est la révélation d’une « histoire secrète », c’est un mythe total : l’origine et la création du Monde ; l’origine du Mal ; le drame du Rédempteur divin descendu sur Terre afin de sauver les hommes ; la victoire finale du Dieu transcendant, conduisant à la fin de l’Histoire et l’anéantissement du Cosmos.
    [.] Le point de départ est la considération, par l’individu, de sa situation face au monde : que suis-je, pourquoi ce monde qui me semble étranger, qu’étais-je à l’origine et comment revenir à cette situation ?
    [.] C’est la prise de conscience d’une déchéance impliquant que le Bien et le Mal sont 2 inconciliables absurdement mêlés ici-bas par un accident contraire à la volonté divine. La révolte intime contre le Mal est la preuve de l’appartenance au Bien, à un absolu parfait extérieur à ce monde.
    [.] L’humanité est divisée en trois catégories : ceux qui se sentent (donc, se savent) pourvus d’une perfection innée dont la nature est esprit (les pneumatiques) ; ceux qui n’ont qu’une âme et point d’esprit, mais chez qui le salut peut encore être introduit par instruction (les psychiques) ; enfin, les êtres dépourvus d’esprit et d’âme (les hyliques) uniquement constitués d’éléments charnels voués à la destruction.
    [.] Le but premier du gnostique est la délivrance de sa parcelle divine, aliéné dans un monde matériel corrompu, et sa remontée vers les sphères célestes.
    [.] Cette délivrance passe par la Gnose, la connaissance parfaite de la nature de l’esprit, des structures de l’univers et de son histoire passée et future.
    [.] Le premier aspect de la Gnose porte sur les origines du monde matériel et de l’homme, le Mal s’expliquant par la chute accidentelle d’éléments supérieurs dans un cosmos matériel, temporel et sexué au fond duquel ils se sont disjoints, dispersés et emprisonnés (sans pour autant perdre leur pureté).
    [.] Le second aspect de la Gnose vise la Destinée de l’humanité et du cosmos, aboutissant à la dissolution finale de la matière, à la libération de l’esprit et au retour à l‘unité parfaite intemporelle dont les élus, ici-bas, gardaient le souvenir.
    [.] Le monde supérieur ayant seul été organisé par une intelligence authentiquement créatrice, le matériel n’en est qu’une copie maladroite. De même l’homme terrestre est l’image imparfaite d’un modèle céleste. On voit l’idée de décadence, puis de rédemption.
    [.] Pour les élus, le salut peut être personnel, alors que pour les autres le rachat se fera par une eschatologie générale ayant pour terme la destruction de l’univers matériel.

    LA MORALE
    [.] Les gnostiques, voyant le corps charnel asservi dans ses actes et ses passions à la souveraineté des planètes, ou encore se croyant pourvus d'une grâce d'en-haut qui délivre des actes ici-bas, n'ont pas de notions de moralité individuelle très strictes.
    [.] La gnose pouvait donc aussi bien conduire à un ascétisme rigoureux qu'à de curieuses immoralités (avec la volonté de contredire en tout la loi biblique). La chair appartenait à la matière et ne saurait participer au salut, peu importe qu'elle fût souillée. Les pratiques licencieuses de certains groupes gnostiques sont réprouvées par d’autres groupes gnostiques comme par les réfutateurs chrétiens. Mais il faut souligner que l’Égypte romaine était le foyer d’une lubricité quasi générale…
    [.] Enfin l'héritage de certains mystères grecs (par exemple chez les naassènes) put être à l'origine de comportements immoraux en leur donnant une valeur mystique.

    Du gnosticisme on peut aussi dire : « La vraie connaissance est impossible, tout est relatif et incertain. » Tout se légitime et tous les courants de pensée s'entremêlent. Comment peut-on en arriver à tels cafouillis ? Surtout, comment arrive-t-on à justifier la destruction ; « les hyliques » ? Mais poursuivons encore un peu notre investigation. Du Manichéisme, on nous guide vers les : Dualisme, Gnosticisme, Mazdéisme, Catharisme. Voyons les deux derniers :

    • Zoroastrisme ou Mazdéisme : Religion de la Perse antique, pré-islamique, qui fut réformée par Zarathoustra.• Elle est fondée sur le dualisme du Bien (Ormuzd) et du Mal (Ahriman) qui s'affrontent jusqu'à la victoire finale du Bien.• On dit aussi "mazdéisme".

    Mazdéisme : religion de l'ancienne Perse, appelé aussi zoroastrisme. Attestée depuis le 2ème millénaire avant JC, elle est l'une des plus anciennes religions.
    [.]Le mazdéisme se compose d'un univers hiérarchisé (animaux, hommes divinités), soumis à un souverain unique Ahura Mazda (Ormuzd, le Seigneur sage). Son évolution vers le monothéisme eu pour conséquence l'apparition d'un adversaire au dieu Mazda, Spenta Manyu (Esprit Cruel) aussi puissant que lui, en fit une religion dualiste où les bons vont au ciel et les mauvais en enfer. Ce dualisme ainsi que les prédications de Mani conduisirent le manichéisme, avant un retour au monothéisme où Spenta Manyu (Ahriman) fut subordonné à Mazda.
    [.]Quelques communautés d'Iran (Guèbres, plus de 10 000) et d'Inde, notamment à Bombay (Parsis, près de 200 000) pratiquent encore le mazdéisme.

    ZOROASTRISME
    [.] Le zoroastrisme est la religion professée par Zarathoustra (comme dans Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche), dont le nom a été prononcé Zoroastre par les Grecs. Elle a été fondée au cours du Ier millénaire av. J.-C. dans l'actuel Turkestan occidental, au nord-est de la Perse, et elle est devenue la religion officielle des Perses sous la dynastie des Sassanides (224-651), jusqu'à ce que la conquête arabe importe l'islam.
    [.] Le zoroastrisme fut l'une des premières religions à proclamer l'hénothéisme, une forme de monothéisme, avec Ahura Mazda pour dieu principal. Les zoroastristes vénèrent le feu éternel symbole de Dieu. Zoroastre prêchait le dualisme et la bataille entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres (ce dualisme présent dans l'islam chiite duodécimain). Le principe de Zoroastre est qu'il existe un esprit saint (Spenta Mainyu), tardivement identifié à Ahura Mazda, et un esprit mauvais (Angra Mainyu ou Ahriman), opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Ces deux esprits coexistent dans chacun des êtres vivants.

    LE ZOROASTRISME SOUS LES SASSANIDES
    [.] On peut dire qu'avec l'avènement de la dynastie des Sassanides en Perse, en 224, commence la période de gloire du zoroastrisme : il devient très officiellement religion d'État.
    [.] « Ô mon fils, la religion et l'État sont soeurs. Elles ne peuvent pas survivre l'une sans l'autre. La religion est le contrefort de l'État et l'État est son protecteur. Et ce qui est privé de son support s'écroule et ce qui n'est pas défendu est perdu. »
    [.] Le zoroastrisme joua en Perse un rôle sans doute encore plus important que le catholicisme dans l'Europe du Moyen Âge, tant la religion imprégnait la vie des gens. C'était la religion des Iraniens, un aménagement de leur héritage culturel, tandis que le catholicisme est pour les Européens d'origine étrangère.

    LES PARSIS
    [.] Les Arabes entreprirent la conquête de la Perse à partir de 636. La dynastie sassanide s'effondra en 651 à la mort de son dernier souverain, Yazdgird III. Les Perses, contraints par les envahisseurs Arabes, abandonnèrent le culte zoroastrien au profit de l'islam ; seules Yazd et Kerman, au centre du plateau iranien, demeurèrent des fiefs de leur ancienne religion. Les Arabes appelèrent ces zoroastriens des Gaur «Infidèles», terme qui est devenu Guèbres en France.

    On décèle ici des fondements de l'Islam, surtout chiite et du Judaïsme. Tous les us de la vie courante sont reliés aux pratiques religieuses comme le font des Musulmans en priant à des heures fixes, interrompant leurs activités courantes ou les Juifs hassidim. Il y a aussi la rela­tion religion-état, rites effectivement pratiqués en Iran et en Israël. Maintenant le Catharisme :

    • Catharisme : Doctrine des Cathares qui étaient partisans du Manichéisme (système dualiste opposant le Bien et le Mal).• Répandu aux XIème et XIIème siècles dans le sud-ouest de la France, ce mouvement fut endigué par la croisade des albigeois durant la première moitié du XIIIème siècle.

    Catharisme / cathare : Mouvement spirituel du Moyen Age, inspiré du manichéisme et de systèmes religieux ou hérétiques du début du christianisme (gnose, marcionisme, hérésie des pauliciens…).La doctrine cathare, sévère et austère, n'était pas accessible à tous, mais dans le Sud de la France, le mouvement avait la sympathie de la population et la tolérance de la noblesse. Les "parfaits" vivaient dans la plus stricte austérité afin d'atteindre le salut. Une répression féroce, véritable croisade intérieure, fut conduite par les "Barons du Nord" qui poursuivirent les cathares jusqu'au siège de Monségur (1244). Le catharisme disparut complètement au XIVe siècle.

    CATHARISME
    [.] Cathares expulsés de Carcassonne en 1209. On appelle « Cathares » (du grec ancien katharós, « pur ») les adeptes d'un mouvement religieux dualiste médiéval. Le nom, tardif, a été donné par les ennemis de ce mouvement, jugé hérétique par l'Église catholique. Les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes « Bons Hommes », « Bonnes Femmes » ou « Bons Chrétiens », mais étaient appelés « Parfaits » par l’Inquisition, qui désignait ainsi les « parfaits hérétiques », c’est-à-dire ceux qui avaient reçu le consolamentum, c'est à dire l'imposition des mains et faisaient la prédication, par opposition aux simples « fidèles » hérétiques.
    [.] Principalement concentré dans le Midi de la France, le catharisme subit une violente répression armée à partir de 1209 lors de la croisade contre les Albigeois puis, durant un siècle, la répression judiciaire de l’Inquisition.

    Nous complétons avec la définition des trois grandes religions monothéistes et leur relation à l'eschatologie :

    • Eschatologie : Ensemble des doctrines relatives aux fins dernières de l'homme et du monde.• Mythes eschatologiques :• Apparentés aux mythes cosmogoniques mais à l'extrémité opposée, on trouve les mythes qui décrivent la fin du monde (les mythes eschatologiques proprement dits) ou bien l'arrivée de la Mort dans le monde. Au moment de la destruction du monde par la divinité même qui l'a créé, les humains sont jugés et se préparent à une existence paradisiaque ou à des tourments éternels; de tels mythes sont présents chez les Hébreux, chez les chrétiens, chez les musulmans ou chez les zoroastriens. Les branches germaniques de la mythologie indo-européenne décrivent une conflagration universelle et une grande bataille entre les dieux. Dans la mythologie aztèque, les dieux créent et détruisent plusieurs mondes avant le monde humain. La mort pénètre dans le monde par accident ou parce que quelqu'un oublie le message des dieux; dans la Genèse, la mort entre dans le monde quand l'homme dépasse les limite de sa connaissance.

    ESCHATOLOGIE
    [.] Le mot eschatologie est composé du grec eschatos, le dernier. L'eschatologie (Discours sur la Fin des Temps) relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire du monde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ». Dans de nombreuses religions, la fin du monde est un événement futur prophétisé dans les textes sacrés ou le folklore. Plus largement, l’eschatologie peut embrasser des concepts qui sont liés tels que celui de Messie ou des temps messianiques, l’après-vie et l’âme.
    [.] Le terme grec aïôn signifie « âge » ; certaines traductions peuvent être comprises par fin de l’âge au lieu de fin du monde. La distinction revêt également une signification théologique, car les temps de la fin dans de nombreuses religions peuvent inclure la destruction de la planète (ou de tous les êtres vivants), mais avec la survie de la race humaine dans une forme nouvelle, mettant un terme à l’âge actuel de l’existence, et commençant un nouvel âge.
    [.] La plupart des religions monothéistes occidentales ont des doctrines qui affirment que des membres « choisis » ou « dignes » de la seule vraie foi seront « épargnés » ou « délivrés » du jugement et de la colère de Dieu à venir. Ils seront envoyés au paradis avant, pendant, ou après ces derniers, en fonction du scénario des temps de la fin qu’elles retiennent. Aussi bien que la colère de Dieu à la fin de l’âge, il y a la colère de l’homme.

    • Christianisme : Religion la plus largement répandue dans le monde d'un point de vue géographique, et qui rassemble plus de 1,7 milliards de personnes sur tous les continents.• L'élément principal qui pourrait définir le christianisme est la position centrale de la personne de Jésus-Christ.

    CHRISTIANISME et ESCHATOLOGIE
    Le terme eschatos est utilisé dans le Nouveau Testament pour indiquer qu’avec le Second Avènement du Christ, la fin commencera. Jésus a enseigné à ses disciples, durant son ministère et lors de son Ascension, qu’il reviendrait et qu’il jugerait les vivants et les morts, tel que l’affirment les chrétiens dans leur profession de foi.

    • Islam : Religion très répandue dans le monde, originaire d'Arabie, et fondée sur les enseignements du prophète Mahomet. Dans la langue arabe, le terme "islam" signifie "soumission", mais en tant que terme religieux du Coran, il signifie "soumission à la volonté et la loi de Dieu". Les pratiquants de l'islam sont appelés les musulmans.

    ISLAM et ESCHATOLOGIE
    [.] Dans l'Islam, Le jour du jugement ou Yawm al-Qiyamah: "Jour de la résurrec­tion", Allah ressuscitera les morts, et accueillera les rigoureux au paradis et les non repentant et mécréant en Enfer. L'origine historique de l'eschatologie islamique est semblable à l'eschatologie chrétienne, Mahomet l'ayant raconté à ces compagnons (Chahaba). Certains pensaient que la fin du monde arriverait à leur propre fin.

    • Judaïsme : Doctrine religieuse des juifs, le judaïsme est une des plus anciennes religions encore existantes.• Les termes "judaïsme" et "religion" n'existaient pas dans l'hébreu ancien.• Les juifs parlaient de la Torah, les instructions de Dieu données à Israël, qui révèle une vision du monde ainsi qu'un mode de vie. Le judaïsme ancien, dans ses formes historiques, constituait un système culturel intégrant les dimensions individuelle et sociale.• C'est un système de sanctification selon lequel tout doit dépendre de Dieu, à l'image de modèles révélés d'ordre cosmique et de justice. Le christianisme est issu d'un courant idéologique juif de la Palestine du Ier siècle après J.-C., et l'islam se fonda au départ en grande partie sur des sources juives.

    JUDAÏSME et ESCHATOLOGIE*****
    Les Juifs croient en l'immortalité de l'âme. Les traditionalistes croient également en la résurrection à l'heure du Jugement dernier. Les enseignements diffèrent sur ce sujet, comme sur la nature de la vie éternelle (les deux sont conçus par certains comme un lieu où l'on peut se consacrer pleinement à l'étude des Saintes Écritures).

    Quelques définitions additionnelles pour aider à la compréhension générale :

    Dieu : (du latin deus, qui dériverait du sanskrit deiwo, lumineux) Avec une majuscule, Dieu est le nom du dieu unique des religions monothéistes ou des philosophes. Le concept de dieu prend des formes extrêmement variées selon les religions. Leur point commun : Dieu (ou un Dieu) est supérieur à l'homme, plus puissant et complet que lui.
    Pour les monothéismes (judaïsme, christianisme, islam), Dieu représente l'Être suprême, transcendant, unique et créateur du monde. Ses principaux attributs : infinité, omniprésence, omnipotence, omniscience, immuabilité, immatérialité, perfection, universalité, sagesse, justice, bonté... Dieu a établi les lois générales qui gouvernent le monde, mais peut intervenir y en dérogeant par des miracles. Le judaïsme et l'islam ne tolèrent aucune représentation de Dieu, appelé respectivement Yahvé et Allah.
    Pour les philosophes, Dieu est un principe abstrait que la raison, sous la forme du discours philosophique, tente de comprendre. Chaque philosophe insiste sur tel ou tel des attributs de son Dieu, en fonction de la thèse qu'il entend défendre.
    Le Dieu des philosophes représente en général la cause première de l'univers et la perfection. Il ne détient son existence d'aucune autre source que de lui-même. Il n'est donc la résultante d'aucune Révélation ni d'aucun acte de foi.
    Tandis que dans la religion l'idée de Dieu est une intuition, donnée à l'homme par Dieu lui-même, ou une révélation, de nombreux philosophes ont essayé d'apporter des preuves logiques de son existence.
    Ayant perdu, par rapport aux dieux des religions, certaines de leurs qualités fondamentales, notamment la crainte qu'ils inspirent, la vénération dont ils sont l'objet, le Dieu des philosophes tend à devenir un concept d'absolu impersonnel et théorique.

    Djihad : c’est "l’effort" individuel que chaque musulman doit réaliser pour son perfectionnement spirituel et pour que la volonté d'Allah soit respecter sur Terre. Dans la pratique, il s’agit surtout de l’effort collectif, militaire, nécessaire pour défendre l’Islam ou étendre par la force les territoires sous son emprise. Le djihad prend alors un sens proche de "Guerre Sainte".

    Idéalisme / idéaliste : mouvement philosophique ou métaphysique qui accorde un rôle prépondérant aux idées. Il n'y a pas de réalité indépendamment de la pensée. Le monde réel n'existe qu'à travers les idées et les états de conscience. Le monde et même l'être se réduisent donc aux représentations que nous en avons.
    Pour Platon (427-347 avant JC) le monde des Idées constitue la vraie réalité. Descartes (1596-1650) qui peut être considéré comme un idéaliste, considère que c'est l'esprit de l'homme qui est sa véritable nature et non son corps. Le mot apparaît à la fin du XVIIe siècle par opposition au matérialisme. Le principe de l'idéalisme absolu a été résumé par l'évêque et philosophe irlandais George Berkeley (1685-1753) : "Être, c'est être perçu". L'Idéalisme connaît son apogée avec les philosophes allemands Kant (1724-1804), Fichte (1762-1814) et Hegel (1770-1831). L'idéalisme s'oppose au réalisme pour lequel l'homme connaît les choses telles qu'elles sont réellement en elles-mêmes et qu'elles n'existent pas en dehors de leur matérialisation.

    Illuminisme / illuminé : doctrine de certains mystiques, fondée sur la croyance en une illumination intérieure, directement inspirée par Dieu. Des sectes d'illuminés sont apparues aux XVIe et XVIIe siècles. L'illuminé est convaincu d'avoir été l'objet d'une manifestation divine et se considère comme ayant été irradié par la lumière de Dieu.

    Intégrisme / intégriste : doctrine préconisant le respect total du dogme et de la tradition. Il vise à intégrer toute la vie dans la doctrine religieuse qu'il défend. On parle d'intégrisme pour désigner toute forme de conservatisme religieux.

    Matérialisme : mouvement de pensée sur la nature de l'être qui considère qu'il n'y a pas d'autre substance que la matière (monisme : doctrine philosophique selon laquelle l'univers n'est composé que d'une seule substance. Il s'oppose au dualisme.) et que la pensée, la conscience sont des produits secondaires de la matière ou des illusions. Le matérialisme rejette l'existence de l'âme, de l'au-delà et de Dieu, s'opposant en cela au spiritualisme et à l'idéalisme.
    Il est étroitement lié au développement de la science dont il se nourrit des résultats pour évoluer et se structurer au fil des siècles. Le matérialisme recouvre donc plusieurs formes qui vont de l'atomisme (Courant philosophique de l'Antiquité qui considère que l'univers et la matière sont constitués uniquement d'atomes, particules indivisibles, assemblés par hasard et de manière purement mécanique.) des philosophes Grecs à la science moderne. Ses différents courants se distinguent par la façon dont ils conçoivent esprit, conscience ou entité mentale.

    Utilitarisme : Système de morale et d'éthique qui, faute de pouvoir définir objectivement ce que sont le Bien et le Mal, se propose d'en faire abstraction en établissant "l'utile" comme principe premier de l'action. Il considère que ce qui est utile est bon et que l'"utilité" peut être déterminée de manière rationnelle. L'utilitarisme est fondé sur le seul critère de l'optimisation du "plus grand bonheur possible pour le plus grand nombre de personnes", postulant que le bien-être de tous est un bien pour l'ensemble des hommes. Il rejette le devoir comme notion première et mesure la qualité morale d'une action aux conséquences que l'on peut en attendre.

    Nous voilà rendu au terme de notre survol sommaire des origines, des distinctions mais sur­tout des similarités entre les religions. On y a parlé beaucoup de Bien et de Mal. L'impression maintes fois dégagées de ce qui a été élaboré ci-avant c'est que le Mal doit être broyé, voire même par la guerre pour qu'advienne le Bien ? D'aucuns le croient, anéantissant les uns en s'enrichissant, en grossissant leur influence. Le crime paierait-il donc, avec l'aval des religions ?

    Voilà le malheur de la tragédie humaine. Les religions sont là pour rester mais si on accen­tuait leurs similarités, leurs sources communes, peut-être ne se battrait-on pas en leurs noms ? Mieux, si elles se fondaient en une seule, un gros magma oecuménique qui permettrait aux croyants de tous avoir les mêmes dogmes, les mêmes croyances, les mêmes références.

    Appelons cette fusion des religions le « magmatisme », là où il n'y aurait plus de vie après la mort, simplement un flottement sidéral, indolore, qui nous rappellerait à la mémoire des vivants. Garderaient-ils un meilleur souvenir de nous que notre flottement magmatique serait inchangé pour nous mais ô combien plus heureux pour notre survivance : pour nos proches et acquaintances en mémoire et pour la Terre, affectueusement appelée la boule bleue.

    Mais cette religion n'existe-t-elle pas déjà ? Si, pour des millions d'humains, affranchis de l'emprise de croyances non vérifiables si ce n'est « Aide toi et le ciel t'aidera. » Ils ne peuvent admettre que les guerres sont menées au nom des religions mais pour le pouvoir et l'argent.

    On accuse d'ignorance, d'hérétiques ceux qui le disent. Des instincts très vils, inavoués, sont en jeu. Le paradis est sur terre, pas au ciel, si cesse la possession, le matérialisme à tout crin. Aussi si on accepte les limitations en propre et celles des autres. Elles s'accompagnent tout autant de qualités et de valeurs qui ne doivent jamais être piétinées. Voilà tout un défi.

    Paul p. Pluteau/PpP

    Addendum : Un scandale explose en ce moment aux É.-U. relié aux propos de Mel Gibson, « La passion du Christ », qui aurait déclaré lors d'un contrôle routier pour excès de vitesse et de sa subséquente arrestation pour état d'ébriété : « Les Juifs... sont responsables pour tou­tes les guerres dans le monde. » M. Renaud, prenez vous aux autres plutôt qu'aux vôtres.



    *
    Les citations du Devoir sont accessibles sur ledevoir.com, section idées ; celles du 98,5Fm, sur 985fm.ca/emission_couvrefeu.php
    **
    Toutes les définitions proviennent de mediadico.com et les citations du site fr.wikipedia.org
    ***
    Toutes les définitions en double retraits proviennent de atheisme.free.fr/Religion/Lexique.htm
    ****
    Définitions provenant de info-sectes.org
    *****
    Explication venant de http://www.outre-vie.com/croyancereligion/juif/juif.htm

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    10 juillet, 2006
    Série franchise et vérité ; revue juin 06 — partie 1
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Dans la vie, il y a les choses plaisantes et les choses déplaisantes. Nous avons pris le pari de faire ressortir les plaisantes depuis près de deux mois déjà. Assez de déprime qui nous étouffe et nous ne voulons pas s'y laisser immerger, s'y noyer. La chose est loin d'être simple. Nous amorçons aujourd'hui une série d'articles qui feront la rétrospective des faits constructifs ayant marqués le mois précédent. L'accent est mis sur les nouvelles tendances.

    C'est donc le mois de juin que cette revue devrait couvrir. Comme c'est une première toutefois, nous déborderons sûrement sur le mois de mai et par esprit de concision du texte, celle-ci sera aussi suivie d'un deuxième texte, voire d'un troisième. Lorsqu'on se met à creuser un peu on trouve et il faut faire honneur à le plus d'événements positifs possibles.

    Cependant, l'exercice demeure ardu. Les médias, c'est bien connu, font leurs choux gras des catastrophes, des malheurs, de la détresse humaine ; les gens heureux n'ont pas d'histoire. Nous faire servir les troubles et la misère des autres sont connus pour leurs effets théra­peutiques sur nos propres désarrois et le public en redemande. C'est la formule triplement gagnantes telle qu'appliquée par le Journal de Montréal du Sport, Sexe et encore du Sang.

    Les médias couverts dans cette tribune — Internet, journaux et radios — sont aussi riches en rebondissements qu'en ensei­gnement. Si la religion est l'opium du peuple, les médias en sont la morphine. Il faut séparer le bon grain de l'ivraie. Nous accentuerons les efforts d'éducation au travers des tentatives d'endoctrinement que nous avons toujours dénoncé.

    Première note positive reliée aux médias. Nous n'avons pas été tendre dans ces pages envers le parti conservateur et un de ses joueurs-clés au Québec, Maxime Bernier, ministre de l'Industrie. Dans La Presse du 14 juin à l'article « Le CRTC rebroué par le ministre Bernier », il « [...] a demandé au CRTC de mettre la pédale douce sur la réglementation.

    « « Cette initiative a pour but ultime d'offrir les avantages de la concurrence aux consom­mateurs canadiens et à l'économie dans son ensemble — ainsi que les avantages de l'inno­vation qui en découlera », a déclaré M. Bernier dans un discours. » Les bons mots sur la riva­lité sont à souligner ici en autant qu'il n'ouvre pas plus grande la porte aux débordements.

    Autre fait : les médias d'été sont plus légers et certains remplaçants qu'on embauche pour les vacances des réguliers y sont, cet été, de beaucoup supérieurs. À noter le rempla­cement de Gilles Proulx au 98,5Fm par Normand Lester — son ton est d'un calme — ou du psycho­logue Pierre Faubert qui remplace occasionnellement Pierre Mailloux à CKAC730Am. Ce dernier a fait le tour du jardin et Faubert est un candidat plus qu'idéal pour prendre sa relève.

    Des lueurs d'espoir se pointent donc tout de même ici et là dont ces textes viseront à accen­tuer même si, il faut bien l'admettre, ils doivent être mis dans leurs contextes qui ne sont pas toujours reluisants. Nous y passerons vite pour encore une fois miser sur la tendance qui commence à se pointer : dire les choses franchement et le plus honnêtement possibles.

    Les juges Gomery et Moisan
    Une petite révolution a cours au Québec. De plus en plus de gens sortent et disent ce qu'ils savent. C'est pas toujours beau. « Toute vérité n'est pas bonne à dire » dixit la maxime. Nous divergeons d'opinion ; la manière doit primer. Autre maxime : « Tout vient qu'à se savoir ».

    Ce mouvement est très récent. Il vient beaucoup de gens à la retraite ; ils n'ont plus rien à perdre. Tout de même, il faut le faire. Sûrement quelques « amis », appelons les accoin­tan­ces, leur échappent. La vérité vaut mille fois les brouilles ; elle « finit toujours par triompher ».

    De qui ou de quoi vient cette tendance ? De quoi en premier ; sans conteste de la déprime généralisée au Québec. On est plein comme des boudins de se faire remplir. Les comman­dites ont été la goutte de trop. C'est un orage, des trombes d'eau qui nous sont tombés des­sus et l'électorat ne veut plus rien savoir : « Tous des pourris. » Les candidats sont nombreux.

    Jean Pelletier, ex-chef de cabinet de Chrétien et Marc-Yvan Côté, le « charrieu » d'enve­loppes brunes épaisses sont au premier rang ; Jean Corriveau qui « couchait » entre Jean et Aline au 1 Sussex Drive quand il allait à Ottawa ; et tant d'autres. Ils se vautrent dans les millions, libres. On a vu Corriveau chez Archambeault de la PDA ce printemps qui maga­sinait, nonchalant. Monsieur s'est rappelé du chemin. Il était amnésique au printemps 05.

    Ce scandale et les remboursements illégaux de contributions d'employés d'une même entre­prise ont ouvert une discussion pour revoir les pratiques de financement des partis politiques.

    En juin, la plus sérieuse est venue du juge à la retraite Jean Moisan sortie dans La Presse du 22 juin : « Groupeaction a versé illégalement près de 100 000 $ au parti ; Le PQ a fermé les yeux ». Outre les choux gras et le scandale qui s'en est suivi, Pierre-F. Côté, ex-dg d'Élection Québec a quant à lui vertement accusé les partis de magouille dans leur financement.

    Enfin c'était dit et au grand jour. Le lendemain, le 23 on lisait en une : « La pointe de l'ice­berg ; La pratique des contri­butions illégales aux partis politiques est « érigée en système », [...]. » Il a dénoncé sans ménagement : « Il faut cesser, selon lui, « de se mettre la tête dans le sable » et de « jouer aux vierges offensées. » » M. Côté posait très sage en page A24.

    Les jours qui ont suivi ont donné cours a toutes sortes d'analyses sous l'angle de la minimi­sation des conflits d'intérêts, de ne pas limiter l'accès aux politiciens aux donateurs des par­tis. Deux commentateurs de La Presse aux propos assez justes y ont posé leurs regards.

    Yves Boisvert concluait le 28 juin dans « Il faudrait écouter Pierre-F. Côté » : « Je ne crois pas pour ma part que les dons des entreprises devraient être versés dans un vaste pool [...]. Mais puisqu'il est là pour rester, qu'on affiche clairement ce financement.

    « Ce qu'on perdra en innocence, ou plutôt en illusion de pureté, on le gagnera en transpa­rence. » Le même jour, Vincent Marissal dans « Le pouvoir de l'argent, l'argent au pouvoir » écrivait plus accusateur : « C'est trop facile pour l'ancien grand boss des élections de lancer une bombe pareille sans appuyer ses dires par des exemples concrets.

    « Encore une fois : oui, le problème existe, mais le Québec n'est pas le Mexique tout de même. » Il y a toujours des pour et des contre dans toute position et Marissal prend en partie P.-F. Côté. Ça se défend. Dans « Les maisons de verre » en date du 22, il traitait aussi du scandale des commandites. Il était beaucoup moins impartial en écrivant : « La condam­nation récente de Chuck Guité a mis fin à un chapitre judiciaire du scandale. Les conclusions du rapport Moisan, déposé hier, mettent maintenant fin à un chapitre politique au Québec. »

    Remarquez ici qu'on parle de mettre fin à des scandales où seulement des joueurs non-élus ont été traînés en justice. Ça prend un oeil averti pour remarquer qu'il parle de mettre fin à un et non au chapitre des dits scandales. L'impression générale qui se dégage est celle d'un en­terrement de première et que tous les autres acteurs s'en sortiront sans poursuite en justice.

    Autre critique ici à savoir que deux juges à la retraite qui se voient confier des enquêtes pres­tigieuses et qui disculpent de tout blâme conséquent les donneurs des dites enquêtes ; bizar­re. Dans « Le juge s'en prend aux menteurs » du Journal de Montréal du 27, il se dit satisfait à ce jour des poursuites : « La politique canadienne est en « crise », selon John Gomery. Les gens sont « désabusés et cyniques ». Au moins, « la vérité nettoie énormément », [...] ».

    On ne saurait mieux dire. Mais Jean-Robert Sansfaçon ne le voyait pas d'un oeil aussi clément en demandant dans Le Devoir du 7 juin : « Et les autres voleurs ? » Il y précisait : « [...], il serait inacceptable que quelques acteurs seulement de cette vaste fraude aient à subir un procès en cour criminelle. »

    L'accord du bois d'oeuvre
    L'accord en sous-titre a fait couler beaucoup d'encre et dépenser de la salive. Alors que d'aucuns s'évertuent à protéger l'environnement, un débat a complètement été escamoté : la surexploitation des forêts. On en avait que pour les emplois en région et leurs difficultés économiques ; aussi sur l'iniquité de l'entente intervenue entre le Canada et les É.-U.

    Comme on parle ici des bons coups de gueule, un est venu d'une autorité : M. Frank Dottori, ex-pdg de Tembec qui soutenait que la surexploitation des forêts avait l'aval du gouver­nement. Dans « Forêts : Dottori blâme Québec » du Journal de Montréal du 31 mai, il jette le blâme sur Québec qui a consenti « un chèque en blanc ». Encore une vérité qui mourait d'être dite.

    « Du bois inexistant : « La forêt nous a rendu riches parce que nous l'avons surexploitée et tout le monde le savait, dit-il. Le gouvernement a accordé des droits de coupe pour du bois qui n'existait pas. » »

    « Conscients : « Bien sûr que nous étions conscients de la surexploitation des forêts », concède Frank Dottori « mais nous avions l'aval du gouvernement. Le buffet était ouvert, on s'est servi. » »

    Il est rare d'entendre des propos aussi directs voire crus. Ils sont totalement appréciés. Et dire qu'on retrouve un ex-politicien et ministre des Ressources naturelles, M. Guy Chevrette à la tête du Conseil de l'industrie forestière du Québec soit les industriels du domaine de la forêt. À ce titre, il a mené une vaste campagne pour le règlement du litige du bois d'oeuvre.

    Le lien direct de M. Dottori entre la surexploitation et l'aval du gouvernement ne pouvait ne pas être connu de M. Chevrette. Cette lutte de protectionnisme des É.-U. avait tout de même ses bons côtés pour la sauvegarde des forêts. Ce n'a sûrement pas déplu à l'un de ses grands défenseurs : Richard Desjardins auteur du film Erreur boréale [Aux arbres citoyens !]

    De son avis : « Le silence et l’ignorance régnaient en maître sur nos forêts malgré le discours officiel nous assurant que le patrimoine forestier demeurait intact. Le documentaire choc a soulevé la question de la responsabilité collective devant la destruction d’un environnement unique au monde. La forêt boréale, réputée inépuisable, n'était pas entre des bonnes mains. »

    Plusieurs autres assertions positives
    L'espace manque ici pour relever toutes les bonnes déclarations du mois. Que ce soit pour le recul du français à Montréal, la révision de l'enseignement de l'histoire, la réforme de l'éducation , le débat sur le Québec figé ou en panne et d'autres il nous faudra y revenir.

    Cette première a permis de jeter les bases d'un échange franc et honnête. On ne s'arrêtera pas en si bonne route. Plus il y en aura, mieux on se portera. La vérité à propos des faits cachés a cette qualité qu'elle permet d'ouvrir des avenues qui permettent de débloquer.

    L'envers de la vérité, c'est l'obscurité, les jeux de coulisses. Quand on a quelque chose à cacher, c'est obligatoirement que c'est antinomique aux règles qui ont été promues dans un esprit de fair-play pour tous. En trichant le système, c'est toute la collectivité qui est pénalisée.

    Il ne s'agit pas ici d'être naïf et de croire que la tricherie peut être éliminée dans tous les échan­ges inter-personnels. Comme on l'a souvent répété au plus fort du scandale des comman­dites, « il y aura toujours des tricheurs ». Mais tous doivent savoir que l'impunité ou les faibles peines qui sont associées même aux pires excès, seront révisées et choses du passé.

    Depuis les attentats du 11 septembre 01, les bottes de guerre ont empiré le climat. La vérité n'est-elle pas la première victime de la guerre ? Pourtant à l'orée du 21ième siècle, les prédic­tions étaient tout autres. On parlait même de l'avènement de l'ère du verseau ; de l'amour, de la félicité. Terminons cette revue avec un peu de philosophie. « On a besoin de philosophie...

    « et de psychologie. La philosophie donne des défis intellectuels, permet d'apprendre, de réfléchir pour ne pas être des marionnettes. » Pierre Faubert en entrevue de nuit dimanche le 9 juillet à CKAC730Am avec André Pelletier qui lui a rajouté : « des p'tits moutons ».

    D'autres propos en vrac : « Il doit y avoir une cohérence entre ce qu'on aspire et ce qu'on vie. On vit de la médiocrité dans tout, un vide existentiel et on a besoin de quelque chose qui nous appelle. » « Pouvoir d'imagination : on est tous capables de réaliser de grandes choses. Il faut trouver la petite flamme en nous. » « Les solutions sont en nous, c'est extraordinaire. »

    « Moteur et émotion viennent de la même racine ; Saint-Exupéry : « Ce qui fait que le désert est beau, c'est qu'il cache un puits quelque part. » « Découvrir l'eau, cette source de vie ; la personne va pouvoir puiser à son puits toute sa vie. » Carl Gustav Jung ( 1875 - 1961 ) : médecin et psychologue suisse, fut l’un des premiers à parler de l'ère du verseau. (1940)

    La vérité, moteur de changement. Voici sa compréhension de ce qu’implique un changement quelconque :

    Extrait du Dictionnaire des symboles Editions Robert Laffont 1969 rubrique COSMOGONIE C.G. Jung

    « L’ordre et la vie ne naissent que du chaos et de la mort : ces contraintes sont des couples jumeaux, ou les deux faces, diurne et nocturne, de l’être contingent. »
    « Tout progrès s’appuie sur une destruction. »
    « Changer c’est, à la fois, naître et mourir. »
    « C’est un autre aspect des cosmogonies, cette loi générale que le sacrifice régénère. »
    « Sous une forme souvent cruelle, barbare et monstrueuse, elles illustrent et symbolisent cette loi. »

    De la mortification de la vérité, surgit la résurrection de la vie, prémonitoire d'un futur meilleur.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    04 juillet, 2006
    Fourth of July ; Le quatre juillet ; Jour de l'indépendance ; The Independence Day.
    ppp@videotron.ca

    FINALAvant-propos
    Chers lecteurs. Nous adressons nos bons voeux au peuple américain aujourd'hui. Une gran­de nation qui peut être fière de son passé ; un peu moins de son présent. En bon voisin, nous leur ferons la courtoisie de leur parler dans leur langue. Restez avec nous ; bear with us.

    We commit today our first English post. It is for you fellow Americans. We cannot expect that you speak or read French. Too bad. For you ! Thus, we'll endeavor to address ourselves so that the two of us understand one another. We mean you well; we'll tell you only simple facts.

    You've been endowed with great geography, great leaders, great history. You were also lucky to have La Fayette for your war of Independence, De Tocqueville to scrutinize your new-born democracy. The French savoir-faire now comes from the north to our great enjoyment.

    Thus today, it's from us. We're proud to be your neighbor and Canadian. Or rather Québécois. You all know Celine or Le cirque du soleil. We're from the same place. We're up to big chan­ges up here. Québec is in the process of becoming a country, a Cuba to the north!! You ha­ve nothing to fear from us. We're a gentle, friendly giant that likes doing things his own way.

    We're not much alike, far from it. We like simple things ; you like power and dominance. This is not our bag. We're a people of the world. Whatever happens on this small planet affects us.

    Guantánamo is a big drawback for us to liking you more. The day we heard that there were three hangings, that was a real shocker; a heart breaker. We've seen reportages of how things are like out there. People are treated less than humans. This we can't accept up here.

    We wish you a best Fourth of July in any case. You can use all the goods wishes that come by. They're far and few in between. What you've done in last five years, your war on terror, has been the worst. And your president, yes him. You know what he's been called up here: george W. B.U.S.H.; george Will Bust the United States to Hell. Yes that bad. He's discredited. He's yours to have and to keep. We're getting to have a look alike up here: Stephen Harper.

    Before we leave you, we do mean to congratulate you for your liberal press. A major debate just went on about the right to flag burnings. The Republicans favor an amendement to the cons­titution to limit rights and made all kinds of faulty, smarmy patriotic statements. The De­mocrats opposed and rightly so. The senators went on debating for two days. In the end, rea­son prevailed: "No act of speech is so obnoxious that it merits tampering with our First Amen­d­ment. Our Constitution, and our country, is stronger than that." Flagging Rhetoric; Once again, the Senate celebrates the Fourth of July the wrong way; Washington Post, 03 July, 07.

    Last Saturday , 01st of July was National day of Canada. A week before, the 24th of June was St-John-the-Baptist or Quebec holiday. Here in Québec, we celebrate the survival of a French speaking people forming only 2 % of the population on the continent, drowned in a sea of En­glish spea­kers. We look up to you for your independence that was hard fought and a day will come that we'll join you in the concert of nations. Until then, happy Fourth of July and Cheers.


    À droite toute
    Ce qui se passe aux États-Unis est un retour du balancier de la gauche ou libéral comme el­le est connue aux É.-U., vers une droite extrême, religieuse, extrémiste. Les néo-conserva­teurs, tels qu'on les connaît, sont en mission commandée, guidés par des principes de la loi et l'or­dre, d'une uniformisation des moeurs selon des schèmes de pensée unique, du crois ou meurs.

    Bien sûr tous ne le sont pas mais ils sont majoritaires. Bush a fait un tort immense à l'estime, à la réputation internationale de son pays. Oh bien sûr, au début de la guerre, il jouait au cow-­boy ; on se rappelle tous de son « Wanted, dead or alive » à propos de bin Laden, incanta­tion passéiste écrite comme sur un écriteau poussiéreux dans son Far West du Texas.

    Hé bien, bin Laden court toujours, la guerre en Afghanistan ressemble plus à de la surveillan­ce et à de la protection de champs de pavot, plante de la cocaïne, qu'à une chasse aux terro­ristes. Et que dire de l'Irak? Les conditions ont-elles amélioré dans un ou l'autre de ces deux pays? Minimalement, pour un groupe restreint de la population. Parce que c'est ça la droite.

    La guerre appauvrit encore plus les pays. C'est un sauve-qui-peut en laissant pour compte la grande majorité. Les conjonctures actuelles ne pourront jamais permettre la montée d'une classe suffisamment aisée et nombreuse pour permettre que l'entraide et la compassion y é­mergent. Des régimes belligérants durant des millénaires ne se réforment pas par la guerre.

    Avant d'aller plus avant, voyons un aperçu de ce qu'un expert, Donald Cuccioletta [DC] de la Chaire Raoul-Dandurand disait ce matin en entrevue avec André Ducharme [AD] au 98,5FM :

    [AD] – La guerre en Irak, c'est semblable au Vietnam présentement aux États-Unis – Il semble que l'opposition se lève et parle très fort là-bas.
    [DC] – Les américains se posent beaucoup de questions. À chaque fois qu'on s'en va en guerre, on se pose beaucoup de questions aux É.-U. Au début, tout le monde se sentait solidaire, une espèce de censure de la part de la presse, même du NYT ; aujourd'hui Bush n'a qu'autour de 30 % d'appui.
    [AD] – Les É.-U. ont a un espèce de monarque en quelque sorte.
    [DC] – Sous Nixon, on avait une présidence impériale et c'est un peu la même chose avec Bush. La Cour Suprême vient de le ramener à l'ordre avec la question de Guantánamo. Les Américains se tournent vers leur histoire en moment de crise, on tente de se ressourcer dans les grands hommes. On tend à revenir à des valeurs humaines, pastorales je dirais même.
    [AD] – Un nation qui a toujours su rebondir ?
    [DC] – Ils se basent sur les forces et les faiblesses. Les É.-U., c'est un laboratoire pour le reste du mon­de. Ils essaient. Il se passe des choses avant tout le monde. Il faut prendre le meilleur et laisser le reste.
    [AD] – Beaucoup a changé depuis 2001 et qui va encore changer beaucoup dans les prochaines années ?
    [DC] – On veut mettre les doigts dans tous les gâteaux du monde. On parle de l'Iran, de la Corée du Nord, etc. Il faut faire la distinction entre le gouvernement et la population. C'est pas un peuple guerrier ! Après quelques années, c'est : brings the boys home. Ils sont très portés sur les questions locales. Présentement, c'est la question de l'immigration avec le Mexique. Tout ça, le laboratoire que constitue les É.-U., tout est là finalement.

    M. Cuccioletta est très critique et en même temps, tendre envers sa nation. Nous le sommes aussi. Nous sommes, sur ce site, « une mouche du cocher » : elles embêtent et empêchent que ça aille d'avant sans qu'on ne dise mot sur le trajet ; la route à prendre et la destinée.

    Cela a toujours été la position du Canada jusqu'à janvier dernier, avant l'élection de Harper. Cela a été aussi la position de la France avant le déclenchement de la guerre en Irak et les hauts faits d'armes de son ministre des Affaires étrangères de l'époque : Dominique de Villepin. Nous n'épiloguerons pas la dessus aujourd'hui ; voir george W. B.U.S.H., 19 oct. 95.

    Les Étasuniens sont réputés comme étant les plus patriotiques au monde ; c'est une orgie de drapeaux partout en tout temps et plus encore jour de Fête. C'est une pathologie attrapée et imitée par les Canadiens à la Sheila Copps ; à ne pas mêler avec notre emploi du fleurdelisé.

    Nous avons, Canadiens d'adhérence française — CAFs — le patriotisme extérieur beaucoup plus modeste ; mais non moins bouillant pour nombre d'entre nous ; il est encore en devenir.

    Tendances lourdes
    Pourquoi les É.-U., le Canada après lui, tout l'Occident s'enfoncent-ils dans le libéralis­me à outrance, propulsé par une mondialisation néo-conservatrice aux tendances fascisantes ? Pour ses vertus, il en a. Mais ses impairs sont si grands que l'inquiétude croît. Voyons ses vertus.

    La droite encourage l'effort, la débrouillardise, l'ardeur au travail, le mérite. Ces traits de ca­ractère sont tantôt innés tantôt acquis. Un espace d'échange pour permettre à tous de faire valoir leurs talents est mis en place, condition essentielle pour la libre concurrence. C'est le li­bre-marché. Sa grande faille : il ne peut fonctionner sans une forme d'humanité et de respect.

    Ces valeurs tendent à disparaître dans nos sociétés occidentales avec la montée de la droite, de l'extrême droite, du chacun pour soi. Quand c'est une lutte constante pour se faire valoir et reconnaître péniblement, on ne pense pas aux autres. Il ne s'agit pas d'être moralisateur ici.

    Nous relations dans ces pages, le 30 mars, CPE — Coupure du politique [...] des écrits d'un blogueur français, Thierry Demos Sanchez, dont nous rapportions l'acharnement pour la justi­ce sociale. Nous le faisons encore aujourd'hui avec un texte portant sur Wal-Mart, entre­prise phare des É.-U., et des séquelles de Katerina dans un texte daté du 29 déc. 2005. Voici :

    Utopie capitaliste et haine du pauvre...
    « [...] Bush a promis de reconstruire la Nouvelle-Orléans « plus grand et mieux ». Déjà les entreprises privilégiées du président comme Halliburton, Shaw et Blackwater Security, spécialisées dans le capitalisme de catastrophe, commencent à bénéficier de cette recons­truction tout juste repus des profits colossaux engrangés sur les rives du Tigre en Irak.

    « Elles profitent de ce marché du malheur pour purifier la ville de sa population noire et pauvre, la reléguant dans les bayous pour ériger notamment à la Nouvelle-Orléans, un nouveau Disneyland du jazz. Après avoir échoué à transformer l'Irak en « un laboratoire du néo-libéralisme », les Étasuniens cher­chent à faire jaillir des ruines de Katrina une véritable utopie capitaliste sur le dos de millions de gens.

    « « Nous allons faire du littoral un pôle d'attraction magnétique pour la libre entreprise. Pas question de reconstruire une Nouvelle-Orléans dominée par le secteur public. » (J. Wilke 15/09/2005 au Wall Sreet Journal)
    « « Enfin les cités de la Nouvelle-Orléans ont été nettoyées; ce que nous n'avons pas su faire, Dieu s'en est chargé. » Autre déclaration du célèbre républicain louisianais R. Baker qui révèle l'égoïsme de la classe politique néo-libérale, qu'elle soit blanche ou noire, parfai­tement insensible au sort de leurs concitoyens pauvres des cités délabrées et des zones marginales.

    « Elle révèle outre sa nature égoïste, une haine du pauvre qui dépasse l'entendement car même la Bible avait au mieux pris la peine de s'émouvoir du sort des indigents (selon la Bible les pauvres souffrent sur terre, mais ils seront récompensés au Paradis de sorte que les ri­ches jouissent de leur richesse tout en enviant les pauvres pour leur félicité dans l'au-delà). »

    Dérive étasunienne, occidentale
    Le Journal de Montréal d'aujourd'hui décrit des cliniques aux É.-U. où l'on peut, par manipu­lation génétique, choisir le sexe d'un futur enfant pour 18 000 dollars US. C'est de l'eugé­nisme à la troisième Reich ; à la Himmler, Goebbels, Göring, etc. et le maître à pensée, Hitler.

    Nous achevons en citant l'un des plus grands économiste du 20ième siècle ; J.K. Galbraith : « La mondialisation n'est pas un concept sérieux. Nous l'avons inventé pour faire accepter notre volonté d'exploiter les pays placés dans notre zone d'influence. » Sa pensée tend à être oubliée, obnubilée dans un discours néo-conservateur du tout est permis. Nous sommes une so­ciété d'hyper-consommation, du rien n'est trop beau, d'un narcissisme blasé, qui font peur. Échange type : « Plus tu as de l'argent, plus tu en veux » et dire « C'est pas vrai » est mentir.

    Le blâme pour la tendance actuelle ne repose pas uniquement sur le néo-conservatisme, loin s'en faut. Il est surtout un solide retour du balancier en contrepartie de la tendance néo-libé­rale d'aupara­vant ; reconnaissons tout de même une excès marqué de la troupe de Bush. Le grand coupable c'est la cupidité, la rapacité du genre humain qui se complaît dans l'égoïsme.

    Il faut un art certain pour monter au sommet mais visé haut n'est pas synony­me d'une fuite vers un eldorado qu'on exalte par convoitise. La droite oublie vite son penchant à la compas­sion qu'elle dit détenir. La gauche devient vite caviar au pouvoir. Tous se vautrent benoîtement.

    Nos sociétés gratifient les talents monnayables. Ceux qui en disposent les exploitent à outran­ce. C'est une course à la fortune jamais rassasiée qui fait figure de réussite. Les moins vei­nards, qui s'arrangent. Le rôle de régulation de nos sociétés est escamoté. Chacun de nous peut agir pour qu'il soit recentré dans l'effort et la générosité. On ne pourrait mieux se souhaiter.

    Notre monde, toute société est repu de talents, tous méritoires qu'ils sont. S'ils pouvaient s'e­xercer plus, se réaliser sans lutte inutile et déstabilisatrice, nous côtoierions la terre promise.

    Paul p. Pluteau/PpP

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    30 juin, 2006
    Le 01 juillet, Fête du Canada ; fête du déménagement au Québec
    ppp@videotron.ca
    FINAL

    « Prendre pour nous autres, c'est pas de prendre contre eux-autres. C'est ça qu'ils ne comprennent pas. » C'est la seule citation que nous ferons de Reggie Chartrand mais c'est celle qu'on doit retenir à la veille du 1 juillet, Fête du « Kanadéâ » ; Jean Chrétien.

    C'est la manière qu'il prononçait Canada et ne vous offusquez pas que nous le para­phra­sions ici. Vous l'avez élu PM pour une décennie — 1993 à 2003 — et il a été englouti par les com­man­dites dans une fin abrupte. Nous avons eu cesse de vous le dire et vous n'écoutiez pas.

    Il y a eu la Loi sur la clarté de Stéphane Dion suite de la courte défaite référendaire de 95. Le Bloc Québécois n'a fait élire que 44 députés avec 37,9% des suffrages lors de l'élection de 97 ; le Parti libéral du Canada, 26 députés avec 36,7%. Il a continué à gouverner le Canada avec plus d'appuis du Québec. Le PLC avait décliné aux trois élections précédentes (35,4% en 1984, 30,2% en 1988, et 33,0% en 1993). Le point marquant c'est que le BQ mangeait une claque après la gifle à Dion. Il avait fait élire 53 députés aux élections de 93 ; le PLC juste 19.

    Beaucoup de nous au Québec n'écoutent pas non plus. Pourquoi en est-il ainsi ?

    Nous avons notre petit Canada, ici au Québec : l'Ouest-de-l'île ou plus communément appelé le West Island de Montréal ici à côté. Sa proportion d'anglos-francos est comme celle du Canada : 70-30 % pour faire des chiffres ronds ou 67-33 %. Et saviez-vous qu'on n'y présente même plus de films en français mais en arabe. Rien contre, mais ils n'écoutent pas non plus.

    Le Québec compte une population de 7,5 millions d'habitants. La proportion de francos est 82% soit 6 millions. Le Québec a voté à 50 % (encore un chiffre rond) au référendum de 95. Faites le calcul ; seulement 2 % de non-francophones ont voté Oui. C'est donc dire que les francos ont massivement voté Oui. On arrondit à 60 % le nombre qui a voté Oui. C'est dire.

    Francos
    Avant d'aller plus loin, il faut définir le terme en sous-titre. Sont-ils Canadiens-Français, Qué­bécois ou quoi d'autres ? Une majorité au Québec vous dira Québécois mais c'est loin d'être une appellation unanime. Le 18 % de non-francos ne s'y reconnaît pas ainsi que plusieurs francos. On ne peut forcer une épithète que trop refusent. Parmi les francos, l'attachement aux termes Canada et Canadien est très puissant. Nous fument les premiers à en être.

    Bien sûr on tend à donner au terme Québécois, ou on essaie en tout cas, une valeur civique et non ethnique : la première serait tous ceux habitant le territoire québécois ; la seconde, de descendance ou d'origine française ; les « de souche » comme ils sont appelés communé­ment. Mais beaucoup de parlant français ne le sont pas : Maghrébins, Vietnamiens et autres.

    L'appellation Canadien-Français a été rejetée massivement au tournant des années 60 quand les Québécois se sont redéfinis, tourné la page du passé. Elle est révolue tant elle charriait des vieux réflexes de « porteurs d'eau et coupeurs de bois » ou hewers of wood and drawers of water. Elle ne pourra jamais plus être restaurée. Que peut-on utiliser pour la remplacer ?

    Bonne question ! Avant de tenter une réponse, il faut chercher à mieux cerner le groupe majoritaire soit les Québécois. Ils sont les descendants, en grande partie, de Normands et de Bretons. Vous êtes aussi, Canadiens-Anglais de descendance britannique, en partie des Bretons. L'Angleterre n'est-elle pas aussi connue sous le nom Grande-Bretagne soit Bretons ?

    Les Bretons ont conquis l'Angleterre pour plus de 300 ans ; retournez à vos livres d'histoire pour en savoir plus. Mais nous Québécois, faute de mieux pour l'instant, en sommes les descen­dants directs. Une clarification de ce que cela signifie est en cours au Québec. Que dit-on ?

    « Les vrais ancêtres des Québécois, c'est pas les Français, c'est les Normands, le pays. Si tu veux connaître un peuple, il faut connaître ses vrais ancêtres. Les Normands sont ni oui, ni non, peut-être que oui, peut-être que non. Des personnes avec un très beau sourire mais avec la dague ou le poignard dans le dos ; quand c'est le temps de faire quelque chose dans la simplicité, ils ne sont pas capables de s'entendre entre eux. Les qualités maintenant : ce sont des travaillants, des envahisseurs, pour construire un pays. » Auditeur Jean-Paul, CJMS1040, 26 juin, 06. Ou encore « On descend des Normands, on est au deux, on était soit double gagnants, soit double perdants. » Stéphane Gendron, 98,5FM, 27 juin, 06.

    Tout ça est lourd de sens et très parlant. Est-ce nécessaire d'extrapoler sur notre proverbiale ambivalence ? Ajouter à cela une dose d'hypocrisie à la britannique et le tableau est complet.

    Donc, comment est-ce que nous nous appellerons dans le futur ? Tout est possible. Québé­cois sûre­ment mais aussi Canadiens, au sens ethnologique, et tant que le Québec fera partie du Canada, soit des défricheurs, des conqué­rants, des gagnants sur une terre hostile. Nous nous y sommes collés, adaptés et entichés de ses premiers habitants, les auto­chtones. Beaucoup de nos pères y ont trouvé couche. Dans notre sang y coule aussi leur sang.

    Cela aussi est très parlant. Notre intuition, notre capacité de déceler, de sentir l'autre, de jauger en découle. Notre goût de la forêt, de la nature et de l'environnement d'où notre appui massif à Kyoto s'y explique. Mais aussi, notre propension à vivre le moment présent, de ne pas toujours être des plus prévoyants. Nous avons aussi, beaucoup de sang irlandais, écossais et de bien d'autres nationalités. Nous sommes uniques et difficiles à nommer.

    Mais tout s'explique. Nous sommes multi-raciaux et parlons français, seule langue officielle du territoire. Nos ancêtres le parlaient outre-mer ou partout dans le monde ou nous avons dû l'adopter une fois rendus sur cette terre. Nous l'avons gardé ou adopté : dans les deux cas, nous y avons adhéré. Nous y sommes restés fidèles ou ils s'y sont attachés ; même résultat.

    > adhérence (nom féminin) État d'une chose qui tient à une autre, qui adhère.• (mediadico.com)
    > adherence 1. Fidelity, as to a party or principle. 2. The act or state of adhering or clinging • The RandomHouse Collegiate Dictionary
    > adhérer (verbe transitif) Être fortement attaché à quelque chose, être comme soudé.• Approuver, être partisan.• (mediadico.com)

    Bingo ! Le mot a la même signification en français et en anglais, héritage de notre filiation mil­lénaire. Ajoutons-y quelques synonymes et tout y est : adhésion, accord, assen­timent. Nous serions des Canadiens d'adhérence française (CAFs) pour avoir gardés la langue, la culture française ou s'y être imprégnés, par respect. À ne pas confondre avec allégeance, alle­gian­ce, acte d'obéissance, manifestation de fidélité, de soumission, d'inféodation, d'obédience.

    Révolution tranquille ou non
    Désignation consacrée. Tout n'a pas été tranquille mais dans les cir­constances, cela fut. Si on exclut le bref épisode FLQ de perdus de 1970, ou de quelques mouve­ments radicaux ou syndicaux, la transition d'une société de dépossédés à propriétaires (haves not to ha­ves) s'est faite dans la civilité, encore signe de notre penchant pour le changement dans la continuité.

    C'est notre côté terrien, « groundé ». Mais, il y a un climat d'impatience actuellement au Qué­bec. L'absorption rapide de milliers de nouveaux arrivants qui n'adhèrent pas rapide­ment ou facilement à la culture française, dominante au Québec, crée des remous, le dernier en liste, la projection de films en arabe et plus en français dans l'Ouest-de-l'île. Retour dans le futur.

    Un réveil s'opère présentement, réminiscences des années 60. Il y a un sentiment d'urgence que les choses ne peuvent être laissées aller, très semblable au mouvement McGill français. Une chose unie tous les CAFs : l'attachement à la langue. Fut-elle en danger que tous se sou­lèvent comme un seul soldat pour la défendre. Et l'on parle même de révolution ; mot honni.

    Tous n'ont pas la même définition du mot : tranquille comme avant, plus sévère voire même dans le sang ; des appels « aux armes citoyens » se font entendre. Cela est très contre natu­re mais il faut quand même s'en inquiéter. Il existe deux exem­ples de révolutions : étasunien­ne en 1776, française en 1789 ; toutes deux libératrices mais faites dans des bains de sang.

    Il est difficile de savoir si tous ceux qui prononcent le mot révolution connaissent l'ampleur et les conséquences de leur appel. Vaudrait mieux que non mais ils ne peuvent être pris à la lé­gère. Des changements doivent s'opérer avant que ça dégénère. Il y a aussi un tel climat de lassitude face à la chose politique, nourrissant le climat d'exaspération. Le scandale des com­mandites continue à discréditer toute la classe politique et il y a une totale perte de confiance.

    Les repères habituels sont rejetés. Les deux grands partis, le PLQ et le PQ sont discrédités. Aucune solution crédible de rechange se pointe à l'horizon. La nature a horreur du vide. Le vacuum doit se résorber. D'aucuns en appellent à la repossession du Québec : l'Indépendance.

    Souveraineté
    Le statu quo est intenable et les choses doivent se placer d'un bord ou de l'autre : rester au Canada et enterrer le mouvement indépendantiste ou, à contrario, faire cette indépendance qu'on en finisse de faire du surplace. Pour les CAFs, c'est la deuxième option qui l'emporte.

    Nous avons nos divisions bien sûr. De un, le manque d'un médium pour réaliser l'aspiration. De deux, la peur de l'inconnu. Et de trois, la fragmentation naturelle de tout regroupement.

    La dernière élection fédérale de janvier est venue creusée les lignes de démarcation. Les dix comtés remportés par les conservateurs en sont la démonstration. Tout comme au référen­dum de 95, et encore avec plus d'acuité en 06, c'est à Québec et sa région limitrophe, dont la Beauce, où la cadence fausse. Ce constat est clair. Les raisons l'expliquant le sont moins.

    Nous risquions un sentiment d'infériorité au texte précédent ; ça existe cela étant dû au pro­vincialisme mal assumé de ses habitants. Que Québec ne soit qu'une capitale provinciale et non nationale ajoute au caractère craintif d'une large bureau­cratie gouverne­mentale qui a peur des pertes d'emplois en son sein. Enfin, le trait conservateur y est nettement plus fort.

    De gros efforts doivent être déployés pour les rassurer. Mais il y a une limite à ce qui peut être fait. Chaque Québécois (habitant de Québec) doit faire l'exercice intellectuel, obligatoire­ment personnel, de transcender sa réticence toute juvénile et se rallier à ses congénères. Qu'ils le fassent ou non n'y change pas grand chose. Leur nombre est trop restreint pour in­fluer sur le destin de tout un peuple. Seulement, la route et l'objectif doivent être mieux définis.

    Québec, Québec
    Voilà qui est répété à volonté. C'est un cri d'appel, de ralliement. Le Canada est tout près d'être considéré comme étranger. Y règne là-bas une déculturation par l'immigration, une accul­turation inversée, refusée au Québec et une américanisation du tout à l'argent aux dépens du mieux-être collectif, de solidarité. La distanciation de nos parcours progresse de jour en jour.

    Ce que tout cela annonce ? Une volonté malgré tout de bon voisinage, la géographie l'obligeant. Des liens économiques étroits seront toujours essentiels. L'obligation de stabilité dans nos relations pour contraindre les forces d'attraction du puissant voisin du sud feront que la transition du Québec province à Québec pays distinct doit se faire sans heurts majeurs.

    La séparation du Québec ne doit pas signifier la disparition du Canada. Pour cela, celui-ci de­vra négocier de bonne foi et sans amertume. Autrement, se mettront en branle, de puissants mouvements déstabilisants pour nos deux sociétés. Le Québec jouit déjà de sa souveraineté culturelle ce qui est loin d'être le cas pour le Canada. En cas de conflit, ce dernier implosera.

    C'est l'annexion successive des provinces aux États-Unis qui s'en suivra. À commencer avec la Colombie-Britannique et son rattachement à l'Alaska. S'en suivront l'Alberta, la plus améri­canisée de toutes les provinces. Celles des maritimes n'auront d'autre choix que de se jeter dans les bras des états de la Nouvelle-Angleterre. Triste constat d'un continent-potentat.

    Vous aurez toujours en nous, chers Canadiens, des voisins plus qu'obligeants. Notre partage à ce jour exige que nous soyons solidaires. Nous sommes au Québec, l'essence de de pays, sa différentiation. Pour contrer l'effet de dominos, vous devez vous coller à nous. Nous ne vous quittons pas. Nous assumons simplement notre personnalité propre. Et nous aimerons toujours vos Rocheuses et nous voudrons toujours partager avec vous notre Saint-Laurent.

    Le temps n'est plus très lointain avant que nous nous parlions franchement : d'égal à égal. À vous d'accepter la main tendue. Si vous la refusiez, nos parcours respectifs en seront que plus tendus. Mais nous savons que nous existerons. Nous voulons que vous existiez aussi. Nous ne déménageons pas, même si nous avons la bougeotte, surtout le jour de : Votre Fête.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    24 juin, 2006
    Bonne Saint-Jean ma gang d'In, et à Québec, les crottes de nez.
    ppp@videotron.ca

    FINAL« Combien il a fallu que je vous aime, pour vous avoir fait tant de peine ! » Yvan Ducharme, en entrevue de nuit avec André Pelletier, CKAC740AM ou « Lâchez-vous « lousse » » sur un ton plus réjouissant. Eh bien, c'est ce que nous ferons pour marquer la Saint-Jean et nous sévirons.

    Nous citions Reggie Chartrand au texte précédent. Ses paroles n'auront jamais étés aussi d'actualité. Voici :

    « André Arthur c'est une autre affaire, lui est « flayé ». Lui y'a peur hein ?

    « Savais-tu ça « toé », que André Arthur a peur de parler de la Souveraineté, puis de l'Indépendance ? [Bin y'é contre]

    « Non Non. Mais. Il veut même pas ouvrir la., une.., une porte pour en parler. Il veut même pas regarder ;

    « Y'a tellement peur de ça qu'il est gelé ben raide [Y'a dit qu'il allait être à la tête...]

    « Tout le monde pense que c'est un brave c'te gars-là ! C'est pas vrai. C'est pas un brave. Y'a peur de parler de Souveraineté du Québec puis quand il parle des., des indépendantistes, il leur parle en fou. Il disait, y'é traite de crottes de nez

    « Ben lui c'é un « mangeu » de crottes de nez

    « Moé, je peux lui dire ça à lui si je le rencontre sur le coin d'une rue. Puis j'va y dire à part de ça !

    [...]

    « J'ai toujours été un indépendantiste inconditionnel.

    « Les syndicats, la manière qu'ils sont partis-là, ils sont en train de « fucker » le Québec bien raide. Si y'arrêtent pas-là, y'aura plus personne qui va vouloir venir s'implanter « icitte », dans la province de Québec, puis faire des affaires. Les.., les.., les syndicats sont devenus l'ennemi des patrons, puis les patrons sont devenus l'ennemi du syndicat, parce que ça marche pas. Ils veulent être payés trop chers. Les salaires ont trop montés. Il faut toujours que tu fasses des concessions pour faire travailler son monde. »

    C'est donc le gros bon sens des années 70 remis à la sauce 2006. Et de la part d'un syndicaliste.

    Nous regrettons avoir apporté notre appui à André Arthur lors de son élection. Son élection et celle de Steven Harper et des conservateurs tournent aux cauchemars. Après l'annonce d'achat d'équipements militaires pour 15 milliards cette semaine, et ce qui ne devrait être qu'un petit départ, il est venu dire dans son « fief » de Québec, que nous n'étions pas une nation.

    C'est un baveu dans le sens que Reggie Chartrand parlait de André Arthur. Comme on peut dire que Gilles Proulx, Pierre Mailloux, ect., ect., sont des baveux.

    Nous avons enfin résolu l'énigme de Québec. Ils sont complexés et leur sentiment d'infériorité par rapport à nous, les Éclairés de Montréal, est extériorisé en faux complexe de supériorité. Ils sont baveux et ils aiment le baveu d'Harper. Et son petit ministre à la con de Bernier dans la Beauce.

    Nous avons bien le profiteur de Fortier ici à Montréal mais au moins, on l'a pas élu nous-autres. Et qui s'essaye pas, le petit sénateur à la noix ! Vous ne perdez rien pour attendre. Ça va être une descente à la Bush pour Harper, la Terreur, et sa gang de supporters.

    Nous revenons à Reggie Chartrand :

    « Moi aussi j'ai cette peur-là. Qu'on devienne une sorte de société de dégénérés puis d'anarchiques. »

    Que voilà bien une crainte légitime ! Mais en le disant haut et fort, tout en se heurtant aux dénis des semi-attardés, des braves se lèveront et feront les changements nécessaires au Québec. Et ce ne sera pas le temporaire de Boisclair ! Mais c'est juste une job d'été qu'il a.

    Paraphrasons un grand de notre peuple : « On est peut-être quelque chose comme un grand peuple. » Inutile de faire la leçon mais il est bon de se le rappeler. C'est à chacun de nous de raisonner, et de se dire qu'on peut être encore plus grands. Certains diront que ça manque d'arguments de simplement se dire qu'on est grands. Ils n'ont pas encore compris que nous sommes simplement biens mais que chez d'autres habite un complexe de colonisés. Voilà !

    Encore Reggie Chartrand :

    « Ben je vais te dire une chose. Regarde ça, je vais t'expliquer de quoi. [ben moé, je vais t'expliquer de quoi.] OK parfait.

    « Dans l'affaire de., de, des commandites, moi j'ai deux héros là-dedans. C'est deux femmes. C'est Myriame Bédard et puis Sheila Fraser, vérificateur général pour le Canada, qui se sont tenues, qui se sont tenues debout au « boutte ». Eux-autres, je les aime beaucoup.

    « Y'a du monde, qui, y'a quelques personnes-là qui dérangent le jeux de beaucoup de gars. Mais ce qui m'a surpris, c'est que le Juge Gomery, y'a pas fait entendre les gars qui avaient volés des millions, parce qu'il faut dire la vérité. C'est ça ! [Y'avait pas le pouvoir]

    « Non puis à part de ça ; non y'avait pas le droit ; il travaillait pour Jean Chrétien. Jean Chrétien son destin lui [il travaillait pas pour Jean Chrétien, il travaillait pour Paul Martin, c'est Paul Martin qui était là] Paul Martin puis Jean Chrétien qui étaient premiers ministre mais qui y'avait comme destin de sauver le Canada au détriment du Québec. Alors, c'est gars-là, y'attendent leur procès. Mais si cinq millions, dix millions ou 20 millions en poches, ils peuvent se sauver puis aller où ils veulent. [Les politiciens se sont servis de leur impunité.]

    [...]

    « Tout ça, ça été fait pour empêcher la Souveraineté du Québec puis nous voler le référendum. [Ça, shu d'accord]. Puis, y'ont réussis. Alors il faut dénoncer ces gens-là. »

    Plus tard sur les leaders souverainistes :

    « Y'ont pas dans la tête, leur but, leur cause, c'est pas l'Indépendance du Québec [cé leur bien-être personnel]. C'est de bourrer leurs poches d'argents. [That's it] Comme les commandites qui se sont prostitués, ces Québécois-là. Y'a des gars qui m'ont dit, c'est des Québécois. Ben moi j'ai dit ils travaillaient pour des Anglais. Les boss là-dedans, c'était des anglo-saxons. »

    Nous terminerons en recitant M. Yvan Ducharme :

    « J'écris toujours ! Si j'avais pas écrit dans la vie, ça ferait longtemps que je serais enfermé. Je serais fou raide, malade ». Eh bien nous allons écrire pour dénoncer la folie et aujourd'hui, en notre Fête Nationale, nous aurons encore tourné une belle page de notre histoire.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    20 juin, 2006
    Chères chaires chers ; chairs des pairs, pères et mères ; un maire à la mer ; non à la pêche à manger des pèches ; à pêcher ou à pécher ?
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Nos excuses pour le retard. Vous ne perdez rien pour attendre. Tant d'actualités à commen­ter et le temps manque. Mais on oublie rien. À l'approche de la Fête Nationale, il faut quand même faire un petit tour d'horizon de nos médias. La Saint-Jean Baptiste, notre saint patron, marque le début de l'été au Québec. On l'a pas volé. Et plein de démagogie sur toutes les tribunes des postes de radio. Gardons les choses simples et faciles à comprendre pour tous.

    Pour faire suite au texte précédent, aucun développement à ce jour. Nous avons bien sûr par­lé à quelques personnes nommés dans le texte. Tous sont dans le déni. Qu'il est difficile de faire admettre quelque tord au Québec. La Conquête poursuit son oeuvre d'assouvissement.

    Il y a bien quelques braves, des monuments. « Je continue de me battre pour l'Indépendance parce que c'est une défense pour la nation québécoise. Eux-autres, ils sont tannés de se fai­re écoeurer par nous autres. Ben c'est correct ! Vous êtes tannés, bin donnez-nous l'Indépen­dance. Pas de problème ! Arrêtez de saboter.., arrêtez de saboter les référendums puis on continue nous autres. On reviendra pas comme avant. On fera plus les petits moutons tondus, puis des timorés, puis des soumis ; on va marcher, on va faire l'Indépendance du Québec. »

    Reggie Chartrand en entrevue avec Maximilien Bradette de CJMS1040AM il y a quelques semaines. Ce dernier a traité un auditeur de « tête de rubber » la semaine dernière. On a le goût de dire : « Celui qu'il le dit, c'est celui qu'il l'est. » Gary Daigneault a quitté les ondes tel que prévu vendredi dernier. Il est parti pour une radio en Abitibi, une perte pour nous à Montréal.

    M. Jarraud est de retour de son voyage d'Italie et il est accompagné le matin de M. « Surpri­ses sur prise », Marcel Béliveau. Très rafraîchissant. On se rappellera de sa faillite colossale d'il y a quelques années où il fut traîné dans la boue. On jette vite la pierre au Québec. Quel­qu'un ne peut avoir le succès qu'il a eu et soudain devenir moins que rien. Si, Guy Cloutier !

    Donc les vacances et les retraites qui s'annoncent : M. Jean Cournoyer quitte parce que tan­né d'avoir à défendre son cher Canada. On l'aime bien, lui et le grand pays from sea to sea to sea mais un peu d'impartialité aurait aidé. L'annonce n'est pas encore faite dans le cas de Gilles Proulx mais ça ne saurait tarder. On va bien le regretter..., de la classe quand même lui.

    Ah oui, la semaine dernière, le gourou psychiatre qui est plus fou que ses malades, a été remplacé par un certain psychologue Faubert. Vous dire qu'il était plaisant à entendre n'est pas suffisant. Il était inspirant. Un auditeur a appelé pour le lui dire ce qu'il a reçu très joli­ment. Qu'est-ce qu'on attend pour « crisser » Mailloux dehors et sauver quelques cent milliers dol­lars par année ? Jeannine Ross a une patience d'or de l'endurer et CKAC est inconséquent.

    Ce bref survol de nos ondes montréalaises ne nous détournera pas du vrai but de ce texte. La semaine dernière a encore été riche en événements. Nous en retiendrons trois : des Bel­ges dans le Québec « profond » qui sont ostracisés, le Mont Orford et le bâillon de Charest.

    Les Trusewicz de Saint-Magloire de Bellechasse, PQ
    Vous avez lu cette histoire du mardi 13 juin dans Le Journal de Montréal ? Nous sommes en mal d'immigrés parlant français au Québec et nous sommes même pas capables de bien les accueillir. Cette histoire est trop triste mais il faut en parler parce qu'elle illustre très bien ce que nous dénoncions au texte précédent : encore le maudit conservatisme québécois.

    Donc une famille belge qui est attirée ici par opportunité d'affaires. Elle achète une grande maison pour y installer une maison de retraités et aucun ne vient y loger. Si, si, aucun ! Dans la paroisse qui se meurt, on les qualifie « d'étranges », qui ne feraient pas du « bon manger » comme nous autres. Donc, tous les vieux les fuient comme la peste. Ils n'ont aucun ami.

    Il y a bien eu un couple suisse qui est venu pour quelques mois avec qui ils s'étaient liés d'a­mitié. Mais ils ont fui devant le rejet qu'ils ont aussi subi. Les chanceux n'avaient pas encore investi. Mais les Trusewicz ont tout mis sur leur maison et qu'ils ne peuvent plus vendre. Ils en sont prisonniers. Et du Québec profond ! Imaginez si cette histoire sortait en Belgique !

    C'est tout ce qu'on mériterait. Quelle belle bande d'hypocrites nous sommes ! Ah bien sûr, les maisons sont propres et on est travaillants pour faire vivre nos enfants. Qu'en est-il d'assurer une éducation et garantir la réussite, le potentiel personnel de ceux-ci ? Qu'en est-il sur notre ouverture sur le monde ? Qu'en est-il de notre avenir collectif sans avoir à « licher le cul » de personne. On se traite de trous de cul de part et d'autre et on se rabaisse nous-mêmes.

    Le bon maire Gendron en a parlé sur ses ondes et a interviewé la dame, digne malgré tout. Elle a relaté que les « habitants » du village changent du côté de trottoir devant leur maison. Mais qu'est-ce qu'ils peuvent être cons ! Ah oui, le maire les a invités à venir s'installer à Hun­tingdon. La place y serait certainement plus accueillante et plus près de Montréal, l'Éclairée.

    Le Mont Orford
    Nous parlons ici d'une montagne noble de l'Estrie, s'élevant majestueusement le long de l'au­to­route nationale 10. Et elle est marchandée pour quelques millions à Paul Gobeil, ex-argen­tier du PLQ. Donc il pourra se repayer pour « bons services rendus ». C'est le festival des commandites établis en système. Tout pour s'en mettre plein les poches à même les autres.

    Nous sommes encore ici dans le conservatisme mais à la britannique. Les politiques font par­tie d'une caste aristocratique où tout leur est permis. On patauge avec les Boulay, Brault, Corri­veau, Guité, Lafleur, Gougoux, Parisella, Lemay, Gosselin, Pelletier, Côté « beu » de Matane, Guitard, Chrétien, Pichette, Corbeil, Béliveau, Dezainde, Françoise Patry, Coderre et Lu­cien­ne Robillard. Est-ce que la liste est assez longue ? Et nous avons pas nommé Gagliano, Cof­fin, Morselli, Martin, Lawrence Bergman, Russell Copeman, JENNINGS, Marlene et les autres.

    Et nous trouvons deux autres ignorants dans le dossier : Claude Béchard, ministre du déve­loppement durable et Alain Larouche, directeur général de Tourisme Cantons-de-l'Est. Un vient du bas du fleuve, l'autre du Lac Saint-Jean. On revient au Québec profond. Très profond, de gens venus dans la grande ville, ou tout près, et qu'ils croient avoir réussis. Des lèche-bottes, non des lèche-culs pourris en bon québécois.

    Alain Larouche, pour commencer... ou Fabienne tant qu'à y être ! Les deux sont du fameux Lac-Saint-Jean. Là où on vous prend pour la GRC. Mais encore ? M. Larouche était aussi commissaire touristique dans la ville d'Alma. Et vous dire-là, mais vous dire ! Un potentat ! Aucune initiative n'était laissée à un autre. Monsieur menait tout comme un Napoléon.

    Il était jeune alors..., et moins gras ! Sa grosse face-là. Où se situe-t-il sur la question Orford ? Lui seul le sait. Sûrement du côté des gros bonnets. Du monde avec de l'orfèvrerie, de l'argent-là. Si on se rappelle, Monsieur avait une femme qui chantait. Mal ! Mais il aimait la gloriole. Même une Gagnon-Tremblay, joli nom du terroir, l'a cité.., et Monsieur s'est fâché.

    Enfin, c'est assez. Il faut parler de l'autre, Béchard-là ! Mais qu'est qu'on a à amener des moins que rien en ville ? Lui-là, on ne le nommera pas, c'est trop dégradant. Ouais, lui-là, du bas du fleuve-là, pourquoi ils sont tous innocents par là ? Des lèche-culs !

    Un gros ménage, au Québec, ça prend. Pas une révolution ! Un gros ménage. Et Charest de passer en premier. Pour le remplacer par qui ? Par Boisclair, tiens. On va bien rire. Y'é tellement mêlé, puis avec son Nicholas Girard qui parle plus vite que son ombre.

    Charest et le bâillon
    Jean Charest, que l'on prononce avec l'accent tonique comme dans marais. Il est souvent appelé charrette ; à trois roues. Il lui en manquerait une ou une de trop, c'est selon qu'elle en aurait deux ou quatre. Mais surtout, elle « avancerait par en arrière », joli pléonasme québé­cois. Dire que Charest est le pire Premier ministre de l'histoire du Québec, c'est comme dire que George « doublevé » Bush aura été, dans l'Histoire, le pire président des États-Unis.

    Mais où est-ce qu'on s'en va ? C'est trop laid pour contempler ! Et on impose le bâillon. Non !

    En conclusion
    Ce sera la Saint-Jean, bientôt. Et nous vous reviendrons. Paraît que Monsieur Le maire, vous savez de Huntingdon-là, paraît qu'il est parti en voyage de pêche. Depuis, aucun bip de lui, c'est, dire-là !

    Mais pour revenir au titre-là, est-ce qu'il pêche ou est-ce qu'il pèche ? Les deux peut-être ! Une chance qu'il y a la radio avec tous les postes pour se changer les idées. Mais lui-là, oui, oui, lui-là, qu'est qu'il va faire quand il va être grand ? Il devra bien grandir un de ces jours ! On lui souhaite bonne chance et on vous revient pour la Saint-Jean. Merci. Merci beaucoup.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    10 juin, 2006
    Une radio distincte : Proulx, Gendron, Bradette et les autres
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Les bouleversements du monde radiophonique se poursuivent. Après d'autres nombreux changements d'antennes, voici que Christiane Charest remplace Bazzo à la radio de la SRC à l'automne. Voilà peut-être la meilleure nouvelle de tout le lot. Plus versatile, Charest va sûrement renouveler le genre et offrir une alternative moins élitiste à la radio privée.

    Nous poursuivons notre couverture médiatique mais celle-ci devient tout aussi désolante que celle des milieux politique ou économique. Il y a une raison très simple à cela. Ils sont diri­gés et animés par des Québécois qui partagent les mêmes traits de caractère que dans tous les autres domaines. Quoique qu'on peut toujours compter sur quelques irréductibles pour maintenir la barre, nous réabordons ici le trait conservateur effleuré dans le texte précédent.

    On y parlait bien aussi du talent d'innovation des Québécois, sujet beaucoup plus réjouis­sant. Mais il faut évaluer si ces deux traits s'équivalent ou lequel est le plus fort. Le constat penche vers l'affligeant. C'est d'autant plus évident à l'écoute de la radio, notamment de la radio d'o­pinions ou parlée de Montréal. Allons-y progressivement, en ordre croissant, du moins pire au pire du pire, là où les auditeurs subissent des lobotomies, le décervelage, et l'endoctrinement.

    Gare à ceux qui veulent s'en défendre sur les tribunes. On ne devrait s'opposer aux idées, le dire haut et fort. C'est crois ou meurs. La soumis­sion im­matu­re, la béate obéis­sance reli­gieu­se persistent toujours. Il faut rentrer dans le moule sur les ondes, conforter l'animateur ou se voir bafoués par lui ou les appelants sui­vants. C'est l'arme des simples d'esprit qui ont subi et perpétuent les mauvais traitements. On reste à l'état du primate, incapables de relèvement.

    En quoi le conservatisme québécois est-il si évident, comment le définissons-nous au juste ? Nous parlions au texte précédent d'une « incapacité de faire un examen de conscience et d'appor­ter, lentement mais sûrement, des correctifs qui s'impo­sent. » C'est d'entêtement, d'enlisement dans des comportements déviants dont il s'agit, de blocages rendus malveillants s'ils leur sont relevés par autrui, ne pouvant être que des mécréants. Tout est refus et dénis.

    Tout cela est consternant ! L'écoute de la radio en fait la preuve quotidiennement. On use d'aucun arti­fice pour dissimuler, pour détourner de son être réel. La parole est le reflet de la pensée. Mise à nue par la radio, on l'utilise comme arme pour assujettir au lieu d'éclairer. S'il pouvait s'agir davantage du second que du premier, le Québec ne serait pas tant sclérosé. À sans cesse se buter à la contrariété, on ne peut cibler et s'activer à l'amélioration de son État.

    Nous poursuivons donc notre couverture des médias, radio cette fois-ci, mais plus pour se désoler de l'infantilisme qui y règne. Un amateur laisse ses penchants per­sonnels détein­dre sur ses opinions. Un professionnel ne détient pas une si haute opinion de lui-même pour croire qu'il sera aimable et apprécié juste en jouant de sa personnalité. Il aura développé sa maturité d'esprit sans se rabattre sur des confrontations futiles et nourrir des débats puérils.

    98,5FM
    Nous rappelons ici les propos de Pierre Arcand, président de Corus Québec : « Sans être nos­tal­gique, il n'est pas certain qu'on reverra l'âge d'or de la radio, [...]. Mais il suffit parfois d'une bonne idée. » Le merveilleux monde des médias jumelé au Web ; 18 mars, 06. On semble incapable de trouver la formule. En tout respect, la solution pourrait se trouver dans des points de vue mitoyens, trouver un juste milieu, ne pas exacerber les hargnes et sentiments douteux.

    Corus est propriétaire des deux stations d'opinions les plus importantes à Montréal : celle en sous-titre et CKAC730 AM à la section suivante. Pour le 98,5, le verdict est toujours en suspens. Des trois vedettes maison du matin, midi et retour à la maison, c'est certainement le professionnel de la radio du matin, Paul Arcand, qui s'en tire le mieux. Son départ a été lent mais son coup médiatique avec le film Les Voleurs d'enfance, lui a redonné de l'élan.

    Ce qui nous amène aux deux autres animateurs, Gilles Proulx du midi et Stéphane Gendron en soirée. Proulx est en fin de carrière et son style coloré ne parvient pas à dissimuler des lacunes très graves sur le plan personnel. Il est arrogant, bigot, sarcastique et anachronique. Il a fait sa marque pour la qualité de son français ; aussi par la menace de « flusher » qui osait le débattre. Qui n'a pas subi sa subtile mais tout autant directe verve railleuse et moqueuse ?

    Mais pourquoi, à l'orée de la retraite, pour les vacances de l'été, c'est souhaitée, confond-t-il gaieté de coeur avec aigreur, élitisme avec populisme ? Il galvaude des clichés archi usés tout en se disant cultivé. Serait-il le prototype de sa génération ? Se butant à l'incapacité des siens à le comprendre, il a sombré dans la querelle, versé dans l'hypocrisie. Comme d'autres très éprouvés, il a dégénéré par le litige dans ses rapports avec l'inconnu et dans l'amertume.

    Pour en saisir l'étendue, il faut connaître son objection acharnée à la venue sur les ondes de son collègue du soir, Stéphane Gendron. Il a exposé ses craintes d'être délogé et les a gros­sies à l'auge de la confrontation. Encore cette semaine, il déclarait : « Stéphane Gendron nage dans l'argent, dans les médias, il est populaire [tout à fait, tout à fait]. Il a déjà dit qu'il n'haïssait pas l'ADQ, moi je le félicite d'avoir dit ça ! [...] Mais M. Gendron peut se contredire car il change d'idée parfois, [tout à fait, alors..]. Alors, il ne suffit que de traverser la rue pour changer d'idée [tout à fait]. Ce qui est vrai aujourd'hui ne l'est pas nécessairement demain. »

    Gendron est plus homme de son temps, dans la trentaine, malgré des failles, lui aussi bien évidentes. Deviendra-t-il la pâle copie de son aînée ou saura-t-il influer sur son parcours pour en changer la trajectoire toute tracée ? Il en a la capacité malgré les nombreux blâmes qu'il subît sur les ondes. Un auditeur l'en suppliait presque cette semaine : « J'ai hâte que vous preniez un peu de maturité, que vous ne généralisiez pas à partir de vos états personnels. »

    À un autre il déclarait : « Les tribunes téléphoniques, c'est un exutoire. » À tel autre qui le lui reprochait, il rajouta : « c'est un déversoir, un reposoir. » Cela n'était pas le pire. Il associa même le FLQ, un groupuscule, à la mouvance extrémiste musulmane internationale. Devant les objections répétées qu'il colportait les pires calomnies des Anglais envers les Québécois, il refusa d'en démordre et déclara : « Y'ont raison les Anglais. [pourquoi ?] Bien parce que ils sont plus intelligents. » ce à quoi l'auditeur lui répondit : « Un peu plus que nous autres.

    « On l'accorde, d'accord. » Gendron craignit de voir ses propos associés au racisme du doc Mailloux, et l'auditeur de lui dire : « L'Histoire est toujours du côté des vainqueurs. » Autre ob­jection de sa part que nous aurions passivement subi la Conquête en 1759. « C'est tout. » sur quoi il fut encore débattu : « C'est vrai, les Québécois, qu'on a beaucoup à apprendre. [...] Il faut évoluer dans la vie-là. Mais jamais je laisserai dire des calomnies sur les ondes. »

    Triste échange lancé sur des élucubrations et refus de l'admettre publiquement. Malgré tout, l'humeur était respectueuse de part et d'autre. On fait ici dans l'information spectacle. Gen­dron aime les parties de ping-pong avec l'auditoire ; elles tournent souvent en Ding et Dong. Il nourrit délibérément la controverse mais à trop divaguer, à manier la langue comme « l'épée on doit périr par l'épée », Les héritiques. Sombrera-t-il avant même d'accomplir sa destinée ?

    CKAC730AM
    Le monde du AM subit des heures plus que sombres sur les ondes françaises. Il en est tout autre du côté anglais. Pourquoi ? Parce qu'il a été dépouillé pour le FM. Combiné à une rare­té de talents, c'est la disette. Le plus bel espoir de toute radio confondue, Mario Langlois, a lui aussi déserté pour la télé de la SRC. Son remplaçant, Pierre Trudel, fait une radio légère.

    Nul besoin de trop s'attarder ici. On ne semble tout simplement pas saisir chez la direction la résilience des auditeurs qui restent fidèles au AM ; et ce ne sont pas tous des dinosaurs. Outre le sport qui y est très bien servi et très populaire, tout le reste de l'antenne est à revoir.

    On confine encore des personnalités comme Cournoyer et Larose à des face-à-face simulés. On sous-estime la portée des tribunes qui sont souvent désertées. Les sujets abordés sont trop souvent collés sur une actualité insignifiante. On se complaît à un rôle de second violon.

    Mais le plus navrant à cette antenne est de promouvoir et de stimuler une controverse de bas étage animée, en outre en après-midi, par un gourou inculte et ignare. Il confond le lan­gage ordurier à une parole choc qui, pour provoquer le changement, peut ébranler. Ses dix années à l'antenne prouve son attrait auprès de l'auditoire. On est ici dans le domaine de la secte.

    Nous avons nommé doc Mailloux. Sa propension à nourrir un égo et se vautrer sous les pro­jecteurs est de l'ordre du maladif comme plusieurs de ses congénères, originaires de la même région. Nous abordions la chose déjà en parlant de Solange Harvey : « [...] une propension démesurée à se mettre sur la sellette par tous les moyens sans qu'on y gagne au change. La liste, à commencer par les Mailloux, Larouche, Tremblay, Raymond, Pedneault, etc. est trop longue pour n'être que le le fruit du hasard. » Anne-Marie Péladeau, aléas [...], 24 oct., 05.

    Il faut revenir à Arthur Buies, texte précédent, pour trouver un début de réponse. Mais les montagnes et le roc de ce coin reculé ont généré plus que des attitudes conservatrices. On y patauge dans le consanguin héréditaire, de la pensée unique si profondément ancrée qu'elle devient la Vérité. Ses habitants se sentent investis de la propager sans imaginer les hérésies.

    CJMS1040AM
    Nous tombons maintenant dans la catégorie des rustres et frustes, des gaurs faisant dans les propos gores. Ce n'est plus de la radio mais un gong-show. On entend constamment des insultes du genre trou du cul en onde de la part des auditeurs sans que l'animateur vedette du midi, Maximilien Bradette, s'y objecte. Son co-animateur, Benoît Bélanger, utilise la même épithète hors des ondes en parlant à un auditeur et il lui reproche d'être « un bel hypocrite ».

    Les opinions ne pourraient être plus déclarées ici présent. Cette station, malgré quelques in­térêts, fait dans le populaire pour ne pas dire vulgaire ; le populeux, le sulfureux. Le co-anima­teur du matin, Gary Daigneault, qui insiste sur la prononciation anglaise de son nom en bon acculturé, quitte la station la semaine prochaine. Il se plaît, depuis l'annonce de son départ, à faire de l'humour avec un certain succès. Il faut entendre l'imitation qu'il fait de Bradette pour l'appel aux auditeurs d'appeler en onde. C'est un règlement de compte, une guerre de coqs.

    Dire que l'animateur vedette du matin est nul autre que Lucien Frenchie Jarraud qui, agé de 82 ans, signe là une bien triste fin de carrière sur des ondes indignes. Sa culture profonde contribue malgré tout à relever le niveau de respectabilité et il est tout de même bon à en­ten­dre. Autre exemple d'insignifiance : la distinction que fait Daigneault entre écouter et entendre.

    Selon lui, écouter serait le bon mot parce qu'il permettrait de répéter les propos correctement le lendemain alors qu'avec entendre, ils seraient rapportés tout croches ! Heum !! Un auditeur lui a bien fait comprendre que c'est plutôt entendre qui importe parce qu'il fait le bon lien avec comprendre. Écouter est galvaudé au sens québécois ; confondu avec le mot obéir ; assimilé à une obéissance aveugle si répandue telle qu'élaborée ci-avant. Peut-être l'aura-t-il compris ?

    S'il a entendu avant bien sûr ; c'est à douter fortement. Malgré tout, il n'est pas dans la catégo­rie des têtes de pioche, des bornés des collègues du midi. Les propos qu'on y entend là sont dangereux. Dans la foulée des arrestations d'extrémistes de Toronto, tous les propos haineux ont été déversés. Bradette n'est pas sans talent, mais à l'image de Gendron, quoique à un ni­veau nettement supérieur, irrécupérable, il confond authenticité et pertinence de ce qu'il dit.

    Il n'a aucune capacité de seconde réflexion, de relativiser et de se questionner à l'auge d'une opinion contraire. Elle ne peut qu'être rejetée en bloc, rabaissée et dans son cas « chiée d's­sus ». Originaire aussi du Lac Saint-Jean, il est le dernier venu sur la scène mon­tréalaise à venir nous faire la leçon de ses inepties intellectuelles. Un vrai cancre qui ne peut rien com­prendre ; pire il croît dur comme fer qu'il a raison tel un buffle, un mufle, un batracien béotien.

    La responsabilité à tout ce cirque incombe bien sûr à la direction, ignorante de sa responsa­bilité d'orienter les débats sur des échanges valorisants pour la communauté. Pire elle asso­cie un co-animateur tout autant ignorant avec Bradette. Assez de cette triste nausée à satiété.

    Difficiles débats
    On ne maîtrise pas l'art des débats au Québec. Ils devraient faire évoluer vers des positions plus neutres et non servir à nourrir les égos. Le monde de la radio est encore le meilleur en­droit pour en faire l'apprentissage et une meilleure orientation doit être encouragée. Pourquoi les dirigeants des stations n'en saisissent pas la portée est trop consternant pour l'énoncer ?

    Nous avons proposé des suggestions de juxtaposition de la radio au monde de l'Internet en y associant des tribunes et de l'archivage : Le merveilleux monde [...], sic. Trois mois plus tard, l'idée a été reprise dans plusieurs textes ; des démarches ont été entreprises ; et tout reste à faire comprendre. Nous nous butons à des gens qui parlent à sens unique et n'enten­dent rien. Et dire qu'ils se désolent de l'insignifiance, de la non-rentabilité de leurs médiums. Tant pis !

    Bien sûr, tous ces gens ont des égos plus gros que la Sun Life. Comment une démonstration valable pourrait provenir autrement que d'eux ? Et inutile de même faire allusion que, malgré quelques succès professionnels, ils ne seraient pas là où ils sont aujourd'hui s'ils n'avaient pas quelques talents, ils sont totalement impuissants quand vient le temps de s'autoévaluer.

    On a bien là le reflet de la société dont ils sont issus ; soit comme dit Gilles Proulx, composée d'une majorité de « maternés par le « gouverne-maman » , assis dans leurs chaises hautes » qui attendent au lieu d'entreprendre. Mailloux dirait « pleutres, « ti-casse » ». Trop dégradant !

    Malgré tout, nous continuerons à rester des auditeurs fidèles tout comme à lire les médias écrits sur support papier. Un peu mieux, ils ont pour seule retenue qu'ils oeuvrent par l'écrit et qu'il reste. La télé, n'en parlons pas. Nous conclurons comme Na­thalie Petrowski : « [...] : la télé, c'est bien, mais la radio c'est bien meilleur. » Le retour de Christiane, La Presse, 9 juin, 06.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    04 juin, 2006
    Branle-bas dans les médias ; nouvelle mairie pour Stéphane Gendron ?
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Commotions dans le monde des médias ; Isabelle Vachon, depuis 6 ans en poste au Journal du midi de TQS, se fait aviser d'un non-retour à l'automne une minute avant d'entrer en onde ; Paul Houde, 17 ans en poste à Rythme FM, se voit notifier son congé brusquement et son remplacement par Patrice L'Ecuyer, annoncé le même jour par stratégie de communication.

    Les commentaires allaient bon train : Louise Cousineau à Paul Arcand, 01, 06 ; « Quel monde cruel ! Toute sorte de monde vivent la même chose mais quand c'est public, c'est l'humiliation publi­que. » Et Arcand d'ajouter ; « Le respect passe après les stratégies. [...] C'est la fa­çon de faire. Quand t'as pas de classe, t'as pas de classe. C'était backorder à la quincaillerie du coin. »

    « La radio ne construit plus rien de l'interne au Québec » Thérèse Parisien, chroniqueuse à 98,5FM à l'émission du maire Gendron. « On emploie des humoristes pour aller chercher des cotes d'écoute instantanées. Qu'est que la radio peut apporter plutôt que l'inverse ? Ne pas suivre la télé, les journaux à tout prix, innover de son propre chef. » ajoutait-elle. Bien dit !

    Le petit maire de son surnom, avait parti le bal le matin en s'inquiétant pour son propre poste. Il conseillait qu'il faut toujours avoir un plan de rechange pour mieux rebondir quand on est largué. Le présent texte est justement pour lui suggérer une avenue potentielle le cas échéant, quoi­que peu probable qu'on le retire des ondes à moins d'une bourde colossale à la Gilles Proulx.

    Il est trop fin ou malin politicien pour ça. Il faut l'entendre se ranger à toutes les opi­nions et leurs contraires à sa tribune téléphonique du 98,5FM. À un appelant qui lui suggérait de se recycler dans le chant biblique advenant un revers de fortunes, il répondait dans la positive et d'ajouter qu'il était né le même jour que Damien, toutes planètes alignées, lui-même Antichrist envoyé sur terre. D'aucuns pourraient acquiescer une part de vérité à cette pointe d'humour.

    On lui attribue toutes sortes de visées politiques, surtout sur la scène provinciale. De son fief d'Huntingdon, maire de cette petite municipalité au prise avec de graves problèmes de relance suite à la fermeture de ses usines du textile, il est sollicité par toutes les organisa­tions politiques de tous les niveaux. Où décidera-t-il d'atterrir ? Nous voulons l'aider à réfléchir.

    Entre temps, la métropole du Québec croule sous les déficits. L'administration Tremblay-Zampino annonçait récemment un trou de 400 millions pour l'exercice en cours. Tout semble être mis en place pour des hausses de taxes à venir. C'est un constat d'échec complet pour notre duo en poste depuis cinq ans. La restructuration n'est qu'improvisation et amateurisme.

    La chef de l’Opposition officielle Noushig Eloyan parle d'un fiasco : « une restructuration bâ­clée basée sur une décentralisation à outrance sans se demander quels effets auraient la duplication sur les finances publiques. Il fallait plaire à des banlieues dont tout le monde pré­voyait le départ. Les citoyens n'ont jamais vu les économies d’échelles, [...] » s’indigne-t-elle.

    Montréal compte maintenant 19 maires d'arrondissements et 14 autres dans les villes recons­tituées ; un Conseil d'agglomération composée de 79 élus dont 64 représentants soit 80 % des membres pour la Ville de Montréal ; le Conseil est responsable d’un budget annuel qui re­présente environ 60 % des dépenses totales d’opération et au-delà de 100 conseillers sur l’île.

    Toutes ces structures engendrent coûts et dépenses sur un budget global de 4 milliards $. Chaque maire à droit à son personnel — attachés politiques, de presse, etc. ; un conseiller reçoit un salaire annuel de quelques 48 082 $ et une allocation de dépenses non imposable de 13 716 $. Plu­sieurs cumulent les doubles fonctions siégeant sur des comités avec alloca­tion a­jou­tée. En cinq ans, les dépenses ont crû de 16,6 % et les revenus de seulement 4,6 %.

    Dans ce contexte, il est clair que l'administration Tremblay-Zampino met la table pour les horreurs qui s'en viennent. Mais nous en sommes plus aux constats. Gérald Tremblay est allé jusqu'à demander aux Citoyens de lui faire des suggestions d'amélioration. On ne sait s'il y a une boîte en carton à l'Hôtel de ville où nous pouvons aller déposer nos bouts de papiers.

    Cournoyer-Larose de CKAC730 AM prenaient la défense du maire Tremblay « La défusion a complètement déstabilisé la structure de Montréal. Quand tu t'occupes pendant les deux tiers de ta journée de défusionner, tu peux pas en même temps, dans.., il reste juste un tiers pour t'occuper de ce qui est fusionné. » 01, 06. Nous croyons les problèmes beaucoup plus graves.

    Sans dire que Tremblay est incompétent, nous avons déjà émis l'hypothèse qu'il soit naïf ou encore pire, de mauvaise foi. Pour en finir du négativisme, Les tramways à Tremblay, 28 fév., 06. Il fallait l'entendre la semaine dernière pour constater la rigidité de son langage, aucune inspiration ne dégageant de son texte lu, répétant des insignifiances milles fois entendues.

    On a aussi fait état d'un mini scandale en mi-campagne de l'au­tomne dernier alors qu'ont été soulevées des « relations incestueuses du maire Tremblay avec des donateurs au finan­cement du parti et l'octroi de contrats. » Les méandres de notre démocratie [...], 26 oct., 05.

    En introduction, le 07 nov., nous disions que « Le pouvoir corrompt. » Avec autant de monde pour gérer Montréal alors qu'il y en a de deux à trois fois moins pour des villes plus grandes comme Toronto ou New-York, nous croyons que les occasions font les larrons. « Montréal s'enfonce des les nids d'autruche, des lobbies se graissent et veulent faire taire les oppo­sants, ils les appellent des cruches. » Un appelant à Cournoyer-Larose, 01 mai. Dans le mille.

    Échéance 2009
    Le même auditeur souhaitait l'instauration d'une procédure de destitution et de rappel suggé­rant que de 50 000 à 100 000 citoyens qui signent une pétition forcerait une nouvelle élec­tion avant échéance. Les détails resteraient à préciser mais ce serait un do or die, une pastille empoisonnée ou dragée toxique, une obligation de résultats, un contrepoids démocratique.

    Mais 2009, c'est loin et il faut faire avec. Tremblay a annoncé son intention qu'il sera de la course. Il faut déjà penser qui serait le mieux placé pour le défaire. Le nom de Pauline Marois a circulé comme candidate potentielle. Déboutée dans la course à la direction du PQ, le mê­me sort l'attendrait traînant trop de bois morts à sa suite. Elle est perçue distante, mal-aimée.

    Or, une candidature se pointe à l'horizon. Et nous avons nommé Stéphane Gendron. Ne riez pas ! Peut-être que petit maire pourrait devenir grand. Nous le croyons. Né le 22 décembre 1967 à St-Jean-sur-Richelieu, il est un prototype de son milieu. Il sait entendre et compren­dre soit cette faculté d'avancer, d'évoluer une fois des torts mûris, les critiques valides pesées.

    Arthur Buies, le célèbre chroniqueur du tournant du 19ième siècle, constatait la rigidité des habitants de la rive nord du Saint-Laurent, imprégnés du roc des Laurentides ; Coup de barre et redressement [...], 08 mars, 06. Et nous ajoutions que ceux de la rive-sud, de l'Estrie et de la Montérégie, sont plus ouverts aux changements, aux lancements de nouveaux mouvements.

    Il est paradoxal que le Québécois type est à la fois innovateur et conservateur. L'écrivain français Jules Renard a parlé « d'idiots patenteux », collant autant aux cousins qu'à nous. On dénote presqu'une incapacité de faire un examen de conscience et d'appor­ter, lentement mais sûrement, des correctifs qui s'imposent. Serait-ce un relent de l'acharnement pour la survivan­ce ? Jumelé à un manque d'éducation, on constate même une dégénérescence en vieillissant.

    Stéphane Gendron englobe les deux tendances. Il peut être très inspirant et touchant (voir commentaire 1 et le contenu d'un courriel que nous lui acheminions). Il sait, par exemple, valoriser l'apport de ses employés ; « Nos cols bleus, il faut les estimer. » Voilà bien une rai­son qui motive notre suggestion. Lui seul pourrait tenter de mater les cols bleus de Montréal.

    On lui prête des intentions sur la scène provinciale. Cela est trop gros pour ses capacités. Il est difficile de croire qu'il s'abstiendrait à une ligne de parti, trop habitué à diriger seul. Le maire de Montréal par son poids démographique au sein du Conseil, détient tout les pouvoirs exécutifs et peut faire semblant de la concertation, un rôle taillé sur mesure pour Gendron.

    Encore très jeune, rien ne serait exclu après son passage à Montréal tout comme pour Rudy Giuliani de New-York. Quand il évoque un passage en politique sur les ondes, il parle toujours d'y faire un seul mandat de cinq ans et de « faire le ménage » ; le traitement choc dont Montréal est en grand mal. Les syndicats, la police, les finances, etc., tout est à repenser.

    La mairie de Montréal est l'emploi tout désigné pour Stéphane Gendron. Au fait du monde municipale, il a une expérience directement transférable ; une courbe d'apprentissage à son zénith dès le départ. Avec un minimum de coaching, il évoluerait à Montréal comme un pois­son dans l'eau. Y a-t-il déjà pensé ? Pas sûr et nous manquerons pas de lui faire la suggestion.

    Il faut savoir faire le sacrifice de sa personne et nous parlons pas du tordage de bras que Jean Charest a suscité pour son passage du fédéral au provincial : certains parlent même d'un généreux package d'un million de dollars. Vient le temps où il faut abandonner son cocon douillet et aller où on sait que l'on sera plus utile : c'est le sens des responsabilités.

    Le sachant très intelligent, Stéphane Gendron prendra les décisions qui s'imposent et il ne peut écarter la possibilité de la mairie de Montréal ; et d'y voir un défi taillé à sa me­sure. La situation ne pourrait jamais être aussi mal en point qu'aujourd'hui et la tâche que plus difficile dans trois ans. Mais jamais trop tard pour le pôle mondial qu'est Montréal. À lui de le reluire.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    30 mai, 2006
    Humour et Amour — Humor et Amor — HA and You
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Pour faire léger, on va faire très léger : vive le festival de l'humour, le cirque et la joie de vivre. Nous serions tous des empêcheurs de tourner en rond, des consanguins lobotomisés, Sté­phane Gendron, la France souffrirait de décliniste, Domini­que de Villepin et le Québec d'un tsunami noniste, Gilles Proulx. Ces trois hommes dans la même phrase, c'est déjà marrant.

    À l'heure des pluies d'accusations gros comme des grêlons, nous disons non au défaitisme des bougons. Nous ne serons pas aujourd'hui une poupée de Polnareff qui ne sait dire que... Non ! Peut-être pousserons-nous une petite chanson (sous la pluie) : tout va très bien, Madame la marquise...

    On n'inventera rien en disant que le Québec surnage dans le désabusement. On ne sait de qui ou de quoi, c'est selon : notre très chère amie Françoise David pointe les crypto-capitalis­tes de faire du développement par appât du gains, ha ; notre encore plus très cher ami Michel Kelly-Gagnon accuse les groupes communautaires d'être des attardés subventionnés, hahaha.

    Nous savons bien qu'ils ont tous les deux raisons ; les crypto-capitalistes sont les entrepre­neurs qui ne peuvent plus rien entreprendre sans les gouvernements et le dire c'est devenir des déments. Dire que la « gaugauche » et la « droidroite » devraient s'asseoir ensemble, c'est d'être des idéalistes, c'est comme dire que vous ne voulez plus de guerres, c'est rêver.

    Il faut se fier à la loi de la nature et non s'inspirer de sa beauté. « Y'a pas de place pour les faibles, s'ils sont pas capable de se battre, ils ne méritent pas de vivre. » Gilles Proulx, encore lui. La nature est dure mais elle est juste. Toutes les espèces animales, végétales, jouissent d'avantages qui leur permettent de coexister et de croître. Mais cela est de la naïveté pure !

    Palme d'or du positivisme
    Quel imaginaire ! Quelles belles images provenant de la Croisette la semaine dernière du défilement continu sur le tapis rouge du beau monde des artistes du cinéma, des rêveurs !

    Et la palme d'or va à (rarara, bruits de tambour et bruissements d'enveloppe)..., Roman Polansky (ovation debout svp). Il déclarait pour la présentation de son film Missing qu'il « ne pourrait plus être réalisé à Hollywood aujourd'hui, constate-t-il. En France, je vis dans une so­ciété qui réfléchit beaucoup sur l'état du monde. Je trouve ça important. » La Presse, 27 mai, 06.

    Polansky reçoit le palme d'or pour être un des seuls à ne pas trouver le jardin plus vert chez le voisin. Ici au Québec, devrions-nous pas nous désoler pour notre ami Bush qui dégringo­le à des taux d'approbation sub-zéro ? Hé ! Le Zoro des terroristes a donné son gros 10 pour-cent.

    Quelques mois après l'élection de Jean Charest en 03, l'auteur Hélène Pedneault déclarait à Marie-France Bazzo que c'était comme si le Québec avait glissé de l'Allemagne de l'Ouest à celle de l'Est tellement le climat avait déprimé. Et ça n'a été que pente descendante, depuis. Serions-nous dans le creux d'un cycle et qui ne peut qu'être suivi d'un pic ? Alléluia Georgia ! 

    Et maintenant... la folie jovialiste
    Nos deux tycoons du spectacle souffrent aussi de dépression morose. Nos bons chérubins roses, MM. Guy Laliberté et Gilbert Rozon voient violet(tt). Montréal s'enfoncent dans les nids d'autruches et des cruches bloquent les gouvernements à continuer de les engraisser. Woh !

    Nous réquisitionnons le Quai Bickerdike de M. Dominic J. Taddeo pour relocaliser le Casino de Montréal en association avec Le Cirque du Soleil pour faire un centre de divertisse­ment planétaire. Nous doublons dès maintenant le budget à deux milliards. Que disons-nous ? Pre­nez la poule aux oeufs d'or et rivalisez Singapour en nous dotant d'une vraie attrape à cons.

    Ça presse. La rumeur court sur Grande Allée que Québec veut son équipe de la LNH. II ne se suffirait plus des juniors de Rampart. On bâtirait une nouveau colisée dans le Vieux -Port, y déménagerait le casino de Charlevoix avec salle de spectacle qu'occuperait en été Le Cirque du Soleil. Les Colonials sont ragaillardis par la Coupe Memorial. C'est pas des Pepsi, « s'tie ».

    Que les ports relèvent de juridiction fédérale, ça dérange pas. Taddeo avait refusé la vente de « son » quai dans « son » port aux frères Reichman justement selon l'argument que l'Autorité Suprême n'y consentait pas. Niet. Pour faire main basse, on se sépare, tasse « toé m'nonc ».

    Enfin la pièce de résistance
    Les joueurs de tambours et cracheurs de feu ont toute le boule à eux ; mais notre ami Rozon n'a qu'une petite portion de la planète ; qu'une petite pointe de la tarte. Quoi faire quand les revenus baissent ici à Montréal depuis les derniers quatre ans ? Allons à l'interna­tional voyons ! Nos deux tycoons ont de l'ambition ; faire recettes ailleurs. C'est pas des ticounes !

    Gilbert nous annonçait dans le Journal de Montréal d'hier qu'il était venu à une entente avec deux autres magnats du spectacle d'Angleterre pour promouvoir chacun leurs poulains. Leur faire faire des tours de pistes chacun sous son chapiteau. On demeure dans la symbolique du cirque. Même que M. Rozon avait mandaté Cossette pour trouver un nom à la nouvelle entité.

    Seule spécification exigée : le nom doit être à consonance internationale. Very well. Notre thinktank « ring tinc tinc », grand concurrent de l'IEDM d'ex Kelly-Gagnon, s'est penché sur la proposition et voici ce que la concertation a donné. Exclu en partant de reproduire l'ex­ploit du Cirque du Soleil et d'imposer son nom français. Céline a bien ôté son accent aigu, hein !

    Notre grande chance, c'est que le mot humour est le même en français et en anglais. Pas tout à fait vrai ; les Étasuniens disent humor. Ah les « Amâricains ». Mais un instant : humour rime avec amour et humor avec amor. On est fort. On joue sur toutes les langues. Gilbert va être content et bien rire. Humour et Amour — Humor et Amor — HA. Aie, c'est pas le titre ça ?

    Haha et encore Ha, l'onomatopée du rire, quoi de mieux ? C'est court, facile à retenir et collée à l'identité du client. Le Cirque a Kà, Juste pour Rire Ha, comme deux frères siamois. Bravo la gang, vous avez bien travaillé mais il faut laisser le client choisir, avoir au moins une autre proposition. En coeur : Hah ! Prenez le pas comme ça, inspirez-vous encore du titre.

    Le mot you aussi sonne drôle et connu de partout ; youhou ! Bon vous faîtes déjà dans l'euphémisme. Pourquoi ne feriez-vous pas un néologisme ? Humour devient « Youmour » qu'on enchaîne avec Amour et l'on obtient YA. Yes ma gang de Ta... Vous n'êtes pas des tatas. YA comme dans Hip ! Hip ! Hourah ! Et YA comme dans Ya pour Yes. On est « belingue b'dang ».

    Nos talents de créatifs ne permettent pas de produire les plaquettes du logo, la signature. Mais songez à une bouche en coeur qui crie Ya. Rousseau va imiter Jagger pour le jingle, Mme. De­nise Robert va faire le vidéo promotionnel ; on reste en famille. On est big. Viva YA. Juste pour Rire « YA » Just for Laughs. Signez ici M. Rozon. Hahaha, jusqu'à la banque.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    28 mai, 2006
    Bon ! Heum ! ! Les ZonZon-là ; une blague ?
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Tel que précisé déjà, notre couverture se penche dorénavant vers le monde médiatique, milieu qualifié de quatrième pouvoir. Notre intention est largement motivée par le goût de se porter plus sur des aspects positifs. On croît y détenir plus de capacité d'influencer le cours des événements qu'avec les autres pouvoirs, le politique en particulier. Enfin, nous espérons.

    Les médias, c'est vaste : tant de journaux à lire, sites Internet à visiter, radios à écouter. Pour ce qui est de la télé, pas de pitié ! C'est du divertissement qui capte trop de temps. Il faut cibler. Le texte précédent en avait parlé ; Le merveilleux monde des médias [...], 18 mars, 06. Toute notre attention se porte sur l'Internet et la radio parlée ou d'opinions, une voix pour tous.

    La liberté d'expression est intimement liée au pouvoir des médias. C'est la gardienne de nos démocraties. Il faut l'exercer, une police d'assurance pour nos libertés ; et ne pas en abuser. La lutte pour attirer l'attention du public fait qu'on pèche souvent par exagération et facilité. Mais la beauté de la chose c'est que nous pouvons tous choisir ce que nous consommons.

    Bien sûr, tout n'est pas d'égale qualité. Comme dans toute activité, le talent n'est pas distri­bué d'égale façon. Les plus talentueux s'en tireront toujours mieux . Quelle est la principale caractéristique du talent dans les médias ? C'est la capacité de rejoindre le plus grand nom­bre possible et ce que l'on mesure par les cotes d'écoute. Mais les succès d'estime auprès d'un petit groupe peut aussi être un gage de talent. C'est à chacun de choisir et de jauger.

    Les meneurs d'opinions de masses sont populistes mais sans toujours tomber dans la facilité des jugements faciles à comprendre et à digérer. D'autres jouiront, c'est ce que nous cro­yons être, d'une couverture limitée mais auprès d'une clientèle plus sélective ou exigeante. C'est là toute la différence, par exemple, dans les médias écrits du Journal de Montréal et Le Devoir.

    La tendance la plus pernicieuse est le contrôle de l'informa­tion. On cherche souvent à impo­ser un point de vue et non ouvrir la discussion. Une opinion divergente de la ritour­nelle sera anéantie par des attaques personnelles. Les débats descendent souvent plus bas que bas.

    Nous sommes à L'Écho des observateurs, mais pas des intervenants directs sauf pour cette tribune et d'une autre à venir — Six mois au compteur [...], 15 mai, 06. Bien sûr l'Internet est notre médium, et la radio d'opinions, un mode choyé d'expression populaire — L'agora du peuple.

    Les cotes d'écoute
    L'aspect le plus déconcertant de certains médias est la chasse aux cotes d'écoute pour ac­croître les revenus publicitaires. La tendance grandissante est de verser dans la controverse, voire de la créer. On la remarque dans le language utilisé, user de pro­pos malsains, dénigrants, pour choquer, pour augmenter l'auditoire et les revenus personnels de l'animateur.

    Un animateur n'hésitera pas à descendre un concurrent, voire même à le calomnier. Entendu sur les ondes d'une radio montréalaise par exemple que Jeff Fillion serait présentement en difficulté avec sa nouvelle radio Internet, radiopirate.com. Cette expérience dérange actuelle­ment comme toute initiative pouvant réduire l'audience. Ils sont petits dans leurs attaques.

    Le nouvel élu à la Chambre des Communes, André Arthur, est un très grand communicateur mais beaucoup lui reprochent encore ses excès de language. N'empêche qu'il s'est fait élire par une grande majorité des électeurs de sa circonscription et qu'il bénéficie maintenant de la plus grande capacité d'influencer le cours des événements à laquelle il ne pouvait rêver.

    Les mêmes critiques de ses excès minimisent cette influence. Il siège aujourd'hui sur un comité du Conseil de la radio et des télécommunications canadiens (CRTC), le même orga­nisme qu'il a dénoncé pour l'avoir tant nui dans le passé. On peut questionner qu'il ait voté avec les conservateurs pour le prolongement de deux ans du mandat de l'armée canadienne en Afghanistan. Il a expliqué qu'il ne pouvait se rallier aux libéraux félons. Mais était-ce aussi motivé pour montrer son opposition au BQ, ce que ses électeurs ne pourront lui reprocher ?

    Même la venue à Montréal d'une tribune libre au Parc Lafontaine du genre que l'on trouve à Londres ou New-York fait craindre que cela grandissent au-delà des dimanches après-midis. Un supporter a suggéré de donner l'immunité au temps alloué d'une dizaine de minutes comme les élus bénéficient en chambres. C'est une excellente suggestion. Le peuple est libre et il doit jouir des mêmes privilèges que ses représentants. Un animateur soulevait la crainte d'y entendre des calomnies du genre qu'il ait une maîtresse. Tant mieux pour lui si c'est le cas.

    L'initiative doit être louangée comme tout ce qui contribue à élargir la libre expres­sion. Prendre la parole n'est pas chose facile pour tout le monde. Plus les tribunes seront nombreuses, plus ils s'y familiariseront. Seuls les sans talents dénigreront et se caleront.

    Mais qu'est-ce qu'il y a craindre de faussetés à son endroit ? Cela est plus souvent utilisé com­me paravent pour camoufler ses propres faiblesses. Personne n'est parfait et ne devrait être sali sur la place publique avec malice. Mais Pierre Foglia a déjà comparé Michèle Richard à un toaster et Pier Béland s'est vue affubler plus récemment de quétaine par Patrick Lagacé.

    Un commentateur radiophonique exigeait même son congédiement du Journal de Montréal. Ils s'est ridiculisé en le faisant, ne réalisant pas les limites de sa propre influence. La­gacé est sorti grandi dans l'échange de son dénigreur. Voilà pour la li­berté d'expression et les craintes qu'elle soit abusée. Tous peuvent exprimer leur pensée librement et dénoncer leur injustice.

    Chambre du Peuple
    Ce virage média ne nous empêchera pas d'aborder la question politique à l'occasion mais selon les améliorations à lui apporter plutôt que de se désoler des activités au jour le jour.

    Nous avons déjà parlé des professeurs de l'UQÀM, Stéphane Kelly et Marc Chevrier, qui sont spécialistes de la chose politique : Coup de barre et redressement tout [...]; 08 mars, 06. Les écrits du second « émettent aussi l'hypothèse d'une deuxième chambre composée en partie de citoyens appelés au hasard de la liste électorale. Il rejoint en cela nos voeux [...] ».

    Nous avions déjà élaboré sur l'implication directe du Citoyen dans une nouvelle chambre du Peuple : Liberté, égalité, fraternité ; 14 fév., 06. La radio d'opinions joue ce rôle présentement. Sans trop de contraintes, on peut s'y exprimer en toute liberté. Les accusations de TC peuvent survenir. Aux peaux sensibles de s'abstenir. Et aux incompétents de s'y retirer.

    Notre nouvelle démarche est entreprise de plein pied et rien nous y contraindra. Les choses seront dites franchement, sereinement, sans faux-fuyants. Nous revenons à notre mission de départ : « faire apport d'une pen­sée originale, authentique. L'Écho relate les non-dits, les bons coups aussi. » Ces derniers sont si peu nombreux qu'il faut les encenser, à tout prix.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    15 mai, 2006
    Six mois au compteur and counting
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    ou waiting. Nos excuses aux lecteurs assidus pour le lapsus dans la parution. Nos effectifs limités ne permettent pas toujours de s'exécuter sur une base régulière. Nous reprenons la cadence. Voire davantage, textes plus courts et obligations professionnelles le permettant.

    Les premiers mois ont été riche en thèmes, du social à la politique, à l'économique. Le trait commun a été le reflet des intérêts des sieurs et dames Tout-le-monde. Et qu'en concluons-nous ? Que tous les sujets analysés nous ont souvent mené et forcé vers des constats sombres, dépressifs. Cela explique aussi l'arrêt dans la publication pour repenser la formule.

    Nous amorçons aujourd'hui une nouvelle approche. De un, inutile de dire la même chose cent fois ; c'est dit et redit, on passe à la chose suivante. En ce qui nous concerne, nous amorçons un virage média et d'importants développements sont à prévoir. Il s'inscrit dans la lignée de l'article du 18 mars, Le merveilleux monde des médias jumelés au Web.

    Les médias conventionnels rapportent des faits divers (tsunamis, écrasements d'avion, etc. quand ce n'est pas les écrasements de chiens) qui nous désolent mais qui ont peu d'impacts sur nos vies en général. Malgré quelques tentatives d'analyses, les conséquences de nos choix de vie en société y sont mal exposées ou tues. L'Internet tente de combler le vide.

    L'Internet est le nouveau média de toutes les ouvertures. Une fois une lacune constatée, elle offre une opportunité, une occasion d'améliorer l'actuelle situation jugée limitée. Les constats négatifs peuvent être corrigés. Sans être naïfs, il faut quitter le cercle des « chialeux ».

    Soyons positifs ; c'est notre nouvelle mantra. La ville de Montréal annonce aujourd'hui un déficit de 400 millions, c'est pas grave ! Le maire Tremblay annonce la mise sur pieds d'une grappe industrielle dans le secteur aéronautique ; youpi ! Les grappes dilatent les rates ; Un maire et... son contraire ; Post-mortem d'une élection [...], 07 nov. 05. « Hurluber-lulu » Bouchard convoite un retour en politique pour jeter son fiel-fioul néo-conservateur sur le feu ardent des souverainistes-socialistes ? Vas-y mon p'tit gars. Et petati et petata... Olé, Olé.

    Tout est question de motivation. Tous les agissements se définissent selon un motus vivendi qui dictent que nous agissions par devoir ou par plaisir, quelquefois les deux réunis. Nous prenons le pari de combler un vide flagrant dans les échanges de la cité. Il faut permettre au débat de s'élargir. Pourquoi tous ces heurts et les langages de sourds qui s'enveniment ?

    Ouf la bonne question ! Le monde se parle mais ne s'entend pas ? Malgré toutes les bonnes intentions, certains ne réussissent à se faire entendre. D'autres persistent dans une marche insensée mais profitable. Nous nous sommes prononcés sur les réformes : permettre au plus grand nombre de débattre et que cela soit pris en compte. Nous souhaitons faciliter ce but.

    L'agora du Québec
    Quelle est l'enceinte où l'on s'exprime le plus actuellement ? L'Internet. C'est une avalanche de sites qui augmentent de façon exponentielle. Quel est l'endroit où l'on retrouve le deuxième plus haut taux d'échanges ? La radio d'opinions. C'est une dispute entre les radios commerciales pour attirer les auditeurs à se prononcer sur tous les sujets chauds de l'heure.

    La concurrence est si grande qu'on y constate une tendance à aller vers des propos toujours plus polarisés voire choquants dans but de « chauffer la ligne­­­ ». Nos débats deviennent des conflits entre les individus plutôt qu'entre les idées comme aux É.-U. Les Rush Limbaubh, Bill O'Reilly, Laura Ingraham, etc. y font la loi. C'est commencé ici avec les Thomas Schumarker à Montréal ou Lou Green à Ottawa. L'influence s'étend au marché francophone rapidement.

    N'empêche que la radio est un média très chaud où l'expression est libre et spontanée. Sa grande faiblesse est qu'elle est éphémère — les paroles s'envolent — si ce n'est pour des impressions qui se rapprochent à celles des sondages ; des pouls des opinions du moment. L'écrit quand à lui est hautement contingenté, manque de spontanéité mais les écrits restent.

    Les voix du Québec peuvent se transformer en agora du Québec, en enceinte ou en assem­blée du peuple, ce qu'elles sont déjà, en transposant par écrit et en temps réels, les voix expri­mées en onde. Une fois prononcés, les propos sont retranscrits par support informatique et affichés sans délai, ou presque, par le biais de l'Internet, au fil des avancés technologiques.

    Les Internautes y réagissent aussi rapidement par le biais de forums et tribunes mis à leur disposition et ils contribuent aux débats en onde, l'alimentant. Les commentaires de chacun sont archivés et regroupés sur des pages distinctes rattachés à chacun. Tous peuvent consulter et revoir ses positions et celles de chacun pour l'augmenter. Rien ne se perd.

    Une fois conservé, tout ce contenu devient une mémoire permanente, une référence et une force de changement. La participation est encouragée et par le nombre, elle devient une forme de démocratie directe où les citoyens se prononcent et influent sur les processus de décisions. Plus le phénomène est grand, plus le procédé s'impose comme un incontournable.

    Devoir-désir
    Notre devoir a dicté les prises de positions des textes du passé. Notre désir qu'elles influent sur le débat publique s'est que trop peu fait sentir. En cela, nous ne divergeons pas de milliers d'autres. Des flibustiers, des filous occupent toute la place et bloquent l'accès à tout autre. Ils ont leurs ambition à soutenir. Comme Lulu, ils rebutent être contredits, se faire démentir.

    Seul un désir les animent. Protéger et faire grossir leurs intérêts financiers, lesquels étant par définition limités, ne peuvent profiter qu'à un groupe très restreint. Ils entraînent des luttes de pouvoirs avec des groupes d'opposition qui sont assez nombreux pour leur tenir tête. Ce sont les mouvements syndicaux qui pèchent dans d'autres excès, conséquence des chocs forcés.

    D'autres sont motivés par devoir. Ils dénoncent et élaborent des voies d'amélioration et des stratégies pour un meilleur équilibre des forces en présence et avoir droit au chapitre. Ce sont les groupes communautaires, sociaux ou autres partis et mouvements d'opposition. Forcément marginaux, ils défendent souvent des positions trop idéalistes faciles à écarter.

    « Le mieux est l'ennemi du bien », Montesquieu. La nouvelle plateforme Internet permettra de faire le tri entre le bon grain et l'ivraie en instaurant une validation minimale à l'entrée mais aussi en diffusant et en recentrant les positions. Un défi (titanesque ?) qui rejoint notre devoir de communication et notre désir de la partager. Faire deux pierres d'un coup, c'est mieux.

    Paul p. Pluteau

    P. S. À titre d'exemple, voir le commentaire 1 pour une transcription d'un court échange entre un auditeur à l'émission Cournoyer-Larose de CKAC730 le 5 mai portant sur l'entente sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les É.-U. où les Étasuniens conservaient 1,2 milliards.

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    10 avril, 2006
    L'économie de la richesse, un stimulant ou un éteignoir ?
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Nous marquons aujourd'hui les premiers six mois de Écho populaire. Que de sujets abordés, du dernier traitant du rôle des médias, aux questions politiques et économiques. Les positions ont été exposées avec le plus d'honnêteté et d'originalité possible. C'est notre façon de faire oeuvre utile et de justifier notre tribune. Nous n'y dérogerons pas aujourd'hui ni dans l'avenir.

    Le temps n'est pas à la célébration pour autant. Si une volonté s'est développée tout au long des chroniques, c'est celle de ne pas simplement commenter mais qu'une fois les constats établis, il fallait apporter des idées originales en guise de solutions potentielles. L'oeuvre n'est pas simple ce qui fait qu'elle soit si rare ou si peu reprise jetant une dose de chagrin sur la fête.

    Nous ciblons un sujet qui taraude depuis longtemps pour étayer cet état de fait et pour clore ces premiers six mois de labeurs ; celui du peu de critiques et de suggestions pour améliorer notre vie économique. Pourtant, il engendre le mieux comme le pire : le dépassement, l'ex­quis, comme la convoitise, les fourberies. On s'y oppose si peu et on souffre de le corriger.

    Des exemples ? André Bérard, ex-pdg de la Banque Nationale qui a été condamné à 16 000$ d'amende pour délit d'initié par l'AMF (Autorité des marchés financiers) sur des transac­tions du titre de CGI. Paul Coffin, un des acteurs du scandale des commandites, qui a vu sa peine commuée à 18 mois ferme de prison renversant un premier verdict trop clément de 24 mois moins un jour à purger dans la communauté. Les exemples se suivent et se multiplient.

    Si le dernier a soulevé l'ire de la population justifiant la révision de son verdict, le premier n'a jamais été questionné dans l'oeuvre de rentabilisation abusive de la Banque Nationale pour laquelle il recevait des émoluments de 1 million $ par année. Vrai qu'il ne faisait que suivre l'exemple des autres grandes banques canadiennes mais pourquoi, à la retraite grassement payée, lui et ses émules continuent-ils à vouloir s'enrichir sans fin et par tous les moyens ?

    Les banques jouissent de la complicité du gouvernement fédéral dans ce laisser faire. Autre exemple ? L'arnaque du retour de faveurs à des « investisseurs privés » de la vente du Mont Orford par le gouvernement provincial. Ce qui est plus choquant, c'est qu'on ne se suf­fit plus de magouiller en privé mais on s'acoquine aux gouvernements pour en tirer des béné­fices personnels aux dépens de tous. Rien de neuf dites-vous ! Oui sauf pour la crue de sans-gêne.

    Pourquoi tant de blâmes (mérités) pour la chose politique par tout un chacun alors que la chose économique est rarement questionnée avec autant de sévérité. D'au­cuns vont critiquer la politique tellement qu'elle en souffre d'un large désaveu. Aucun apôtre de l'écono­mie de marché s'en prend ici aux privilèges et aux abus, si ce n'est du bout des lèvres. Le texte précédent concluait « [...] les contourner, un must. » Cela va aussi pour les silences calculés.

    Critiques constructives
    Michel Tremblay dit ne plus croire à la souveraineté tant que l'économie est au sommet des priorités. On peut attribuer cela à des pérégrinations d'artistes qui n'accordent pas tou­te l'importance à la chose économique. Mais un artiste de la trempe de Tremblay connaît l'a­vantage de la mise en valeur de dons personnels pour se réaliser et assurer son mieux-être.

    Cela n'est pas différent de l'entrepreneur et de l'exploitation d'une entreprise. En substance, la propension à la libre expression de Tremblay n'aurait sûrement pas fait sa fortune au sein d'une entreprise commerciale et il aurait pu tout aussi bien se retrouver devant un échec pers­on­nel de sa vie s'il n'avait eu la motivation d'exercer son talent comme bon lui semblait sans se soumettre à d'autre autorité que la sienne. L'innovation, c'est aussi l'anti-conformisme.

    L'économie de marché a des paradigmes conformistes qui définissent tout selon des règles prescrites. Des critiques sévères peuvent aussi lui être adressées mais toujours occultées :

    Nos commentateurs, critiques et journalistes locaux n'ont pas les mêmes contraintes quand vient le temps de rapporter les mêmes phénomènes aux É.-U. qui sont là-bas, élevés à la puissance dix. Excellent article de Richard Hétu, collaborateur de La Presse dans l'édition d'hier : La chute des républicains. Hétu nous a habitué à des exposés sensibles et vibrants de la vie étasunienne et il y a même commis un livre en 2002 : La route de l'ouest, VLB

    Richard Hétu relatait de la chute de Tom DeLay « précipitée par une enquête sur un vaste système de trafic d'influence, qui constitue un des revirements politiques les plus specta­culaires des dernières années à Washington. » Des républicains, il déclare « ils tombent sous le poids de leur arrogance, de leur incompétence, voire de leur malhonnêteté. »

    Bush passe dans la même moulinette de bois morts : « Les dernières révélations [...] font passer le président, au mieux, pour un bel hypocrite. » ; « [...] George W. Bush, dont la présidence est truffée de scandales, de la torture aux écoutes électroniques sans mandat, en passant par le dossier des armes de destruction massive. » Pas de quartiers pour DoubleV.

    Jooneed Khan rapportait la veille un nouvel opus sur les É.-U. : Why We Fight. L'article rappelle la prophétie d'Eisenhower et du Complexe militaro-industriel. « Méfiez-vous de son influence croissante sur le choix et les décisions de vos élus, disait-il. » « Eisenhower était un militaire, mais comme président il se souciait de bâtir des écoles et des hôpitaux [...] ».

    « Or les dépenses sociales baissent et le budget militaire augmente. Le scandale de Katrina montre qu'on a négligé La Nouvelle-Orléans pour financer la guerre en Irak. Les violations des droits, les détentions secrètes, les tortures, les mensonges officiels se multiplient, nos libertés civiles sont minées, nous sommes engagés sur une pente dangereuse. » L'auteur « croit cependant à la vigilance citoyenne à laquelle Eisenhower exhortait en 1961. »

    On se met à souhaiter que nos critiques et journalistes soient aussi transparents et incisifs quand ils exposent les faits ici et tout spécifiquement pour le Québec. Les deux journalistes ci-avant n'ont aucun intérêt à préserver sauf la vérité à dévoiler. De plus, leurs origi­nes exté­rieures du moule québécois « de souche » les parent du pathos de berger du troupeau égaré.

    Critiques à effets nuls
    Nos critiques attaquent les sacro-saints dogmes de la sociale-démocratie. Celle-ci serait un frein à la richesse collective. Mais serait-ce la leur ? Le néolibéralisme planétaire est servi à toutes les sauces pour justifier la réduction des programmes de partage et de redistribution parce que trop coûteux. Nous en fûmes aussi mais pour dénoncer le gaspillage et les abus de pouvoirs. Certains critiques gardent une dose d'impartialité et d'honnêteté intellectuelle.

    Michel Kelly-Gagnon distribuait son bulletin de performance au gouvernement Charest la semaine dernière — Journal de Montréal, 5 avril 06 — en lui allouant une note de 6,5 sur 10. Venant du président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), le verdict est sévère. La très grande majorité des Québécois serait beaucoup moins généreuse. Il ne questionne pas les intentions mais la manière, le recul devant les pressions des lobbies subventionnés par l'État.

    En poste depuis une seule semaine, Kelly-Gagnon, 34 ans, défonce les portes et les tribunes pour demander moins d'interventionnisme et plus de fermeté dans les politiques néolibérales du gouvernement. Il exhortait auparavant depuis sa présidence à l'Institut économique de Montréal (IEDM) pour balancer des idées tantôt sensées, tantôt étouffant la libre expression :

    « Dans un régime de subventions, les entrepreneurs courent le risque de devenir plus efficaces à faire du lobbyisme qu'à produire des biens et des services. » L'illogisme des subventions, Les Affaires, 14 mai 2005 ; « Bref, il s'agirait d'une société où l'expression «vivre et laisser vivre» prendrait tout son sens et où le pouvoir des bien-pensants au prêchi-prêcha répressif serait limité au maximum. Le Québec idéal, Les Affaires, 04 mars 2006

    Kelly-Gagnon, avocat, y avoue son peu de compétence en matière économique en ajoutant « selon ma vision d'autodidacte, l'approche économique consiste tout simplement à étudier l'impact des incitations sur les choix des individus ». sic En introduction, il paraphrasait « le philosophe Robert Nozick pour dire que le Québec idéal de l'avenir serait un endroit où « au­cun acte capitaliste entre adultes consentants» ne serait interdit. » sic Ils oublient et informés.

    Kelly-Gagnon jouit d'habiletés indéniables pour assurer sa fortune et celles des causes qu'il défend : son agressivité et son minois, attributs très prisés dans notre système économi­que. Ils le sont en priorité sur la justification économique ou la validité des causes. Ceux ne possédant pas ces attributs innés mais d'autres moins monnayables en seront nécessai­rement amoindris dans leur réussite personnelle, donc des acteurs moins bien considérés.

    Une question demeure. Doit-on laisser toutes les coudées franches aux entrepreneurs ? Ceux qui le préconisent, à la Kelly-Gagnon, sont des privilégiés par la nature ce qui les sert très bien. Ils parlent en leur nom avec peu d'égard aux sorts des moins bien pourvus ou qui refusent la sujétion à des pairs ou à une société du tout à la consommation et du dieu dollar.

    Surtout, pourquoi ne proposent-ils pas des solutions économiques à des problèmes qu'ils disent nuire à l'économie plutôt que de s'en prendre seulement à l'action gouvernementale ? Deux exemples en titre : Nathalie Elgrably, chroniqueuse au Journal de Montréal, collabora­tri­ce de l'IDEM et qui vient de lancer La face chachée des politiques, Logiques ; le chroni­queur Alain Dubuc de La Presse qui vient de faire paraître Éloge de la Richesse, Voix parallèles.

    Critiques contre-productives
    Les propagandistes du tout au privé nuisent à leur propre cause en n'ayant de cesse de s'en prendre à un juste transfert de l'avoir collectif. Ils bûchent sur les gouvernements dont l'un des rôles est de pourvoir à un minimum d'égalité des chances en outre par la redistribution de la richesse. Des critiques valables se perdent dans un déluge d'attaques souvent personnelles.

    Quand il est question du Québec, ils sont prompts à colporter des clichés éculés et simplistes « de vieux fond catho anti réussite économique », ironisent sur l'usage du mot petit « Québé­cois nés pour un p'tit pain, bon p'tit Québécois, la p'tite madame, la p'tite vie, etc. », quand ce n'est pour galvauder sur les vieux fonds d'envieux et d'hargneux des Québécois. Eux en sont exemptés, bien sûr ! Façon singulière d'insulter ceux qu'on dit vouloir le bien ! Les leurs, alors ?

    Nathalie Elgrably, dernière-née sur la scène des commentateurs, rappelle, par son ascension en météorite, ses écrits, sa physionomie, à une autre critique, elle aussi opérant dans un jour­nal en vue et jouissant de l'appui de son éditeur : Diane Fran­cis du National Post, « mange-séparatistes », se prétendant aristocrate, épouse de Conrad Black de Hollinger Inc. Ousp !!

    Dans son dernier épître avec synopsis sur argent.canoe.com, elle décline une série de my­thes en autant de chapitres, le plus explosif, « Salaire minimum/Chômage maximum », my­the 5. Madame veut seulement, purement et simplement, la fin du salaire minimum. Il « gonflerait les coûts de l’entreprise, freine l’embauche de travailleurs et favorise la sous-spécialisation. »

    Extrait exclusif Web : « Dans le merveilleux monde de la politique, on a intérêt à refiler la facture à celui qui ne présente aucune menace pour le politicien et à satisfaire les demandes de celui qui possède un poids électoral.» (p. 165) Autre extrait et élan de lucidité : « Il n’est pas exclu que certains travailleurs reçoivent des salaires de famine au début. [...] » (p. 167) Ne parlons pas du mauvais néologisme « EAUsez y réfléchir » mythe 7 défendant la priva­ti­sa­tion et la vente d'eau. Ignore-t-elle le tumulte d'Atlanta et l'abandon du contrat avec Suez ?

    Alain Dubuc se passe de présentation. On ne parle plus de critiques acerbes ici mais bien de vicieuses. Pourrions-nous aussi ajouter celle d'un commis de service qui en ajoute plus que le client en demande ? Les opinions extrémistes coulent d'un penchant malsain de choquer à dessein et jouir de la cohue créée. Dubuc aspire être leader des néo-conservateurs locaux.

    Son discours est larvé d'incongruités. Voici justement une petit comptine que nous lui adres­sions le 19 nov. 05 suite à une autre des ses diatribes biaisées, celle-là traitant de la révolte des banlieues en France : Même combat ; Lecture morne, sans borne, lecture pénible, à s'endormir. Âme sensible, veuillez s'abstenir. Veuillez ne plus écrire, pour éviter de vous lire.

    Monsieur persiste et signe dans un dernier ouvrage sur l'éloge de la richesse revu et com­menté dans une pleine page de La Presse par Rudy Lecours, 8 avril 06. Saluons les signes ostentatoires de la richesse, les mercedes dans les rues, les bavures et parjures des corpo­rate bums, ils vont en faire profiter toute la société ! S'il est vrai que le « revenu dis­ponible moyen des Québécois est parmi les plus bas » en Amérique du Nord, quant est-il du revenu médian ? (découpe la population en deux tranches de 50 %, l'une sous et l'autre sur la barre)

    Qu'il s'attaque à l'enflure bureaucratique des gouvernements, nous en sommes. Nous diver­geons sur les méthodes pour la contenir. Qu'il utilise, économiste de formation, un indicateur trompeur tel la moyenne plutôt que la médiane, relève du cynisme intellectuel. De toutes les critiques qu'il s'attire, on voudrait entendre Jeff Fillion le varloper comme il l'a fait, de bon aloi, sur son acoquinement avec l'ex-maire L'allier de Québec lors de sa purge de Montréal.

    Devoir de suggestions
    Nous avons parlé d'évolution naturelle dans le texte précédent, concept abstrait. Nous y reviendrons mais pensons à la main heureuse de Bob Gainey dans ses décisions ou au momentum qui fait rêver les a­mateurs du Canadiens. En terme économique, ce serait l'adhé­sion d'emblée à une pratique d'inclusion comme l'engouement pour le partage des bénéfices.

    À l'inverse, les bonis aux rendements que seul les diri­geants reçoivent pour sévices de coupu­res à la tronçonneuse est contre nature sans que mot se dise. Ni pour l'égoïsme, les tricheries d'un Vincent Lacroix, d'un Conrad Black et cie, cautionnant du silence ogres et mange-petits.

    Les rappels à l'ordre sont faits. Nous revenons à notre devoir de suggestions. Ils ne le font pas ! Nous le faisons. Nous osons proposer une meilleure répartition de la richesse selon les tranches de revenus annuels en accord avec ce que nous écrivions le 8 mars 06 ; Coup de barre... L'esquisse s'en tient au statu quo, avant compressions budgétaires gouvernementales.

    Les prémisses sont : un revenu moyen familial annuel de 80 000 $ ; un taux d'imposition progressif ; les taxes TPS+TVQ remboursables aux tranches inférieures ; des impôts payés à toutes les tranches de revenu ; (Voir tableau ci-après ; données arrondies par souci de clarté)


    Cette simulation simplifie les tables d'imposition où tous participent au mieux-être collectif dans la mesure de leurs moyens. Les revenus supérieurs contribuent davantage sans possi­bilité d'y échapper mais les revenus inférieurs fournissent aussi leur part sans les étrangler.

    Cette suggestion, sans être applicable telle quelle, comme les autres des derniers six mois, ouvre une voie en terrain neutre pour que tous les acteurs puissent s'y rejoindre. Une cons­tance demeure dans notre démarche. Celle de se placer au centre des débats, sans a­liéner personne. La voie médiane et du gros bon sens ne cessera d'être notre position de choix.

    Paul p. Pluteau/PpP

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    30 mars, 2006
    CPE — Coupure du politique de l'électeur — Cassure du patron de l'employé
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Bavure et cassure — Coupure ou bavure — Coupure donc cassure.
    Injure ou blessure — Imposture et injure — Imposture donc blessure.
    Brisure et fracture — Démesure ou brisure — Démesure donc fracture.
    Scissure ou rupture — Fermeture et scissure — Fermeture donc rupture.

    Pardonnez les syllogismes faciles qui précèdent. C'est malgré tout un crescendo qui rime sur un réalité gangre­née à tous les échelons des strates sociales, politiques, économiques. Point besoin de recul pour réagir aux multiples crises des CPE. Bien sûr, le Contrat de première embauche en France ou Contrat de précarité extrême comme les 75% de contestataires français l'ont rebaptisé ; ou notre propre Centre de la petite enfance qui est tout autant contestable pour son étatisme. En ce qui nous concerne, ce sont les CPE en titre qui sont en cause.

    Lorsque que confrontés à faire des changements dans des situations de crise comme en France en ce moment, tous se braquent et défendent le statu quo. Mais que faisait-on avant, quand les initiatives auraient été plus faciles à prendre, à expliquer, faire oeuvre de pédagogie ? Avant de tenter de briser les moules de l'immobilisme, il faut sentir monter les tendances, les circonscrire en entreprenant les démarches avant qu'explosent les crises.

    L'impuissance politique est tout autant généralisée dans le secteur privé qui est enlisé dans la même indélébile stupeur ankylosée. La rentabilité à tout crin empêche de prendre dans l'immédiat des risques calculés à haute probabilité de profits à moyen long terme. On préfère faire avec moins, en demander toujours plus aux personnel en place en diminuant les avantages salariaux et autres. Les craintes des contestataires en France sont justi­fiées et ils bloquent des ajustements rendus obligatoires. La pire des décisions c'est l'indécision et l'attentisme.

    Ces états de fait deviennent évidents en comparant des points de vues antagonistes, un français, l'autre québé­cois. Les échanges avec un blogeur français montrent les résistances qui expliquent la révolte des CPE en Fran­ce. Ici au Québec, le compte rendu d'une entrevue radiophonique de Gilles Proulx réalisée le 27 mars avec Éric Clément, journaliste de La Presse, sur les contestations en France exposera la distance qui sépare les positions.

    Thierry Demos Sanchez
    Deux textes de Demos montrent la préoccupation sociale du français moyen et le refus d'un néo-libéralisme qu'on définit en France d'anglo-saxon. Cela s'entremêle d'un fervent sentiment anti-américain qui peut choquer ce coté-ci de l'Atlantique. Il y a malgré tout une compréhension de la situation chaotique en France. Alors voici :

    Démocratie directe... ; 06 décembre 2005
    « Mes chers amis, la Démocratie Directe est l'émergence d'un nouveau type de citoyen qui ne se reconnaît pas dans le système politique actuel. C'est un citoyen responsable, intéressé par la vie de sa cité qui désire participer aux décisions. Il consent à une délégation d'application de ses décisions mais n'admet pas qu'un élu se substitue totalement à son arbitrage.

    « Le fonctionnement actuel de la démocratie, vertueux dans son principe, cache une dérive caractérisée par la captation du pouvoir par les partis. On observe également une évidente contradiction entre les promesses des candidats de tous bords lors des campagnes électorales et les dispositions qu'ils prennent une fois parvenus au pouvoir.

    « Depuis des années, pas seulement en France, la désertion plus ou moins importante des électeurs entraîne l'accentuation du décalage entre les citoyens et leurs représentants. Cette abstention entraîne également la sur-expression des électeurs engagés dans une action militante et le discrédite des élus dont la légitimité est mise à mal par l'abstention.

    « Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, non sur les appareils politiques. Passons-nous de ces intermédiaires. Unissons-nous, en faisant front solidairement à nos problèmes et vous constaterez que l'intérêt individuel peut servir l'intérêt collectif et qu'inversement l'intérêt collectif peut renforcer l'intérêt individuel dans sa diversité. » [...]

    Refusons le néo-libéralisme... ; 13 décembre 2005
    « Mes chers amis, le néo-libéralisme c'est l'aggravation des inégalités dissimulée derrière la croissance des principaux indicateurs économiques. Les peuples européens ne veulent pas d'un tel système. Sommes-nous capables de définir une autre voie ?

    « En France, près de 3,7 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 600 € mensuels. C'est plus de 6% de nos concitoyens qui sont ainsi confrontés à la misère quotidienne, et parmi eux des millions d'enfants. Cette situation est à la fois une honte et un échec.

    « Une honte pour un pays développé qui abandonne en chemin la partie la plus vulnérable de ses habitants. Un échec pour notre modèle économique et social incapable d'assumer le bien être minimum à toute la population. Les moins performants, les moins productifs, les moins instruits, les plus fragiles, n'ont pas leur place dans un système essentiellement matérialiste et destructeur qui sanctionne l'échec sans appel.

    « Tandis que les politiques publiques s'étiolent sous le coups de boutoir du marché et de l'idéologie budgétaire libérale, mal préparés, mal armés, mal défendus, les plus démunis sombrent dans l'indigence. Nous devons d'urgence réagir contre un système qui n'a de libéral que le nom et qui fabrique de la richesse en produisant de la pauvreté... »

    Entrevue Gilles Proulx.... ; 98,5FM, 27 mars 2006 (Voir l'entrevue complète à venir)
    Personnage très coloré, M. Proulx ne cache pas ses craintes que la situation en France sert d'événement avant précurseur de ce qui pourrait arriver ici aussi voire peut-être même pire. Mais pour l'instant, revoyons les grands points de son entrevue.

    GP – Gilles Proulx
    ÉC – Éric Clément, journaliste à La Presse, de retour en reportage en France.

    GP – Depuis trois semaines, on ne parle que de ça. On le voit dans les télé-journaux, à l'écran, les journaux. Les jeunes Français se mobilisent contre une loi qui vise à donner plus de liberté aux entreprises, donc aux patrons qui les engagent, soit le contrat de première embauche. Pourquoi le premier ministre Dominique de Villepin, maintient-il cette loi, dont, en tout les cas, vue d'ici, est mal connue ? C'est quoi au juste ce projet de CPE qui agace les Français, dans toutes les parties du monde ? [...] Et bien Éric Clément est reporter journaliste pour le quotidien La Presse et arrive justement de France. M. Clément, bonjour. [Bonjour]

    Oui, qu'est qu'il vise M. de Villepin, là-dessus pour soulever tant l'ire ?

    ÉC – He.., Écoutez, pour répondre, il faut d'abord tracer un peu le portrait de la situation de l'emploi en France et notamment chez les jeunes. He.., vous savez qu'en France, le chômage, selon les derniers chiffres de janvier est de 9,6%. C'est quand même assez gros. C'est un des plus mauvais résultats européens. He..., à peu près, chez les jeunes, 25 % des moins de 25 ans sont au chômage. Dans certains quartiers, dans certaines villes, notamment dans les banlieues qui avaient éclaté là, l'hiver dernier, le chômage peut atteindre 50 voire 80 % des jeunes. Donc, c'est un problème assez grave. He..,

    GP – Oui mais qu'est-ce que ça peut avoir avec l'idée de dire : vous avez tant de mois pour faire vos preuves, sinon le patron aura le droit de vous congédier. Mais le gouvernement vous accompagne quelques mois aussi monétairement pour que vous puissiez vous trouver un autre emploi ?

    ÉC – C'est que, c'est que le problème en France, c'est que, he..., les patrons n'embauchent pas ! Les patrons n'embauchent pas, he., y'a un code du travail qui est ancien, qui est complexe, qui, he.., qui nuit à l'embauche. He.., les., les entreprises font he.., prennent des décisions d'affaire de temps en temps en mettant du personnel. Il faut aussi savoir, que 70% des nouveaux emplois en France, c'est des contrats à durée déterminée. Donc, c'est des contrats vraiment de.., de, qui ne sont pas longs déjà. 70% donc. C'est donc dire que les emplois sont déjà assez précaires et la moitié de ces contrats, sont des contrats d'un mois.

    Heusp., donc les patrons ont déjà quand même le loisir de mettre les gens dehors facilement. Il fallait trouver un moyen pour quand même, essayer de., de faire en sorte que les jeunes, he., soient quand même he., privilégiés dans l'embauche ! Il faut savoir que quand on regarde les étudiants, quand on regarde les jeunes qui sont au chômage, ou qui sont RMI c'est à dire qui sont sur le BS, y'a 40% des moins de 30 ans qui sont inactifs en France. Alors un moment donné, il faut prendre quand même des mesures. [Oui] Donc, le CPE, c'est sûr que, bon ça peut paraître un peu tough, hi..., ils demandent aux moins de 26 ans, bon d'être prêts à.., à prendre des risques. Et un moment donné, il faut prendre des risques. Mais le gouvernement n'a pas le choix. Il faut qu'il, il faut qu'il crée quelque chose, une structure qui va encourager les patrons à embaucher.

    Les patrons, faut voir en France comment ça se passe ! Ils font appel systématiquement, les gens quand ils sont débauchés, ils font appel à ce qu'on appelle les prud'hommes, c'est à dire aux tribunaux. En France, y'a un gars qui me racontait la compagnie Michelin, un moment donné, a fermé une de ses filiales, he..., parce que bon, y'avait plus de marché pour cette filiale là. He., les employés, en groupe ont porté plainte ; sont allés devant les tribunaux et le juge, quand il a jugé l'affaire, a dit, a dit à Michelin : « Écoutez, cette usine il va falloir, il va falloir, il va falloir réembaucher les gens. » Le patron a dit, et bien écoutez : « L'usine, elle n'existe plus, on l'a démolie. » « Et bien reconstruisez la ! » lol

    GP – C'est incroyable ! C'est une aberration épouvantable !

    ÉC – Donc y'a des choses, quand même, qui sont complètement folles. Un moment donné, he.., c'est fou ! Il y a aussi des problèmes de syndicalisation qui sont parfois néfastes. Un homme d'affaire par exemple qui tient un restaurant, il fonctionne très bien, il a neuf employés. He.., il veut en embaucher un dixième. Le jour où il embauche son dixième, le syndicat, selon la loi, entre dans l'entreprise. Et là, demande des augmentations salariales, demande des changements, etc. Le gars, il est obligé de revirer une autre personne pour revenir à neuf pour pas avoir de syndicat. Donc, y'a plein de petits empêchements là qui font que les entreprises, elles préfèrent rester, he..., elles préfèrent rester avec le nombre d'employés qu'elles ont. Regardez ! Quand j'ai fait le reportage, j'ai appris, y'a 2,5 millions d'entreprises en France qui ont zéro salarié. C'est à dire, y'a le patron et c'est tout. [Ah oui]. Les plombiers, les artisans... Ils veulent pas embaucher personne. Ils préfèrent faire moins d'argent mais pas avoir toutes les complications du système.

    GP – Alors les jeunes qui sont dans la rue puis qui disent : « On va bloquer » et appuyés par les syndicats. Dans quelle mesure peuvent-ils être si rassurés que ça s'ils gagnaient ?

    ÉC – Je sais pas. Les jeunes, ils faut comprendre aussi les jeunes. Du côté des jeunes, he.., les jeunes sont inquiets. La situation est bloquée depuis des décennies, hein ! La France, y'a, y'a un espèce de language morose, he., dans ce pays. Y'a certainement des attitudes à changer. Y'a un problème politique en France. Je pense que le problème c'est he.., c'est le courage. On reproche souvent aux hommes politiques de manquer de courage, he, d'être opportunistes, de penser aux prochaines élections. Donc là, Dominique de Villepin, il a l'air d'être un peu, d'essayer de.., de ne pas, de.., d'essayer de changer, d'être un petit peu plus raide sauf que si la mobilisation est générale, un moment donné, il va devoir he.., il va devoir céder. Je ne vois pas comment il pourrait faire autrement.

    GP – Donc il aura fait la preuve qu'il n'y pas de place pour le courage en France ?

    ÉC – C'est un peu dommage. Parce que, he., je pense qu'il y a aussi une question de crédibilité. He., il faut pas oublier qu'il y a en France, la classe politique, he., c'est une he.., c'est une he.., c'est un incubateur hein ! C'est des, ils se reproduisent entre eux quasiment. Y'a pas de, y'a pas de politiques issus du milieu des affaires comme on le voit en Amérique du Nord. Ça prendrait des politiciens qui ont quand même touché un peu au secteur privé. He.., pour essayer de, de montrer le chemin, quand même. Parce quand on regarde la France, son secteur privé, est quand même, he., prospère, efficace, de grosses he., des grosses entreprises que sont L'Oréal, Michelin, Total, BNP, Paribas. C'est des grosses entreprises de taille mondiale qui fonctionnent très bien. Mais au niveau intérieur, y'a, y'a un problème. Y'a un problème d'innovation. Bon, y'a des choses qui sont en train de se faire, mais y'a un problème à mon avis, de, de pédagogie. Y'a une attitude à changer, he., comme en fait, on l'a un petit peu fait ici aussi depuis une dizaine d'années.

    Quand il a fallu faire le déficit zéro, ben tout le monde s'est un peu, s'est un peu he.., redressés les manches là et puis on a dit bon, on va... Vous vous souvenez quand on a fermé les hôpitaux à Montréal. [Ben oui] Tout le monde se disait, ben écoutez c'est quand même incroyable. « On va pas fermer 10 hôpitaux à Montréal, c'est scandaleux. » Eh finalement, on s'aperçoit que ; bon, ça été dur mais, he., mais aujourd'hui, on., on, on récolte les fruits de tout ça, là.

    GP – Et de Villepin si il risque de se pendre avec sa propre corde, avez-vous l'impression que tout ça fait l'affaire de Sarkozy ?

    ÉC – Certainement ! Certainement que ça fait l'affaire de Sarkozy. Mais Sarkozy, il faut pas oublier qu'il fait partie du même gouvernement en ce moment. He..., il paie, il va perdre des plumes dans cette histoire là. C'est, c'est à mon avis, les socialistes qui vont he.., qui vont récolter he.., beaucoup de, beaucoup de crédits avec cette histoire dans les mois qui s'en viennent. Faut pas oublier que les élections sont, sont l'année prochaine, hein !

    GP – Et les socialistes vont réinstaurer le statu quo !

    ÉC – Et voilà ! Et c'est reparti pour un tour.

    GP – lol ; on se reprendra M. Clément pour en reparler. [Merci beaucoup] Merci [Au revoir].

    GP – Éric Clément est journaliste au quotidien La Presse. Alors vous voyez. Si vous pensez que la société québécoise est sclérosée par ses lois, sa charte, il faudrait aller en France pour voir ce que c'est : le pays le plus gouverné, et sur-gouverné au monde. Il faut pas l'oublier, hein ! Et puis, quand t'es un tenant du statu quo tout en te pensant progressiste, eh bien tu peux faire bien du grabuge si quelqu'un parle de faire quelque changement à tes vieilles habitudes. Y'a pas de doute.

    Thierry Demos Sanchez
    Pour conclure sur les propos précédents, veillons revenir aux positions de notre collègue français à propos des CPE pour illustrer l'éloignement des positions.

    Une larme pour l'agonie du CPE et du CNE ; 24 mars 2006
    « Mes chers amis, le nouveau-né CPE agonise à faire pitié même ceux qu'il dégoutte de sa laideur indécente. Le modèle français abusé et engrossé par le néo-libéralisme a accouché d'un déchet d'avortement à l'article de la mort. Sans bougé, sans mot dire, gangrené jusqu'au nombril, pourrissant sur le trottoir de la contestation populaire, il est exhibé en spectacle et pour nous ce spectacle est une vision d'horreur excitante de sadisme, un cauchemar jubilatoire. Face à l'épidémie de la révolte, on dirait que toute la colère de la droite néo-libérale s'extirpe de ses vagissements muets de mort-né... Gageons qu'en disparaissant si jeune, le CPE profitera plus longtemps qu'un autre de la mort.

    « De son côté, le Premier ministre est à présent isolé, abandonné par son mentor; il porte seul dans les bras la dépouille de son protégé non sans l'espoir d'un miracle. Le voilà croyant maintenant ce triste matérialiste, dans l'espérance lui aussi, forcément envahi d'exigences chimériques tandis que le spectacle de son deuil justifie pour l'assembleur de nuées qu'il est devenu, le jugement de sa déperdition politique en même temps que le salaire mérité d'un échec personnel causé par une politique suicidaire. Pour de Villepin, tout espoir de s'élever à la fonction suprême semble anéanti. Et dans cette généalogie dégénérescente et trisomique, le patriarche CNE, le fameux contrat nouvelle embauche issu, lui aussi, d'un germe politique humainement modifié par la cupidité néo-libérale, devrait à son tour suivre le funeste destin de son clone CPE. » [...]

    Les vertus de la précarité ; 30 mars 2006
    « Mes chers amis, de plus en plus de philosophes et de politiciens tentent de ressusciter de vieilles théories odieuses des XIX et XXième siècle pour nous convaincre que la précarité est une vertu qui nous conduirait direc­tement à la Liberté. Il ne se passe pas un jour sans que soit publié dans la presse des articles qui plaident pour cette théorie sous couvert d'hymne à la Liberté; une liberté dont il semble que l'on oublie peu à peu qu'elle n'exis­te pas à l'état sauvage sauf à considérer libre celui qui vit dans un espace où la loi du plus fort est la règle. » [...]

    Irrecevabilité
    Les positions sont si éloignées qu'elles en deviennent irréconciliables. Les campements sont si tranchés qu'au­cun mouvement à la rencontre de la position de son adversaire idéologique devient possible. C'est un dialogue de sourd qui s'engouffre, laissant les sentiments se radicaliser toujours davantage. Et que fait-on pour empêcher les divergences exploser ? Nada, rien, nothing at all ! Et pourtant, tous dénigrent sans suggérer rien qui vaille.

    On craint les mêmes débordements au Québec, semblables à ceux de l'automne dernier lors de la révolte des banlieues en France. Peut-on faire quelque chose quand il est encore temps de donner les coups de barre pour conjurer le mauvais sort ? Le silence des élites politiques sur la décision de la Cour suprême d'autoriser le kirpan (poignard) à l'école et l'opprobre public qui s'en est suivi est probant. Il s'ensuit une révolte latente, qui couve.

    Les vertus de la libre entreprise sont aussi lourdement entachées. Les entrepreneurs se laissent flotter sur la va­gue, pire ils l'alimentent. Lorsqu'une initiative de l'interne pourrait suggérer une opportunité lucrative, moyenne­ment investissement, la décision est reléguée à des subalternes qui ne pensent qu'à sauvegarder leur propre emploi par crainte des risques qui pourraient le compromettre. Ils nourrissent un état de facilité qui les engrosse.

    Le cul de sac est proche. La crise du pétrole, les changements météorologiques, l'effondrement du tissu social, la défection aux responsabilités civiques, l'abandon des jeunes à la contestation ou à la déchéance des paradis factices, l'oblivion de l'innovation, tout insiste à la révolution, terme de plus en plus entendu et même souhaité. Point n'est besoin de se lancer dans un brasier pour que tous s'avantagent d'un progrès bénéfique et réciproque.

    Mais pour ce faire, il faut casser des schèmes de pensée qui heurtent l'évolution naturelle. Trop d'acquis à préserver ou de craintes à surmonter. Le chemin est loin d'être tout tracé. Les remous inévitables et les résistances difficiles à refréner. C'est une responsabilité qui incombe aux plus valeureux de montrer une autre voie que n'empêtre que ceux qui la bloquent. La parole est toujours à ces derniers mais les contourner, un must.


    Paul p. Pluteau/PpP

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    18 mars, 2006
    Le merveilleux monde des médias jumelé au Web
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    La tribune Écho populaire s'inscrit, malgré sa portée limitée, dans le monde ci-haut titré de merveilleux et plus souvent qualifié de jungle. C'est un maelström où tout s'engouffre, se nourrissant, devenant objet même de la nouvelle. En moins de 15 ans, l'Internet s'y est infiltré mais pas encore totalement installé. Des médias écrits aux médias électroniques, tous rêvent d'exploiter, de disposer du dernier-né. Et s'il n'était sobrement que passerelle ?

    Beaucoup d'annonces se sont bousculées durant la dernière semaine dans notre monde médiatique : la fin de l'association vieille de 16 ans de Normand Brathwaive avec CKOI ; le départ de Claude Charron de sa co-ani­ma­tion du journal de 17H00 de TVA pour partir en sabbatique et réaliser son rêve de s'installer à Paris ; pour clore ce bref tableau, mentionnons les ratés de branchements au lancement de pirateradio.com de Jeff Fillion.

    Le dernier déclare sur son blogue « Pourquoi avoir choisi Internet ??? La réponse est simple... LIBERTÉ !!! » Va pour la liberté mais encore faut-il savoir comment l'exercer. Du premier, il nous disait qu'on n'avait pas idée à quel point l'affaire impliquant Jean-René Dufort « m'a fait mal et m'a épuisé ». Charron, beaucoup plus serein, excluait tout retour en politique, déclarant qu'il jouissait de beaucoup plus d'influence dans le milieu des médias.

    Voilà une assertion maintes fois colportée par nombre d'animateurs et « vedettes » et qui balanceront dans le même souffle n'être que des clowns de service. De l'information spectacle à l'information classique, les médias sont qualifiés de quatrième pouvoir ; « concept recouvrant l’idée d’une forte influence des médias sur les affaires publiques et sur les comportements des citoyens » (MSN). Internet favorise l'avènement d'un cinquième pouvoir ; celui qui permet à tous de communiquer librement sa pensée et ses opinions, droit inaliénable en démocratie.

    Avant la révolution numérique, on distinguait trois types de média (presse, radio, télévision) par autant de modes de communication (écrit, son, image). L'Internet en ajoute un quatrième et décloisonne les médias traditionnels. Ils en ont fait un usage en prolongement de leur fonctionnement de base en misant sur les forces respectives. Les diffuseurs monnayeurs ont visé la rentabilité en offrant juste le strict nécessaire. L'adaptation peut et doit élargir les rayonnements par des passerelles qui vont transgresser les barrières naturelles des modes de base.

    La mutation à l'Internet doit être pensée à la faveur des utilisateurs. Plusieurs sont mécontents, râlent contre un développement chaotique, tout croche, et contre le manque de protection (virus, vol d'identité, commercia­li­sa­tion). L'explosion des blogues, carnets collés sur les intérêts de chacun, véritables sites Web à contenu très ri­che pour plusieurs, dicte la voie à suivre. Des communautés d'intérêts se créent. Les blogeurs sont grands sup­porters d'Internet. Ils saluent l'ouverture à l'interactivité, le recul des frontières du passé, les visas à l'innovation.

    Médias écrits et Internet
    La presse écrite réagit après coup, à froid, suscite la réflexion en profondeur. L'Internet, à ses premiers balbu­tie­ments était aussi, de par ses contraintes de capacité de traitement et de bande passante, un médium basé sur le texte, axé sur la transmission du caractère, le plus petit élément numérisable. L'attrait résidait dans les quantités stratosphériques et à la croissance exponentielle des capacités de retransmission des caractères ou octets.

    Journaux et magazines en tout genre ont été les premiers à pouvoir tirer un avantage certain parmi les médias. L'Internet permettait de publier en ligne et d'ar­chiver les éditions précédentes. Sur une base gratuite en premier et par abonnement par la suite, les médias écrits ont saisi une opportunité toute simple. Tenter d'augmenter leur lectorat et de permettre les réactions sans restrictions, extension des tribunes papier de La Presse ou Le Devoir.

    Le groupe Québécor a suivi la tendance des grands regroupements en intégrant à sa base (journeaux, magazi­nes), des entreprises télévisuelles (TQS délaissé au profit de TVA), des entreprises de la nouvelle technologie (Nurun, Canoë, Webfin, Jobboom, Toile du Québec), l'entreprise de cablo-distribution, location vidéos et branche­ments Internet Vidéotron, la chaîne de disques Archambault et les maisons d'édition (Québec-Livres, Sogides).

    De la constellation d'entreprises de médias est né le concept de la convergence, une entité du groupe servant de support promotionnel à une autre, pratique rarement définie en terme flatteur. Elle résulte d'une synergie entre la culture de masse, de créations populaires et mercantiles, la communication, au sens de la persuasion marketing, et enfin l'information, de la tradition des agences de presse et du journalisme de fonction, Québécor, l'adaptation à l'échelle locale de l'aventure de la mondialisation néolibérale des médias initiée par le géant AOL Time Warner.

    Québécor s'est donné les moyens pour dépasser ses concurrents locaux dans l'utilisation des nouveaux médias. Les nombreux portails du groupe sont autant de liens et vecteurs du conglomérat. On encourage davantage la réaction en offrant des blogues de chroniqueurs en vue (Légacée, Codère), le caricature de Beaudet, jeux et son­dages. Malgré l'effort pour plus d'interactivité, on reste dans la sphère d'une communication dirigiste du diffuseur.

    Né de la vague multimédia des années 70-80 (1986), le journal Voir, journal culturel gratuit, s'est adjoint un site Web (voir.ca) qui colle à sa personnalité papier. On encourage les commentaires en ligne qui sont validés avant publication. Les commentaires autorisés gagnent des jetons selon leur qualité qui sont échangés sur mises aux enchères à différents événements culturels ajoutant une interactivité très convoitée. Le dialogue entre mem­bres de type forum est filtré et les commentaires d'un membre donné sont archivés sur une page dédiée en propre.

    Les derniers mois ont vu naître un magazine et un journal électroniques à haut volume de visites ; journalmir.com a été lan­cé par Michel Brûlé des Intouchables, lequel a réuni une brochette de chroniqueurs très médiatiques, aux opinions bavardes et connues de Brûlé lui-même, aux Lester, Legault, Avard. Les réactions non contrôlées deviennent disputes et joutes inintéressantes. Du journal corusnouvelles.com, voir la section Médias radios,...

    Médias radios, télés et Internet
    Nous abordons le monde des communications des sons et des images animées, beaucoup plus vivant, très dy­na­mique. Le monde de la radio vit les événements dans le feux de l'action, à chaud, mais n'a pas encore réussi à transférer cet avantage à l'Internet. Pour réussir son jumelage, elle doit faire plus, bien au delà du profil des ani­mateurs, de la grille des émissions, la météo ou la circulation, ou l'écoute en ligne même si très prisée hors zones.

    Le média est mûr pour les précurseurs. Jeff Fillion l'est-il ? Il semble gagner son pari de rentabilité avec déjà plus de 6000 abonnements. User d'Internet en support de diffusion en remplacement des ondes hertziennes n'est pas novateur. Le président Pierre Arcand de Corus Québec, plus grand groupe radiophonique privé au Canada, est meilleur candidat lorsqu'il déclare : « La radio doit être réinventée dans le cadre d’un jumelage avec Internet. »I

    « En l’espace de 10 ans, l’Internet s’est classé au même rang que les journaux dans les habitudes quotidiennes des Québécois », corusinteractif.com, Pierre Arcand, a-t-il déclaré lors du lancement de corusnouvelles.com le sept février dernier ; « D'ailleurs, une récente étude de la firme Nielsen/NetRatings démontre que près d'un lec­teur de quotidiens sur cinq préfère maintenant lire l'édition en ligne des journaux plutôt que la version papier. » sic

    Les paroles s'envolent, les écrits restent. Le son, la voix, médiums riches, peuvent se jumeler à l'écrit par le biais du Web par des transcriptions et réac­tions à chaud, pour en décupler la portée. Les paroles sont porteuses d'é­motions mais vite oubliées bombardés que nous sommes de toutes parts. Des moments riches de vie sont ané­antis dans un flux continu. L'Internet peut contribuer à la mémoire, prolonger la participation aux débats du jour.

    Des comptes rendus des sujets de discussion en onde peuvent être repris en ligne de façon dynamique. Les au­di­teurs y transcrivent des commentaires et poussent les débats plus avant. On estime à seulement une personne sur dix disposée à appeler une station pour émettre une opinion alors qu'au moins sept familles sur dix sont bran­chées. Le contact direct avec les auditeurs par les tribunes et lignes ouvertes de la radio connaît ses limites et contraintes de temps mais elles peuvent être contournées via l'Internet en y combinant les avantages de l'écrit.

    Cette brève revue ne serait complète sans parler du portail de Radio-Canada qui fait flèche de tout bois de sa position mi-figue mi-raisin dans notre paysage médiatique. Radio-Canada est un conglomérat de l'information au même titre que Québécor ; les deux disposent d'un réseau télé mais celui-ci détient aussi l'écrit qui appuie sa télé avec succès ; celle-là la radio qui va mieux que sa télé et qui en réduit sa portée ; celui-ci est du privé ; celle-là du public ; voilà pour les points d'ancrage mais aussi les points de répulsion ; raisons de leur distanciation.

    Radio-Canada fait usage d'outils technologiques de dernier cri. Le logiciel ZapMédia permet de réécouter des séquences radio ou de la télé très près de la qualité du petit écran. La chaîne radio fait un usage extensif de la technologie PodCast en lien au baladeur de l'heure ; le iPod. Malgré les réactions des utilisateurs encouragées partout sur le portail, on pèche par la dimension accordée au son et à l'image et aux gadgets. On ne saisit pas le crédit de l'écrit tout en ayant compris l'importance à donner à un portail qui voit large et distance la concurrence.

    Nul ne peut présager des avancées futures de l'Internet et il interagira sûrement davantage avec la télévision dont l'impact reste limité pour l'instant. Mais aucune contrainte technologique empêche la radio d'y jouer un rôle beaucoup plus pro-actif. Par les sujets traités, elle s'insère dans tous les débats de l'heure et son extension via l'Internet la rendra une plateforme de choix pour devenir le point de toutes les chutes pour connaître les points de vue de tous et y ajouter le sien. Une seule mise en garde s'impose : la gestion du trafic pour éviter le free for all.

    L'Internet est à l'heure actuelle un méandre de dédales difficile de s'y retrouver. Le meilleur et le pire s'y trouve et c'est une lutte entre tous les joueurs pour devenir un leader. Cette position revient tout naturellement aux portails des diffuseurs de la radio en y ajoutant forums, fils des discussions en onde, rolodex des blogues du jour, etc.

    Les forces de l'Internet
    Le monde de l'écrit, premier à sauter, a atteint la limite de ses possibilités dans l' intégration avec l'Internet. La radio est tout désignée pour prendre avantage des outils disponibles sur Internet. Les plus anciens, les babillards qui sont devenus des forums, les lignes de clavardage (chat) sont déjà bien implantés. Le dernier né, le blogue, a connu une progression fulgurante en 2005. « Le 31 décembre 2006, il y aura plus de 50 millions de blogues dans le monde, deux fois plus que le 1er janvier. »II Déjà, un Français sur dix est branché sur la blogosphère.

    Ils étaient six millions de Français en novembre 2005 mais en mai, il y avait seulement « 2,7 millions de sites personnels sur Internet, en majorité créés par des adolescents. Cette communauté, la « blogosphère », s'est muée en espace de débat et d'affirmation de soi. « On peut parler de réappropriation de la démocratie », affirme un sociologue. »III La France traverse une grave crise de morosité, ce que traduit et est combattue par les blogues.

    Le Québec est autant mal en point. On peut arguer que les médias s'éloignent de leurs rôles de chien de garde : « Depuis une quinzaine d’années, à mesure que s’accélérait la mondialisation libérale, ce « quatrième pouvoir » a été vidé de son sens, il a perdu peu à peu sa fonction essentielle de contre-pouvoir. » ; « En effet, les trois pou­voirs traditionnels — législatif, exécutif et judiciaire — peuvent faillir, se méprendre et commettre des erreurs. »IV

    Le manque d'emprise sur la vie en société est transcendé par les moyens dont disposent les citoyens et les blo­gues sont le moyen de l'heure par leurs disponibilités et facilités. La tendance est à la contribution personnelle, au contrôle exercé sans entrave aucune, de coûts ou autres. « L’un des droits les plus précieux de l’être humain est celui de communiquer librement sa pensée et ses opinions. » sic La blogosphère se mue en cinquième pouvoir.

    Le monde radiophonique, notamment le AM au Québec, vit des heures difficiles. La chance lui est donnée de reprendre son rôle de leader grâce à l'Internet. « Sans être nostalgique, il n'est pas certain qu'on reverra l'âge d'or de la radio, [...] Mais il suffit parfois d'une bonne idée. » Pierre Arcand. Lorsqu'on parle de la beauté de l'ef­fort, de la valeur du travail dont on retire les fruits, ne parle-t-on du libre marché, où les valeurs d'initiati­ve et d'innovation sont récompensées ? La radio privée est le plus bel exemple où cela s'exerce encore et doit durer.

    Paul p. Pluteau/PpP


    I Pierre Arcand Président, Corus Québec Forces, Mars 2006, No 145
    II Internet : 10 prévisions pour 2006 La tête chercheuse avec Ianik Marcil, technaute.lapresseaffaires.com
    III L'univers des blogs, ses habitants, ses rites, son langage Le Monde, Anne Ghiringhelli, Benoîte Jalet 22 mai 05.
    IV Le cinquième pouvoir Le Monde Diplomatique, Ignaco Ramonet, Octobre 03.

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    08 mars, 2006
    Coup de barre et redressement tout empreints de réalisme.
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    « Qu'il est difficile.... » de trouver... et aussi d'aimer ! Commençons par la tête chercheuse. Nous concluions à l'article précédent que sans tomber dans un optimisme rêveur, on pouvait trouver des avenues originales pour le redressement de nos déficits démocratiques, des fourberies éhontées des élites économiques et politiques, de.., de., de. Malgré des trouvailles, les veines sont minces. Des bribes se pointaient avant de s'avancer, par chance !

    Pour ce qui est d'aimer, il faut se limiter à son environnement immédiat ; et encore ! On nous admoneste sur toutes les tribunes que les Québécois forment un peuple de mollasses, de poltrons, de limaces, en extinction les enfoirés... ; pas beaucoup de bons sentiments là. Dans notre milieu de tous les jours, juste un peu mieux ; « Le monde entier est un cactus », Les Cactus, Jacque Dutronc, 1966 « Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ouille ! Aïe ! Aïe ! Aïe ! » sic

    Ah oui ! Pour nous conforter, il y a notre coq de noix de Grenoble, Christobal the wall Huet, qui bloque la poke. Et là qu'on lui adjoint un écureuil, non le Suisse David Aebischer ; Théo ou l'impossible « mon petit amour » Ron, CKAC740 parti pour les Broadback Mountains du Colorado. Nos valeureux Canadiens « bras meurtris » vont « retrouvé le chemin de la victoire », « remontés leur jeu d'un cran » et « ça sent la coupe ». Bon peuple, réjouissez-vous. Panum et circences, du pain et des jeux servis à petites doses d'opium au prolétariat, la plèbe.

    On nous promet soit un avenir radieux livré sous des dehors séduisants d'individua­lis­me et d'hédonisme dans une consommation libératrice ou nous subirions une abominable soumission au quotidien, livrés au joug de l'es­clavage et ça, à notre insu. Le but déclaré de ce texte est d'élucider des pistes innovatrices, des sources d'op­timisme : tendance à voir tout du bon côté (médiadico.com). Nous en revenons à des intentions plus réalistes.

    Au delà des sempiternelles dichotomies subversives optimisme/­négativisme, néo-libéralisme/­socialisme, droite/­gauche, homme/­femme, patronat/­syndicat, etc. qui sont vécues dans les rapports conflictuels actuels, la ten­dan­ce toute naturelle serait de se placer en terrain de centre. Mais on résiste, on polarise vers les extrêmes. Entre l'application et les beaux principes, il y a un fossé qu'il faut chercher à combler. Commençons par jeter des ponts.

    Il faut impérativement s'attaquer à l'imputabilité des élites, au déficit démocratique et à la situation socio-politique du Québec dans une optique de réalisme. Pour nous aider, nous retiendrons les écrits de quatre philosophes et penseurs, deux du siècle dernier, les deux autres, nos contemporains.

    Copinage et irresponsabilité
    On dit de la politique que c'est l'art du compromis ; de faire la différence entre le souhaitable et le possible. Ce possible n'a servi qu'à justifier et maintenir le statu quo pour éviter la réflexion et se ré­fu­gier dans les vieux ré­fle­xes. Un abîme sépare la responsabilité des élites économiques et politi­ques de la réalité et le gouffre se creuse.

    « Dès ses origines, notre tradition politique s'est accommodée des actes de copinage politique. Pendant qu'ailleurs en Occident les citoyens adhéraient à l'universalisme républicain, nous le refusions pour protéger nos particularismes régionaux. Le clergé et la Couronne britannique plaidèrent, avec succès, qu'il était juste d'accor­der des privilèges à des groupes. »I Stéphane Kelly. Pourquoi en est-il toujours de même aujourd'hui ?

    M. Kelly, historien et professeur de sociologie, offre la réponse : « Le clergé s'est retiré du domaine public, mais les héritiers continuent à jouir de leurs privilèges. » et ils le font « avec leur arrogance de bourgeois bohèmes. »

    « Les discours lyriques sur notre libération en ont dissimulé une autre, celle d'une classe sociale, [...] qui regarde le Québec de haut, à distance, comme s'il était une espèce animale archaïque : une gang d'attardés, un peuple de bougons sympathiques ; bref des gens qui, faute d'être éducables, peuvent être à tout le moins distraits.

    « Le débat sur la corruption sera vain si on ne s'interroge pas sur les termes d'un nouveau contrat social. Il ne peut y avoir de droiture dans l'État quand nos institutions négligent le mérite, la compétition et le fair play. »

    Kelly place la barre des changements bien haute en invoquant Montesquieu et « une forte dose de vertu » pour qu'ils aient lieu. D'un autre siècle, les écrits ne sont guère plus encourageants. La rigueur géographique du pays expliquerait les résistances : « Avez-vous jamais fait cette réflexion que, dans les pays montagneux, les hommes sont bien plus conservateurs, plus soumis aux traditions, plus difficiles à transformer que partout ailleurs ?

    « Si une bonne partie du Canada conserve encore les traditions et les moeurs du dernier siècle, c'est grâce aux Laurentides. La neige y est bien, il est vrai, pour quelque chose, la neige qui enveloppe dans son manteau muet tout ce qui respire, et [...] on ne s'étonne pas de ce que les quelques campagnes glacées qui s'y trouvent [...], les habitants n'aient aucun culte pour les progrès ni aucune notion de ce qui le constitue. »II Arthur Buies, chroniqueur.

    Buies est encore plus sévère dans Le nouvel an « Un trait distinctif de notre race, c'est la fossilisation dès le bas âge ; il semble que nous soyons bons qu'à être mis en bocal ou conservés dans la térébenthine. » sic Force est de reconnaître que, tout comme pour chaque personne, un groupe d'individus ou une nation se composent de traits de carac­tè­re, qualités et défauts, qu'il faut identifier pour en valoriser les ressorts ou en atténuer les effets.

    Le repli pour la survivance a créé une société homogène refermée à un point tel qu'elle se conforte dans ses schèmes de pensées à n'en point vouloir changer, à n'en voir même l'utilité. On perçoit l'endurance requise pour survivre à un climat, un terrain, à un conquérant, tous opprimants. Mais elle devient entêtement lorsqu'un Québé­cois, et ils sont majoritaires, usera de réflexes, de l'épiderme jusqu'au fond des tripes, sans relais par la raison, pour défendre ce qu'il ou elle interprétera comme une atteinte au jugement, faillible et perfectible en toute chose.

    La cohésion des moeurs a conduit le Québec à une solidarité de façade. On se sourit, on se dit heureux de se voir mais une fois l'intimité retrouvée, c'est la litanie des plaintes et des blâmes qui sont ressassés. Cela se véri­fie au sein de la famille immédiate et s'étend aux voisins, aux collègues de travail et envers tous ceux qui vien­nent en contact. Les reproches sont verbalisés aux gens de confiance, à un conjoint, un ami, et devant des spec­tateurs involontaires, les enfants et autres intimes qui goberont les traits retors, en poursuivront les perversions.

    On revient à la famille, point de départ de toute éducation et d'apprentissage dans l'assimilation de saines attitudes de vie en société. L'école ne peut se substituer au rôle parental même si des travestissements de rôles ont cours et mènent à plus de dérive. L'Éducation nationale s'est pervertie en acteur, en modulateur des comportements. Du syndicalisme du milieu découle un dirigisme des intrants, les enfants, en extrants conformes au moule sectaire et qui doivent assimilés les diktats de préférence aux connaissances ; le savoir c'est le pouvoir.

    L'induction du milieu scolaire se vérifie dans les résultats désastreux des taux de décrochage scolaire honteux. Les agents de l'Ordre — conseillers pédagogiques, spécialistes en tout genre — exprimeront aucun remord à expulser les élèves insoumis. L'école doit être recentrée, la Finlande offrant un excellent modèle en ligne des reportages du Journal de Montréal du 4 au 8 mars. Quant aux familles, des soutiens à la famille passent par la démocratie directe et par l'instauration de cellules locales qui sont des points de chute de toutes les doléances.

    C'est par l'implication à la base et en participant au niveau local que s'ouvrent les voies du changement. Le milieu municipal est le niveau de gouvernement le plus près des citoyens et ils y portent une attention plus suivie et même un attachement comme le débat sur les fusions/défusions l'a montré. Des tentatives pour favoriser encore plus l'implication du Citoyen sont en cours par le biais de référendums locaux à Saint-PriestIII en Rhône, France.

    Réalisme démocratique
    Si le Québécois parvient à s'élever de ses travers, c'est trop souvent pour mieux déconsidérer ses compatriotes. Cette condescendance se remarque actuellement dans dans le débat sur le réforme du scrutin. Les dirigeants libéraux font partie de la caste dominante au Québec. Du temps d'Arthur Buies, ils représentaient le changement par rapport aux Conservateurs tournés vers la Couronne et le passé. Aujourd'hui, ils sont arrogants, un trait plus évident au niveau local, provincial quoique plus pernicieux au fédéral. La mascarade de réforme tourne au cirque.

    Le simula­cre de démocratie de la réforme du mode de scrutin lamine les aspirations pour un pluralisme des partis — la possibilité aux partis plus sectoriels de se faire entendre — sans assurer une correction significative entre le nombre de voix obtenus et le nombre d'élus. Dans ce contexte, il vaudrait mieux s'en tenir au statu quo. Et peu importe la projet final, il devrait impérativement être soumis pour ratification par référendum populaire.

    Aucune indication en ce sens n'a transpiré des travaux, les décideurs et leaders d'opinion publique au Québec s'en remettant toujours à leur seul jugement. C'est contraire au processus récent de réforme du scrutin en C.-B. qui a été soumis et défait par référendum par une marge de 60-40 %. Si une véritable démocratie doit s'installer ici, c'est la voie du référendum qui doit être privilégiée, rejoignant les voeux du sociologue-blogueur OlivierIV.

    Il est fallacieux pour les tiers partis de s'objecter au vote uninominale à un tour, notre système, parce qu'il ne favoriserait pas l'élection de leurs candidats. Quoique plus difficile, l'ADQ aux élections antérieures, et André Arthur à la dernière élection fédérale, ont fait la preuve que l'on pouvait se faire élire si on avait une base solide dans un territoire donné. Le BQ en fait aussi la démonstration à l'échelle canadienne avec sa base au Québec.

    Voilà la clé. Tout comme Pierre Drouilly l'a relevé, il était très naïf au nouveau parti QS de croire que le gouver­nement libéral permettrait une plus grande ouverture aux tiers partis. Pas que leur présence en chambre, ou celle de tout autre parti en contrepoids au QS serait défavorable pour une meilleure représentativité démocra­tique. Mais cela ne veut pas dire de dérouler le tapis rouge. Une parti doit faire la preuve de sa capacité de mob­ilisation. Selon les règles actuelles, c'est de concentrer ses efforts auprès d'une clientèle dans un territoire donné.

    Considérations socio-économiques
    Les raisons qui nous poussent vers un renouveau social et politique au Québec sont multiples mais la principale revient à redonner le pouvoir de décisions là où il appartient : au Citoyen. Pour cela, il doit avoir la capacité de l'exercer par des nouveaux canaux de voix populaires. Les formes que ceux-ci peuvent prendre sont variées. Ils se distinguent par la proximité des lieux et des facilités d'expression mises à disposition des groupes de citoyens.

    Nous sommes, dans nos démocraties occidentales, « surgouverner », le Québec l'étant le plus en Amérique, et tout travail de réorganisation sociale passe par un travail de déconstruction. Tout ce qui se substitue à l'expression populaire doit être repensé, voire aboli. Dans cette dernière catégorie, en conformité avec la révision du milieu scolaire envisagée selon le modèle adopté en Finlande, les commissions scolaires seraient éliminées.

    Les commissions scolaires, organismes élus avec des taux de participation avoisinant les 5 %, ont fait la preuve de leur superfluité et sont facilement remplaçables. Les MRC tombent dans la même catégorie. De la centaine de régies et d'agences gouvernementales, toutes sont à repenser dans le même ordre que l'appel à l'abolition de la Régie du loyer lancé par Michel BrûléV. De ce travail de dégraissage de l'État, on pourra rebâtir plus simplement.

    La façade de solidarité abordée ci-avant a été mise en place et cherche toujours à s'étendre par l'action des cen­trales syndicales qui en sont les principales bénéficiaires. Le taux de syndicalisation au Québec est passé 39,9 % en 2004 à 40,2 % en 2005 (Statitisques Canada) et remporte encore le championnat en Amérique. Les jeunes Libéraux du Québec ont déjà étudié l'éventualité d'abolir la formule Rand. Le débat doit être poussé plus loin.

    Toute notre bureaucratie gouvernementale hypertrophiée au Québec, un autre championnat, est syndicalisée. Elle forme le petit lait des syndicats. Les centrales négocient avec des représentants patronaux, élus certes, mais dont les conséquences des avantages consentis sont répercutées sur les nivaux de taxation des citoyens, et non dans leurs propres poches. Voilà bien la différence entre une syndicalisation dans un milieu public et privé.

    Le droit à la syndicalisation en milieu public doit être éminemment revu. Même si son interdiction contreviendrait à des traités internationaux, la disproportion des forces et les abus des milieux syndicaux exigent qu'ils doivent être fortement circonscrits. Les conditions supérieures obtenues en milieu public ont une incidence sur le reste des travailleurs, motivant le militantisme des centrales en milieu public. On peut admettre les luttes difficiles à mener et la présence justifiée d'une unité syndicale en milieu privé mais jamais les citoyens, qui sont les patrons, en fin du compte dans le secteur public, pourraient être considérés des abuseurs des droits des travailleurs. Jamais les avantages consentis dans le secteur public devraient être supérieurs à ceux établis dans le privé.

    Le milieu économique privé ne sera pas en reste dans le processus de révision. L'enrichissement sur le dos des travailleurs sera tout autant combattu que celui des centrales syndicales sur le dos des citoyens payeurs de taxes. Des programmes de participations obligatoires aux bénéfices, un salaire minimum garanti équivalent au seuil établi de la pauvreté, l'élimination des échappatoires voire même un revenu maximum défini où tout excé­dent non généré de l'effort (rentes, dividendes, héritages, etc.) suivra des taux d'imposition ascendants rapides.

    On aura compris que les écarts de revenus sont resserrés pour amoindrir les iniquités inhérentes à l'activité non contrôlée d'une économie de libre marché. Les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent au détri­ment des deux groupes. On y pallie par un esprit de solidarité de partage et non de préservation des acquis. Tou­tes les politiques émaneraient de la volonté majoritaire des citoyens qui s'expriment par le biais d'instances locales.

    Ils y trouveront leur intérêt. Les montants économisés du resserrement sont retournés en réduction d'impôts. La règle de Pareto des 20/80 a montré qu’au début du siècle dernier, 20 % de la population italienne détenait 80 % de la richesse du pays. Du budget provincial gravitant autour de 50 milliards $ (53), on le coupe par 20 % (10 milliards $) que l'on redistribue aux 80 % de la classe moyenne. Leurs taux d'imposition passeraient de 50 à 40 %.

    Les assemblées locales favorisent l'expression aux sein des municipalités et des quartiers. Elles utilisent les lieux publics existants et ne requièrent pas un personnel permanent. L'implication volontaire et le béné­volat sont valorisés. Les structures locales sont chapeautées et sous la responsabilité de la Chambre du Peuple, structure élaborée à l'article Liberté, égalité, fraternité, 14 fév. Y était aussi avancé, un appui à la souveraineté du Québec.

    Fin du provincialisme
    Le concept de souveraineté populaire qui se traduit par l'usage du référendum et la participation des citoyens à l'élection de ses représentants exerçant un pouvoir délégué s'appelle une république. Le docteur en politique et professeur à l'UQÀM, Marc ChartierVI élabore un important curriculum sur les thèmes de la souveraineté exercée par le peuple. Ses écrits émettent aussi l'hypothèse d'une deuxième chambre composée en partie de citoyens appelés au hasard de la liste électorale. Il rejoint en cela nos voeux d'équilibre et d'implication directe du Citoyen.

    Il en appelle pour la fin du provincialisme qu'il définit : « Au Canada français, puis au Québec, liberté politique et reconnaissance identitaire ne sont pas toujours allées de concert. Elles se sont souvent opposées, voire igno­rées, et les élites politiques québécoises ont souvent préféré la deuxième au détriment de la première. Et cette attitude, ce réflexe qui consiste à transiger sur la liberté politique pour recevoir en échange la reconnaissance de son existence nationale par le Conquérant ou le régime fédéral, doit recevoir un nom : le provincialisme.

    « Le provincialisme peut être vu comme un refus a priori de la liberté ». La prise en charge des responsabilités citoyennes est incompatible avec les prérogatives des parlementaires de la Couronne du modèle britannique. Chartier et Kelly reprochent unanimement le copinage et le patronage érigé en système : « Depuis Lord Durham, la tradition politique canadienne révère un pouvoir exécutif fort, qui se maintient par l'instrument du patronage ».

    Il nous faut donc changer de régime politique et cela demeure impossible à faire tant qu'on fait partie du Canada. Les changements sont déjà assez importants à faire ici, le Canada fera ce qu'il voudra, nous n'avons pas à nous en préoccuper. Le régime actuel est « une force d'inertie qui empêche le peuple québécois de se voir et de se vouloir comme souverain. » On ne parle pas ici d'une souveraineté rose bonbon à la PQ. Il faut faire des sacrifi­ces pour accéder au rang des nations. Elle découle des avantages qu'on en retire qui sont tangibles, inviolables.

    « Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L'existence d'une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l'existence de l'individu est une affirma­tion perpétuelle de vie. [...] Une province, pour nous, ce sont ses habitants ; si quelqu'un en cette affaire a droit d'être consulté, c'est l'habitant. Une nation n'a jamais un véritable intérêt à s'annexer ou à retenir un pays malgré lui. Le voeu des nations est, en définitive, le seul critérium légitime, celui auquel il faut toujours en revenir.

    « La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements. »VII.

    Nous proposons un recentrage des fonctions et des rôles des gouvernements et des entreprises du privé. Ceci n'est possible que dans un processus démocratique. Il faut convaincre une majorité simple de citoyens des bien­faits et avantages comté par comté, tâche longue et ardue mais ils pourront en voir les répercussions concrètes et l'évolution des mentalités s'exercera en douceur. On établit une base dans un comté de laquelle on essaime.

    La rive sud du Saint-Laurent est moins rugueuse et ses habitants plus entreprenants et plus réceptifs aux idées nouvelles, la preuve étant la région de la Beauce. En descendant plus au sud, on traverse les régions de l'Estrie et de la Montérégie, cette dernière à prioriser tout précisément dans une approche comté par comté.

    Beaucoup des stratégies mises de l'avant dans cet exposé sont réalisables dans le cadre constitutionnel actuel : rationnement de l'État, restrictions des manoeuvres syndicales, équilibrage des profits et des gains du libre marché.

    Des gains résultant de l'atteinte et du chemin parcouru dans la réalisation des objectifs ci-avants suivera un meilleur être du Citoyen. La souveraineté devient accessoire pour le réaliser pleinement. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Le jour où un minimum de 60 % à 2/3 des Québécois auront voté oui à la République, elle sera.

    « Consulter les populations, fi donc ! quelle naïveté ! Voilà bien ces chétives idées françaises qui prétendent remplacer la diplomatie et la guerre par des moyens d'une simplicité enfantine. — Attendons, Messieurs ; laissons passer le règne des transcendants ; sachons subir le dédain des forts. Peut-être, après bien des tâtonnements infructueux, reviendra-t-on à nos modestes solutions empiriques. Le moyen d'avoir raison dans l'avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé. » Ernest Renan

    Nous aurons le destin que nous aurons mérité. Albert Einstein

    Paul p. Pluteau/PpP



    I Culture de copinage, Québec grand angle, Stéphanne Kelly, La Presse, 18 fév. 06
    II Chroniques I - Humeurs et caprices, Correspondances pour le Pays. Arthur Buies, Québec 8 mai 1871
    IV Un blog de qualité, Réforme électorale , Olivier, 6 mars 06
    V L'argent par les fenêtres, Michel Brûlé, Éditorialiste, Le Journal Mir, Édition 8 mars, No. 9.
    VI L'encyclopédie de L'AGORA, La Répuplique, Marc Chevrier ; De la chouannerie canadienne à la République du Québec ; Le provincialisme, ou l'indolence politique.
    VII Qu'est-ce qu'une nation ? 1882 ; RENAN, Ernest (1823-1892)
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    28 février, 2006
    Pour en finir du négativisme.
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    « Cent fois remet ton travail sur le métier. » Tous connaissent cette maxime. Le développement d'une pensée, aussi originale que possible, demande un effort à contre-courant, qui ne présente pas des réponses toutes faites. Vous dire la difficulté de rechercher des suggestions inédites à des problèmes récurrents relève de l'euphémisme. Tout notre corps veut s'en éloigner mais notre conscience nous y replonge, sans cesse.

    L'on peut vouloir se dire « Assez du négativisme ! », on passe à des choses constructives. Mais qu'est qui est constructif ? Il y en a si peu qu'il faut le chercher, l'inventer, emploi difficile. Le texte d'aujourd'hui sert encore de prélude au suivant. Les situations nous forcent à faire des constats négatifs et pénibles en premier pour aborder les suggestions ou pistes de solutions — acte concret — dans un cadre différent sinon les idées s'entrechoquent.

    Nous terminons ce mois de février sur la même voie qu'il a commencé ; dans la désolation. Peu de réactions à date aux articles de ce mois si ce n'est un commentaire élogieux de Bernard Bujold — Nouvelles brèves — en en-tête du site, 28 fév. 06. Nous reviendrons sur plusieurs des points soulevés dans les deux textes précédents. Et tout particulièrement sur la nécessité de prendre du recul avant de s'interroger sur les événements récents. À contrario, notre nez ne s'y aura jamais autant collé mais, à notre défense, ils s'inscrivent dans une longue lignée.

    En psychologie, on définit le négativisme en une résistance pathologique, active ou passive, à toute sollicitation interne ou externe. (mediadico.com) On résiste à tout changement positif se réfugiant dans sa bulle, fuyant le défaitisme ambiant, mais on ne l'évitera pas aujourd'hui. Trois autres exemples, parmi d'autres, pour encore nous désoler : le remaniement ministériel, la réforme du mode de scrutin, les tramways de Tremblay annoncés à Paris.

    Qu'on veuille passer à des choses positives, notre actualité quotidienne nous ramène à un plus triste sort. L'exer­ci­ce n'est pas totalement futile car il faut bien prendre acte de l'imposture qui foisonne voire s'amplifie. Mais tout n'est pas négatif quand on va à la recherche d'âmes semblables, celles qui dénoncent mais aussi proposent des solutions. L'article suivant s'y penchera, empruntant des sentiers peu explorés, non faciles, or plus fructueux.

    Mini-remaniement ministériel
    Hier donc, Jean Charest aura encore réussi à se mettre tout le Québec à dos dans un exercice qui « n'est pas non plus de la physique nucléaire », Vicent Marrisal, La Presse, 28 janvier. En rétrogradant Thomas Mulcair, son fougueux ministre de l'environnement à un sous-emploi « C'est comme si Bob Gainey offrait à Guy Carbonneau le poste de préposé à l'équipement. » sic Toujours dans la même édition : « Rien ne va plus à la Société des alcools, le projet du nouveau Casino bat de l'aile, celui du CHUM est sur une voie de garage, les permis de conduire vont augmenter et plusieurs ministres utilisent l'avion de façon abusive. » Denis Lessard, sic

    On ne pourra accuser « La grosse presse » de sauter vite aux conclusions, elle sert ses intérêts. En politique, tout n'est pas noir sur blanc et il faut faire des recoupements. Les auteurs d'une biographie sur Jack Lang écri­vaient de son patron François MitterrandI « En vieux renard politique, il sait qu'il vaut toujours mieux des verba qui s'envolent au premier vent contraire que des scripta qu'un petit malin risque de nous remettre sur le nez. »

    Pourtant encore aujourd'hui, Jean Cournoyer de CKAC, partisan auto-proclamé de faits vérifiables, pourfendait en onde toutes les analyses claires ou rapprochements. Les appelants parlaient d'une chaîne des événements qui ne ment pas, Séguin à été sacrifié l'an dernier, Mulcair cette année et Jean Charest de « menteur invétéré », tous fabulaient aux yeux de Cournoyer. Pourtant lui-même disait en analyse : « L'affaire du Mont-Orford, c'est fort possible que Mulcair ait gagné mais quand tu gagnes contre ton PM, c'est toujours une victoire courte. »

    Seul un appelant anglophone a trouvé grâce qui, en se désolant du départ de Mulcair, déclarait « La seule chose qu'il a fait de répréhensible (bêtise), c'est d'avoir attaqué Dion publiquement en déclarant ; « Je comprends les indépendantistes avec Stéphane Dion. » Il éclipse tout ceux qui lui portent ombrage et qui se dressent contre Ottawa. » L'ex-conservateur Charest, un fédéraliste de service au Québec, se serait mis au service de Harper.

    Mais pourquoi nier l'évidence ? Jean Charest ne comprend rien du Québec, que les intérêts financiers qui peuvent rapporter. Sa nouvelle recrue, Raymond Bachand, pour qui tout ce manège a été fait, semble être sorti du même moule. Changeant d'allégeance politique au gré des intérêts, du PQ au PLQ, du Fonds de Solidarité de la FTQ à la présidence de Sécor — passer de ses relations tendues avec Henri Massé pour se jeter dans les bras d'un Marcel Coté, valet de service de la haute finance du Québec — l'homme est à la solde du plus offrant.

    Comme si le spectacle n'était déjà pas si désolant pour Charest, il compte maintenant dans son caucus plusieurs ex-ministres déchus des Thomas Mulcair, Pierre Reid au Jacques Chagnon ou des ministres sans envergure des Carole Théberge, Jacques Dupuis, Henri-François Gautrin, etc. Mais pourquoi vouloir faire de la politique quand c'est pour faire le vide d'idées et de s'entourer d'insignifiants ? Ça ne peut être que pour des motifs inavouables.

    Réforme du mode de scrutin
    Benoît Pelletier, autre ministre sans envergure dans la belle écurie libérale provinciale, pilote présentement une révision de la loi électorale où l'on combinerait une proportion mixte de députés nommés à la proportionnelle (50) à une proportion toujours élue (75+2) au mode de scrutin actuel (uninominal majoritaire à un tour). D'ailleurs, le sociologue Pierre Drouilly de l'UQÀM en fait une excellente analyse dans Le Devoir d'hier et d'aujourd'huiII.

    Grosso modo, les Libéraux proposent un découpage territorial du Québec en 25 districts de 3 comtés où l'on continuerait à élire 75 députés plus 2 autres élus dans des comtés extra-territoriaux et auxquels viendraient se greffer 50 autres députés élus à la proportionnelle à partir d'une liste dans chaque district pour atteindre ainsi 127 députés. Le système actuel tend à grossir les majorités mais de la sorte, ajoute à la stabilité des gouvernements.

    Le mode de scrutin proposé gomme les mouvements de l'opinion publique en diminuant les majorités mais les Libéraux auraient toujours été majoritaires lorsqu'ils ont remporté les élections depuis 76 mais des quatre élections du PQ, deux leur auraient mérité des gouvernements minoritaires, en 76 et en 89. La question posée par Drouilly est est-ce qu'un René Lévesque aurait pu réaliser tout ce qu'il a fait dans son premier mandat ?

    Poser la question, c'est d'y répondre. Et Drouilly relève la plus grande faiblesse de la proportionnelle : « le défaut rédhibitoire de tout système proportionnel, qui est un scrutin de liste, est de permettre aux vieux caciques des partis de ne jamais être sanctionnés par le vote populaire, puisque leur pouvoir interne au sein des formations politiques leur garantit des places éligibles en tête de liste de leurs partis, et donc d'être élus et réélus indéfiniment. » C'est ce qui a permis à un Jack Lang, par exemple, à ne pas se présenter aux élections quand sa réélection n'était pas garantie mais de plutôt se faire ajouter à la liste électorale et de se voir attribuer un poste au gouvernement, même dans l'opposition, pour ainsi assurer sa pérennité dans le paysage politique français.

    Comme on le voit, la révision proposée par les Libéraux n'apporte aucune amélioration, pire elle est étrangement plus nuisible quant à ses effets. C'est une réforme par les élites pour les élites, pour s'assurer une mainmise encore plus grande sur l'appareil gouvernemental. Mais qu'est qu'on peut être « ratoureux » dans ce parti !

    Les tramways à Tremblay
    Le tableau ne serait pas complet sans glisser un mot sur l'annonce surprise de doter Mon­tréal de tramways de Gérald Tremblay lors de son voyage à Paris la semaine dernière. Il garantit même qu'une première phase au coût de 500 millions sera réalisée avant la fin de son mandat en 2009. Et dire qu'il a fait campagne il y a seule­ment quelques mois uniquement sur la saleté et les nids de poule de Montréal, sans jamais parler de tramways.

    Qu'est qui explique cette fascination soudaine ? N'oublions pas qu'on fait affaire avec un ex-ministre libéral dont l'héritage est la fabulation des grappes d'industries, machin rendu plus crédible puisqu'il avait fait ses études à Harvard. C'est plutôt des cliques d'amis qu'il s'agissait alors et encore plus aujourd'hui. L'homme est soit incons­cient et en lévitation qui ne réalise pas l'affabulation qui le possède ou il croit pouvoir mystifier tout le monde.

    Autant l'une comme l'autre possibilité est effrayante. Ce projet est mort-né ou les lobbies du patronage n'ont plus aucune contrainte à leurs fricotages, cause de fracas. Ils devraient se satisfaire à réaliser la Notre-Dame malgré les dépassements, grossissant coûts et profits. Le projet des tramways de Montréal est tout droit sorti des cartons du nouveau parti municipal Projet Montréal, surtout de la tête et du travail de son chef Richard Bergeron.

    Il a développé le projet de ses années à l'emploi de l'AMT, lequel travail est devenu plateforme électorale. Il a créé une petite surprise à la dernière élection en réussissant à se faire élire. Les bonzes libéraux sont à l'oeuvre pour récupérer le peu de capital politique que le projet peu rapporter tout en coupant les ailes du nouveau parti. Encore plus consternant a été de voir la naïveté de l'accueil enthousiaste donné au projet par Richard Bergeron.

    À mettre dans la balance qu'il perdait son poste à l'AMT une semaine plus tôt selon l'argument qu'il faisait, combiné à son nouveau poste de conseiller municipal, dou­ble emploi dans la fonction publique. Mais Richard Bergeron est proche des groupes de gauche souverainistes (QS) et avait eu son emploi du temps où Florence Joncas-Adenot était présidente et où le PQ était au pouvoir. Il y a longtemps que les Libéraux ont fait le ménage, Joncas-Adenot perdant son poste dans la foulée du scandale des dépassements de coûts du métro de Laval.

    Bergeron gagnait en influence et ils devaient aussi le mettre à l'écart. Seule l'inexpérience politique peut expliquer son étonnement du congédiement. Voilà qu'une semaine plus tard, il accueille le projet de son bourreau d'hier comme réaliste et lui offre même de l'aider à le concrétiser. Le compte de l'inexpérience serait ici trop gros à avaler. N'entrerait-il pas tacitement dans l'engrenage du patronage en retour des bonnes grâces des parrains ?

    Les requins ont toujours plus faim ! On pourrait continuer comme ça avec la hausse des frais d'électricité, la qua­triè­me depuis janvier 2004 mais le tableau est déjà suffisamment lourd. Les sociétés d'état ne sont « plus des vaches à lait, c'est un troupeau de vaches à lait », Josée Legault, CKAC740AM. Notre monde est peut-être plus corrompu que ne l'était la politbureau de l'ex-URSS dans notre société où tout est jeu d'ombre et d'influences.

    Toute corruption conduit à des désordres qu'on ne peut toujours éviter en camouflant ses actes pervers. Le jour vient où repousser les corrections ne se peut plus. La corruption à toujours exister, même si de nobles âmes ont mené contre cette dernière un combat permanent. Sans s'illusionner par trop d'optimisme, des pistes vers des formes originales de pensée et de structuration sociales peuvent causer un renouveau. Nous nous y attarderons.

    Paul p. Pluteau/PpP



    I Les aventures de Lang de Blois, ENQUÊTES, Marie Delarue, Jacques Grancher, Paris, 1995 ; déjà cité dans l'article Boisclair ; Jack le monologue ; le Jack Lang(ue) de bois du Québec ; Ô malheur, 16 nov. 05.
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    14 février, 2006
    Liberté, égalité, fraternité
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Ce titre évocateur, credo et phare pour l'humanité, fait suite au texte précédent tel qu'énoncé. On a déjà écrit sur ce site « rien ne sert de réinventer »I. La réponse trop hâtive aux événements au jour le jour nous fait oublier nos repères. Les sous-titres du présent texte seront juxtaposés aux trois sous-titres du texte précé­dent pour qu'ils éclairent d'une vision globale les champs restreints qu'un lentille collée ou qu'un nez rivé sur l'actualité obstruent.

    L'emphase doit être mise sur la chose économique telle que déjà stipulé mais on ne peut jamais s'éloigner très loin de la chose politique. Soyons précis ! La vie en société exige une organisation des modes d'échanges et de fonctionnement. La collectivité délègue volontairement des services au secteur public par économie et acces­sibilité : éducation, sécurité, santé, allocations, etc., toutes des fonctions vitales dévolues aux gouvernements.

    Des questionnements sont soulevés cependant dans les appareils politiques à qui sont confiés la gestion des gouvernements. Les sommes immenses en cause sont des incitatifs à la convoitise. Donc, premier point, le nombre des responsabilités déléguées qui gonflent l'importance des gouvernements. Autre point névralgique : comment garantir la probité des hommes et des femmes pour qui la gestion publique peut devenir une course fol­le du pouvoir et pour laquelle aucun compromis n'est à écarter ? Comment les déceler et les rendre imputables ?

    Voilà le débat ramené entre l'essentiel et le ponctuel. D'une part, les gouvernements ont des fonctions légitimes ; mais aussi, les scandales à répétition d'un grand nombre d'acteurs politiques ont généré un tel scepticisme qu'il affaiblit gravement la légitimité des gouvernements. Les rôles ne sont pas à questionner mais les conformités en rapport aux rôles. Pourquoi constate-t-on la tendance des gouvernements à s'éloigner des fonctions de base ?

    Nous consacrons, dans notre régime social-démocrate, 50% de nos revenus personnels en impôts mais nous remarquons une dégradation des services publics ; le 50% restant, les revenus disponibles, doivent permettre de subvenir aux besoins de base : se nourrir, se vêtir et se loger. Le secteur privé qui dispen­se ces services génère aussi sa grande part d'irritants. Les citoyens se dépêtrent dans une société où plus rien n'est sacré excepté l'argent. Les besoins d'appartenance, de réalisation, de quête du bonheur sont compromis pour une large frange.

    « Liberté
    sans chape de plomb paralysante » vs. Impunité. La liberté est le libre arbitre de penser, de faire sans contrainte indue de lois et de règles qui ne sont pas à l'avantage de la majorité. Il y a atteinte à la liberté actuellement par les avantages injustifiés d'une petite caste dirigeante et manipulatrice qui s'octroie les richesses et édicte les lois pour accroître leurs privilèges sans considération au bien-être de la collectivité et cela en toute impunité.

    Voilà, c'est dit et redit. Il faut donc casser l'impunité par laquelle le système protège et augmente les privilèges actuels des ayants droit. Cela n'est pas tâche facile mais faisable. Le coeur du problème est politique. Les révolutions française et étasunienne ont toutes deux ménagé, en établissant leur système politique en accord avec leur démocratie naissante, les avantages des dirigeants économiques — et politiques — de l'époque.

    Les articles 4 et 5 de la Déclaration française des droits de l'Homme et du Citoyen stipulent ce qui suitII :
    Article 4 – La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.
    Article 5 – La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

    Par ailleurs, il faut entendre de liberté, La poursuite du bonheur, The pursuit of happiness, telle qu'énoncée dans l'esquisse de Jefferson, de la Déclaration de l'indépendance des États-UnisIII :
    « Aux États-Unis, la liberté repose sur l'idée qu'il n'existe que des individus concrets qui ont en commun une loi morale d'origine... supérieure (divine selon le néo-conservatisme). Cette loi, ...donne des droits humains que nul ne peut nous retirer, aliéner. Ce qui veut dire qu'aucune majorité ni minorité politique, aucune oligarchie, ni aucun État ne peuvent les abroger. La grande leçon de la démocratie américaine, c'est d'avoir compris qu'en fondant les droits individuels sur un principe transcendant, on les rendait inaliénables. »

    Autant, les lois constitutives des démocraties française et étasunienne, l'une comme l'autre, comportent leurs éléments de vice et de perversion, volontaires ou involontaires.

    Aux États-Unis, la liberté est la valeur fondatrice. Elle doit empêcher toute entrave mais cela était contrebalancée par une éthique morale ou religieuse dont on ne peut douter qu'elle ait existée en 1776. C'est ce que constate Tocqueville en 1830. L'équilibre fragile s'est effrité parce qu'une pulsion, toute puissante, est en jeu ; l'individualisme ou le culte du moi. Sans les remparts de l'éthique, on en arrive aux excès actuels des Enron ou Haliburton.

    En France, c'est encore plus pernicieux et on peut même douter que c'était volontaire quand on connaît le génie français à tout raisonner et façonner, du Code Napoléon à la rigidité du cadre de vie actuel. Tout ce qui n'est pas régi est permis. C'est tellement gros que s'en est presque machiavélique et cela ne peut que se justifier par l'in­fluence des privilégiés à préserver leurs acquis. Les aristocrates de 1789 conservaient les leviers de domination.

    L'armée d'avocats, formée aux diktats du Code civil en vigueur au Québec, dérivé du Napoléon, est très aux faits des limitations des deux pactes fondateurs de notre propre vie démocratique. À cela, il nous faut ajouter la dérive d'un gouvernement parlementaire à la britannique qui ne perpétue que des droits régaliens, voire divins, et on comprend mieux qu'on en ait pu arriver à un scandale de l'ampleur des commandites. Lu sur un blogueIV :

    « C'est sur la démarche qu'il faut porter notre attention ; les procédés, messieurs. L'activité humaine, l'action de toute personne doit être régie et encadrée sans qu'il y ait pour autant atteinte à la liberté « L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté. Rousseau

    « Partout la magouille et la corruption et on se questionne comment faire pour la surveiller. Aucune suggestion ne vient des élus où des privilégiés. « Ne vous fiez pas à ce qu'ils vous disent, fiez-vous à ce qu'ils ne vous disent pas. » Paul Arcand, 10 jan. 06, 98,5FM. »
    Le grande faiblesse de Gomery II est justement ce qu'on n'y trouve pas. Tout est laissé entre les mains des politiciens et de ceux qui contrôlent le système. Aucun changement ne peut venir des bénéficiaires du régime. Ils ne mettront pas fin à leurs pactoles d'eux-mêmes. On se bat fort pour accéder au plus haut de la pyramide, honnêtement au commencement mais la tendance est toujours vers de plus en plus d'actes frauduleux voire scabreux tels qu'ils nous ont été présentés à nombre d'occasions, Gomery n'étant qu'un exemple parmi d'autres.

    Des 19 recommandations du rapport Gomery, une est manquante : celle d'établir un comité de surveillance composé de membres totalement indépendants de l'appareil politique. On sort du cadre des privilégiés pour que des nouveaux mandataires du peuple, non-issus de l'appareil gouvernemental, des non-élus qui s'activent à la vérification des comptes et procédés de l'État. Ils disposent de l'autorité pour évaluer surtout les postes électifs et de faire rapport pour tout égarement : des sanctions sont prévues allant jusqu'à la destitution par la voie d'une loi d'obligation : Loi du rappel. Un électorat jouit du droit de remplacer un représentant disgracié, d'où le rappel.

    Nous en sommes plus à espérer et à se fier que les gens de pouvoir, publics ou privés, se conforment à un code d'éthique de leur propre gré. Pas après le scandale des commandites, Option Canada et tout ce que l'élection des Conservateurs permettra de mettre à jour : abus de pouvoir, contrats aux amis et kickbacks tels que pour le registre des armes à feu, les détournements fiscaux, etc. Les règles et les procédés dictent les voies à suivre.

    Dans le cas des élus, c'est une réglementation stricte et des codes de conduite définis à la virgule près qui sont la marche à suivre. Les procédés et règlements contiennent des sanctions pour chaque violation jusqu'au rappel. Tout apparat de malversations conduit à un interrogatoire et la présomption d'innocence jusqu'à preuve du contraire est inversée. La confiance du public, s'il est possible de la rétablir, exige que les élus soient mis en accusation jusqu'à preuve formelle de leur innocence. La situation grave actuelle l'imposait ce que Gomery n'a pas réalisé.

    « Égalité
    des chances à chacun » vs. Lucidité. La philosophe Cynthia Fleury nous a rappelé que Tocqueville avait identifié la grande frustration de la quête de l'égalité qui nous fuit quand on s'y en approche ; « Elle va toujours, c'est terrible. Donc, ils font l'expérience d'une frustration he., et d'un abus terrible. »V Voilà ce qui est peut-être le plus grand moteur de changement ; exemple le plus récent de frustration : le dégoût des politiques et de la corruption.

    En démocratie, l'électorat élit « ses » représentants qui forment le bras législatif, considéré le plus important. Ils édictent les lois que l'administratif et le judiciaire appliquent. Du judiciaire, tous connaissent la maxime une loi à deux vitesses ; une pour les riches et ... Aux États-Unis, exemple limite, la justice perpétue l'inégalité des classes et permet même d'intenter les pour­sui­tes les plus farfelues et où les indemnités récompensent la convoitise.

    Les partis politiques existent pour perpétuer leurs assises sur les instances gouvernementales ; le pouvoir. Les moyens pour se faire nous donnent les pires exemples de politiques partisanes : dénigrement, vacheries, etc. De l'égalité un citoyen un vote, Tocqueville nous a aussi prévenu de la « tyrannie de la majorité ». Les faibles taux de participa­tion et le bipartisme de notre système démocratique, donnent aux blocs d'électeurs partisans, qui eux votent, l'assurance d'une mainmise du pouvoir et en alternance entre deux partis ou machines à « sortir le vote ».

    La lucidité amène son lot de frustrations ; la dernière, l'élection du dernier gouvernement fédéral. On craignait Harper pour son coté sombre, n'inspirant pas confiance, distant et partisan de politiques extrêmes à savoir pro-guerre et anti-Kyoto pour satisfaire aux intérêts des cartels du pétrole de sa province d'origine. Encore une fois, les pires craintes se confirment alors qu'Harper semble prendre ses modèles directement de Bush, un mentor !

    À l'évidence, la dernière élection n'est que la poursuite des mêmes procédés. Nous n'avions d'autres choix. Il nous fallait changer, quoique avec plein de réserves que la forte députation libérale indique. Harper est prêt à toutes les manoeuvres pour s'accrocher au pouvoir. Il a établi un appareil de patronage — Bernier à l'Industrie, Cannon au Transport, Fortier au Travaux publics — au Québec pour distribuer les subventions. Nous nous étions dits au Québec « plus jamais les commandites » mais la voie est toute pavée, selon les vieux modèles conservateurs, pour nous y mener. Il semble oublier qu'on a, au Québec, l'option de voter pour l'indépendance.

    Les deux premières valeurs, liberté et égalité, forment un duo en constant conflit et sont en grande partie responsables des débordements actuels. De un, la liberté justifie la course à l'enrichissement « poursuit of happiness » parce que dans nos sociétés capitalistes, l'avoir définit la qualité de vie, le statut social. Son pendant, l'égalité, a cherché à répartir la richesse mais au prix de conflits et d'âpres luttes menés par les unités syndicales qui ont dû camper des positions extrêmes, et fait dresser les parties en ennemis au mépris de compromis équilibrés.

    La liberté se dégrade qu'en appât du gain voire en permis à l'escroquerie. À l'égalité, s'est accolée la solidarité. Les camarades syndicalistes en ont fait une licence à endoctriner pour un État omnipotent et pour le socialisme.

    L'avoir l'emporte sur les devoirs et les pouvoirs mènent à l'avoir. La première néglige ses devoirs et l'autre abuse des pouvoirs, toutes les deux ayant l'objectif commun de possessions, l'avoir. C'est une dichotomie antagonique . La fraternité est occultée car elle rappelle devoirs et respect, porte volontiers vers l'autre, une valeur antinomique.

    « Fraternité
    du réel respect de l'autre » vs. Solidarité. Le portrait de l'avoir « plein les armoires » Alain Souchon, va en s'accentuant parce que c'est là l'essentiel de la valorisation personnelle. L'éthique ou la morale de la jeune nation étasunienne ont été annihilées par l'exubérance ou la précarité ou par une aisance bien modérée pour un groupe en diminution. On saisit la situation conflictuelle grandissante puisque tout gain s'obtient par lutte et résistance.

    L'affrontement corrode le respect nécessaire pour une cohabitation fraternelle en société. En plusieurs milieux, le respect a complètement disparu : dans les relations de travail de plusieurs organisations publiques vs. employés syndiqués. Pour la politique partisane, la confrontation et un sens minimal de moralité est au niveau du caniveau.

    Mais revenons à la situation politique du Canada et tout particulièrement à celle du Québec. Le fait que le Québec est une entité distincte du Canada n'a jamais été aussi mis en évidence depuis l'élection fédérale. Une tollé rage au Canada alors qu'ici c'est le calme plat. Le Québec va, comme toujours, s'éloignant du Canada. La sagesse populaire a assimilé l'idée d'un Canada sclérosé qui ne vaut plus l'énergie ou la fougue de le changer.

    Le silence du mouvement souverainiste sur le capital d'aliénation potentiel à soulever de la situation révèle son état d'hibernation. On semble ne plus vouloir se présenter sur la patinoire après la raclée du BQ aux dernières élections. On nous assomme de vouloir faire un pays et on s'écrase à la première embûche. Ça peine à voir. Pourtant ce ne sont pas les causes qui manquent. Et en tout premier, pour un parti souverainiste, la planification, en concertation, des étapes d'accession à la souveraineté « avant, pendant, après », Jacques Parizeau.

    La volonté populaire d'affirmation nationale est latente. La Masse, son sens noble, sait ce qu'elle retire de son affranchissement ; les âmes bien nées le savent : l'honneur dans le travail, dans la famille, la résistance devant l'adversité et ne pas succomber à la facilité. Elle abhorre la condescen­dan­ce d'une élite de complaisance et déplore surtout de n'avoir aucune tribune d'expression populaire, d'agora. Elle veut définir un projet à son image.

    L'idéation se fait en groupe « Tout le monde est ignorant, sur des sujets différents. » Will Rogers, evene.fr. Il faut donner une accessibilité à l'expression populaire, sortir des salons feutrés d'une « saison des idées ». La souve­raineté du Québec par voie démocratique se fera que si toute la population peut s'exprimer sur le projet. On doit permettre son implication, sa contribution dans la formulation pour gagner son adhésion. On part la balle par des assemblées de cuisine, le démarchage de porte à porte, les forums Internet, pour briser l'isolement, l'arrogance.

    Il faut soumettre des points de discussion et lancer les échanges :

    Pour le BQ, sur la scène fédérale, cela doit être ce qui est le principal point d'achoppement dans une démocratie repré­sentative de style britannique soit la toute puissance d'un premier ministre dont il ne manque pas d'exercer, même d'abuser. Il devient l'égal d'un roi de l'ancien régime monarchique. Les décisions sur l'ordre du jour des pro­jets de loi et des priorités, des alliances et orientations, des nominations, etc., sont toutes concentrées en sa per­son­ne. Si l'on veut une démocratie inclusive de toutes les forces vives, il faut s'affranchir d'un modèle archaïque.

    Pour le PQ, dans l'éventualité d'un Québec indépendant, conservons-nous un modèle qui rappelle la conquête, adoptons-nous le modèle de la République américaine ou française avec ses deux chambres — représentants et sénat — ou développons-nous un modèle totalement indigène ? Et quel serait-il ? Il doit sûrement permettre la poursuite de la consultation et la participation de la plus large représentation citoyenne et sur une base continue.

    À cet effet, la Suisse et ses communes, avec une population équivalente à celle du Québec, est très avancée dans la place que joue les instances locales, populaires, dans la détermination des lois qui les régissent. Cela se fait par voie de référendums, limités aux communes locales ou au plan national lors des élections générales. Il y a là une bonne piste de réflexion et sur laquelle nous nous sommes déjà prononcés dans ces lignesIII

    Et quel sera la composition des chambres ? L'Assemblée nationale conserve-t-elle ses 125 représentants ? Sont-ils élus au suffrage universel ou à la proportionnel ou un mixte des deux ? Et quelle sera la composition de la deuxième chambre ? Si on rejette le modèle du sénat, élu ou pas, faut-il penser à une nouvelle chambre ?

    La question de la deuxième chambre est très intéressante. Pourrait-on penser à l'instauration d'une chambre d'expression collective où les projets sont soumis par voie de consultations populaires selon des modes à déterminer — la Suisse offre encore des pistes d'inspiration — et où les membres seraient nommés sur la base des jurys en cour criminelle ? Des mandats de six mois à un an, selon les disponibilités, en rotation, permet­traient aux appelés de siéger sans nuire à leur vie ou carrière personnelle (tout comme pour un appelé à un jury).

    L'attrait de la chambre populaire — du Peuple — réside dans le nouvelle dynamique représentation vs. consulta­tion/sanction qui est instaurée dans la vie démocratique. Des représentants qui se font élire à vie et agissent par carriérisme et électoralisme s'en trouvent contrebalancer par une autre chambre, consultative, du peuple, et appelée ce qui concrétise la faculté pour tous d'y siéger. Elle donne le contrepoids, la sanction populaire aux lois.

    L'ensemble de la population doit pouvoir sentir que sa voix et même sa présence physique compte et peut même être requise dans la démarche de la vie démocratique. C'est un appel à la performance et au dépassement personnel quand chaque personne sait que la Nation compte sur elle dans son activité au quotidien et non seulement aux quatre ans. C'est un rehaussemement généralisé dans la chose publique qui devient rapprochée et ouverte.

    « Si vous voulez réussir, sachez ce que vous faites, aimez ce que vous faites et croyez en ce que vous faites. » sic Et aussi rendre la possibilité à tous d'exceller. Notre société, où tout est figé, bloque les horizons dès la petite enfance et cela continue jusqu'au décès. On nous appelle à plus de Lucidité sans casser les chaînes de l'enli­sement, à plus d'Impunité en continuant les pires hypocrisies, à plus de Solidarité en ajoutant aux contraintes.

    Le premier texte invoquait « de reconsidérer les rôles, repenser les modèles, se rallier et s'adjoindre l'apport du Citoyen ». Les suggestions avancées ici sont faites dans une visée de plus de Liberté sans chape de plomb paralysante, plus d'Égalité des chances à chacun, plus de Fraternité du réel respect de l'autre. Que les premiè­res audiences que cette démonstration et ces valeurs devraient intéresser les ignorent, c'est leurs façons de démolir sans rien offrir. Ils cherchent à assouvir pour s'affranchir. Qu'un nouveau forum soit requis, so be it !

    « Si quelqu'un me montrait entre l'indépendance complète et l'asservissement entier de la pensée une position intermédiaire où je puisse espérer me tenir, je m'y établirais peut-être ; mais qui découvrira (découvriront) cette position intermédiaire ? » Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique. Que Dieu nous prête vie.

    Paul p. Pluteau/PpP



    I Le vivre-ensemble, 20 oct. 05
    II Bons voeux pour 2006, 31 déc. 05
    III Liberté vs. démocratie populaire ou participative vs. Engagement, 28 oct. 05
    IV Blogue Daniel Laprès, De la Calomnie, Commentaires, PpP, 23 déc. 05
    V Après les fatuités politiques,... 01 fév. 06
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    12 février, 2006
    Impunité, lucidité, solidarité
    (Prologue)
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Il y a de ces textes qui sont lourds à porter comme le précédent décrivant — décriant — les parallèles entre le monde économique et politique. L'accent était mis sur le monde économique mais on ne peut jamais s'écarter très loin du politique. C'est pourquoi nous y revenons aujourd'hui. Les événements n'ont pas manqué pour susciter la réaction. Mais comment tirer une logique de tous ces faits de l'actualité, les mettre en perspective ?

    Ce n'est pas au cas pas cas qu'il faut réagir pour comprendre sinon la forêt se perd, cachée par la poutre dans l'oeil des intérêts en propre. Le flot constant de l'actualité n'est que cacophonie où tout un chacun y va de son exposé biaisé. Les passions sont soulevées, brassées et dégurgitées sans recul, ni discipline ou sens critique. C'est la course folle, au jour le jour, pour la dernière agitation où s' emballent les indignations sans clairvoyance.

    Nous devons démêler les effets des événements passés pour tirer les tendances de ceux en cours et à venir. Tout s'embrouille dans le quotidien. Ce texte sert de prélude, un recul nécessaire avant d'aborder dans le texte suivant ce qu'on pourrait décrire de pistes de solutions. Donc, avant d'aborder les trois thèmes du prochain texte, autant de cris d'appel à la dignité des hommes à préserver, même par la révolution, les trois en titre doivent être débattus. Il faut survoler toute l'année 2005 à tout le moins, pour saisir la dynamique en ce début d'année 2006.

    Impunité
    Les commentaires vont bon train sur Gomery II comme il convient de l'appeler ; « Une souris qui a accouché d'un éléphant » ; Jean Cournoyer, CKAC740, 2 fév. 06. Le juge se serait donc buté à plus gros qu'il pouvait ou devait s'attaquer ; « Une sorte d'angélisme, d'utopisme absolu, grande incompréhension de la machine, du fonctionnement du gouvernement, de la dynamique politique » Luc Lavoie, Radio Canada FM95,1, 4 fév. 06.

    Passer en revue les 19 recommandations font perdre l'objectif poursuivi : plus jamais de scandale des commandites. Tous gardent de triste mémoire les révélations de Gomery I du printemps 05. La corruption, les attaques répétées à la représentativité démocratique ; les moyens les plus serviles et abjectes ont été utilisés pour combattre les « méchants séparatistes » tout en se drapant dans la légitimité et l'honneur du service public.

    On se rappellera de l'horreur et de la fureur du public québécois et canadien dans une moindre mesure. On évita de peu la chute du gouvernement Martin seulement sur les promesses que le juge avancerait des correctifs dans un deuxième rapport et des élections dans les 30 jours suivants ; ah oui, il y eut aussi une défection célèbre pour éviter la chute. Encore ici notre imaginaire simpliste du hockey en trois périodes, Gomery I et II et des élections.

    Une fois de plus, cet imaginaire s'est heurté à la dure réalité. Va pour Gomery I au 1 nov. 05. Il y a eu déchaî­ne­ment et fureur et les partis d'opposition ne pouvaient plus légitiment soutenir les Libéraux minoritaires. Les périodes deux et trois ont été inversées avec les résultats que l'on connaît. Des élections déclarées avant la fin de l'année 05, une campagne facile à mener pour les Conservateurs sur un ticket de l'éthique et la promesse de l'instauration, pour se refaire une virginité, de nouvelles règles d'impunité ; et leur victoire à l'arraché du 23 janv.

    Lucidité
    Avant de poursuivre sur la dynamique politique, bref rappel sur un autre événement, celui-ci à l'automne 05 : le lancement du manifeste Pour un Québec lucide. Nous avions ici un appel pour une prise de conscience collective sur les grands enjeux de notre avenir au Québec par un aréopage de gens du milieu des affaires. Une critique du manifeste a déjà été faite dans ces pages et elle demeure à-propos ; Le vivre-ensemble, 20 oct. 05.

    Que reste-t-il du manifeste aujourd'hui ? Son porteur de ballon, Lucien Bouchard s'est évaporé à la poursuite de ses lucratives affaires pour ne pas nommer les Robert Lacroix, Guy St-Pierre et autres chantres qui n'en glissent mots. D'André Pratte et de sa tribune de rédacteur en chef de La Presse, niet ou seulement quelques miettes. Ont-ils tous fait tentative de diversion, de chercher à reporter le blâme que nous avons refusé de porter ?

    C'est peut-être là que l'exercice a été le plus utile. La compréhension et le refus général d'être accusé à tort des maux de notre société quand nous sommes au contraire, pris dans notre ensemble, la solution ; notre prise en charge de l'action civique. Nous y sommes pas mais la prise de conscience est le point de départ de la lucidité.

    Pour filer le constat, s'est succédée la mascarade, aussi dénoncée, du mode de scrutin pour l'élection du chef au PQ. De l'élection de Boisclair on parle de recul. Le PQ a mis en place une machine de vote populaire plus proche de l'élection d'une duchesse de carnaval que d'un nouveau chef : celle qui vend le plus grand nombre de billets devient la reine. Boisclair a vendu le plus de cartes de membre et a décroché le titre. Il s'est évanoui depuis !

    La direction réelle ou perçue du PQ des Monique Richard, Louise Harel, Claudette Carbonneau ou Henri Massé, tous rompus aux pratiques syndicales de « packtage » de salles et des votes à mains levées, tous voulaient Boisclair pour ses errements et son manque de jugement donnant prise à la manipulation. Il doit contribuer à leurs visées d'établir au Québec un régime socialiste partout révolu car dévolu aux intérêts des nouveaux nantis socialistes.

    De l'élection fédérale, deux phénomènes ont été largement relevés : le net recul du BQ et la faible taux de con­fiance accordé aux Conservateurs malgré qu'ils se battaient contre un adversaire corrompu et dû pour la défaite. Au BQ, la tendance observée au PQ est encore plus évidente. I